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Abbas refuse de qualifier le Hamas de groupe terroriste et dit craindre pour sa famille

Le chef du Raam dénonce un "test de loyauté" devant Herzog, tout en soutenant Eisenkot, qui a fait de cette reconnaissance une condition pour participer à son gouvernement

Le député Mansour Abbas, chef du parti Raam, et des membres de sa formation tiennent une conférence de presse à l’issue de leur rencontre avec le président Isaac Herzog, dans le cadre des consultations sur la formation du prochain gouvernement israélien, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 5 novembre 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Mansour Abbas, chef du parti Raam, et des membres de sa formation tiennent une conférence de presse à l’issue de leur rencontre avec le président Isaac Herzog, dans le cadre des consultations sur la formation du prochain gouvernement israélien, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 5 novembre 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Mansour Abbas, chef du parti arabe traditionaliste Raam, a refusé de qualifier le Hamas de groupe terroriste lors des consultations avec le président Isaac Herzog jeudi, invoquant sa volonté de continuer à servir de « pont » avec les Palestiniens, ainsi que les risques potentiels encourus par lui-même et sa famille.

Cet échange a eu lieu au deuxième jour des consultations post-électorales d’Herzog avec les dirigeants des partis, destinées à recueillir leurs recommandations sur le choix du député à qui confier la formation du prochain gouvernement. Abbas a recommandé le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, qui a fait de la reconnaissance du Hamas comme groupe terroriste une condition préalable à la participation de tout parti à son gouvernement.

Au cours de la rencontre, Herzog a demandé à Abbas s’il considérait le Hamas comme un groupe terroriste.

Abbas a rappelé l’opposition de longue date de son mouvement à la violence politique et a affirmé qu’il était « impossible de nous soumettre sans cesse à ce test de loyauté ».

Il a également réitéré son soutien au plan de paix pour Gaza du président américain Donald Trump. Abbas a déclaré que sa « vision » était une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, impliquant le désarmement du « Hamas et de tous les groupes militaires ou armés ».

Eyal Shviki, directeur-général de la résidence présidentielle, a demandé à Abbas pourquoi il ne mettait pas fin aux doutes en qualifiant tout simplement le Hamas de groupe terroriste.

Abbas a répondu que sa « réponse était sans équivoque, mais laissez-moi cette marge de manœuvre pour servir de pont et pouvoir aussi exercer une influence sur l’autre camp ».

« Nous sommes un pont. Ne détruisons pas ce pont. Ne nous faites pas passer pour des partisans du terrorisme ou des traîtres », a-t-il déclaré.

« Laissez-moi aussi la possibilité de me protéger, moi et ma famille », a ajouté Abbas, qualifiant cet enjeu de « question de vie ou de mort ».

Le parti d’Abbas a remporté huit sièges lors des élections à la Knesset du 27 octobre, tandis que la Liste arabe unie, une autre formation à majorité arabe, en a remporté 11. Ces résultats ont été rendus possibles par une participation sans précédent des électeurs arabes, qui a placé les deux partis en position de jouer un rôle décisif dans la formation du prochain gouvernement.

La Liste arabe unie, qui a également annoncé son intention de recommander Eisenkot, est plus laïque et plus nationaliste que le Raam. Bien qu’elle ne cherche pas à entrer au gouvernement, elle s’est engagée à offrir un « filet de sécurité » sous certaines conditions à tout gouvernement qui remplacerait le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Raam, souhaiterait participer à un gouvernement dirigé par Eisenkot et avait placé l’ancien député sioniste et haut responsable de la police Yoav Segalovitz en deuxième position sur sa liste électorale. Ce parti historiquement islamiste avait également participé au « gouvernement du changement », qui avait écarté temporairement Netanyahu du pouvoir entre 2021 et 2022.

Netanyahu, ses partisans et certains de ses opposants juifs ont présenté ces deux partis arabes comme des soutiens du terrorisme, estimant qu’ils n’avaient pas leur place au gouvernement, alors même que Raam avait déjà participé à une coalition et que Netanyahu avait lui-même tenté par le passé de former un gouvernement avec ce parti.

Le Likud de Netanyahu a également accusé les deux formations arabes d’avoir « volé » les élections grâce à des pots-de-vin, une allégation qui n’est, à ce stade, étayée par aucune preuve, bien que deux enquêtes portant sur des cas isolés de fraude présumée soient en cours.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce une déclaration vidéo, le 4 novembre 2026. (Crédit : Capture d’écran/Service de presse du gouvernement)

Netanyahu, qui a perdu sa majorité parlementaire lors des élections, a déclaré dans une vidéo diffusée quelques heures avant la rencontre entre Herzog et Abbas que « les partis islamistes qui soutiennent le terrorisme » représentaient une menace intérieure pour Israël et que tout gouvernement qui dépendrait de leur soutien mettrait le pays en danger.

« L’islam radical est le défi qui déchire aujourd’hui les pays européens », a déclaré Netanyahu. « C’est également le défi qui nous menace. Il nous menace de l’extérieur par le biais de l’Iran et de ses mandataires, et de l’intérieur par le biais des partis islamistes qui soutiennent le terrorisme. »

« Ils cherchent à effacer l’identité juive d’Israël », a-t-il poursuivi. « Ils le disent ouvertement. Ils cherchent à nous priver de la capacité de nous défendre contre nos ennemis. »

Un gouvernement « qui s’appuie sur l’islam radical » « sera non seulement incapable de combattre nos ennemis, mais finira tout simplement par nous déchirer de l’intérieur », a affirmé Netanyahu.

Il a réitéré son appel en faveur d’un « large gouvernement national » sous sa direction.

Les dirigeants de l’opposition sioniste ont rejeté la possibilité de former une coalition avec Netanyahu et ses alliés d’extrême droite, que le Premier ministre a promis de maintenir dans tout futur gouvernement qu’il dirigerait.

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