Herzog répond à Vance : Israël porte un profond respect au président et au vice-président
Dans un message publié après les élections de mi-mandat, Eisenkot s'engage à renouveler l'alliance entre les États-Unis et Israël ; pour Trump, les propos du vice-président imputant la défaite à la guerre sont « assez réalistes »
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Répondant mercredi au vice-président américain JD Vance, qui a déclaré, après la défaite républicaine aux élections de mi-mandat, que les électeurs souhaitaient un changement dans les relations entre les États-Unis et l’État juif, le président Isaac Herzog a affirmé qu’Israël respectait profondément Vance ainsi que le président américain Donald Trump.
Herzog a également fait allusion à la montée des réactions hostiles à Israël aux États-Unis, en particulier parmi les démocrates.
« Je viens de prendre connaissance des propos du vice-président Vance », a indiqué Herzog dans le cadre de sa rencontre avec des représentants du parti Yisrael Beyteinu. « Ce sont des opinions qui circulent actuellement chez notre grand ami et allié. »
« Et je respecte le président Trump, le vice-président Vance et le Parti démocrate », a ajouté Herzog. « Israël s’est toujours efforcé de rester impartial vis-à-vis des deux partis. »
« Les enjeux de ce type revêtent une importance considérable », a souligné Herzog.
Gadi Eisenkot, le principal candidat de l’opposition, a pour sa part affirmé son intention de renforcer les liens avec Washington au sein du gouvernement qu’il compte former, dans un message publié sur les réseaux sociaux suite à la victoire des démocrates, mardi, à l’issue des élections américaines de mi-mandat, quelques heures après que le vice-président américain JD Vance a laissé entendre que l’alliance américano-israélienne devait être « repensée ».
Eisenkot a précisé que son message, rédigé en anglais et en hébreu, s’adressait aux « amis d’Israël, aux États-Unis et dans le monde entier ».
« Le peuple israélien a voté pour le changement et pour le remplacement du gouvernement actuel », a écrit Eisenkot.
« Notre démocratie reste forte et dynamique. Nous nous efforçons de répondre à la volonté des Israéliens en formant dès que possible un nouveau gouvernement, un gouvernement d’urgence nationale. » Eisenkot a assuré être déterminé à apporter « une nouvelle gouvernance à Israël, une gouvernance au service de tous les Israéliens », et à bâtir « un Israël plus fort : un Israël juif et démocratique. Un Israël attaché aux valeurs libérales, à l’égalité pour tous. Un Israël confiant en son avenir. »
Eisenkot a décrit les relations entre les États-Unis et Israël comme « bien plus qu’une alliance entre gouvernements », les qualifiant de « partenariat entre les peuples, construit au fil des générations, soutenu par des valeurs démocratiques communes ».
Sous sa direction, a-t-il ajouté, Israël « renouvellera et approfondira ce partenariat, renforcera les racines bipartites qui le soutiennent depuis si longtemps, et collaborera avec ses alliés pour faire avancer un Moyen-Orient marqué non seulement par l’absence de conflit, mais aussi par la présence d’opportunités et de coopération ».
Eisenkot a fait part de son désir de travailler « en étroite collaboration et de manière constructive » avec le président américain Donald Trump et son administration, dont « l’amitié et l’engagement envers Israël nous sont chers ». Ensemble, a poursuivi Eisenkot, nos deux pays peuvent « faire progresser nos intérêts communs en matière de sécurité, renforcer la stabilité régionale, et ouvrir de nouvelles perspectives de prospérité pour les peuples du Moyen-Orient ».
Ce message intervenait au lendemain de la prise de contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat américains par les démocrates, un revers majeur infligé à Trump, qui propulse plusieurs détracteurs virulents d’Israël à des fonctions publiques.
Dans un message dans lequel il analysait les résultats des élections de mi-mandat, Vance a imputé la défaite des républicains à la guerre contre l’Iran, ajoutant que les électeurs souhaitaient « revoir nos relations avec Israël »`
Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat à l’issue du scrutin décisif des élections de mi-mandat qui se sont déroulées mardi, un résultat largement perçu comme un désaveu du président américain Donald Trump et de ses politiques.
Évoquant les motivations des électeurs, J.D. Vance a écrit dans un message publié sur X que les démocrates avaient réalisé des gains historiques grâce à la défection des électeurs de Trump.
« Le principal problème, c’est que nombre d’électeurs qui avaient voté pour Trump/Vance en 2024 ont soutenu les démocrates en 2026 », a indiqué J.D. Vance sur le réseau social X. Le vice-président a ensuite cité des instituts de sondage réputés, dont l’un avait prédit les gains massifs des démocrates.
Ce sondeur « a demandé à ceux qui nous avaient tourné le dos ce qui les inciterait à revenir dans notre camp. Les quatre réponses les plus fréquentes, représentatives de la quasi-totalité des avis exprimés, étaient les suivantes : 1) Mettre fin à la guerre [contre l’Iran]. 2) Se concentrer sur le coût de la vie et l’inflation. 3) Donner la priorité à l’Amérique. 4) Revoir nos relations avec Israël. »
Vance a également repris les conseils d’une personnalité conservatrice de la télévision, qui avait exhorté l’administration à privilégier la voie diplomatique pour résoudre le conflit avec l’Iran.
« Ses conseils politiques se sont avérés judicieux », a-t-il reconnu, dénonçant ainsi ceux qui prônent une nouvelle escalade du conflit, parmi lesquels figurerait, selon certaines sources, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
« Si vous estimez que cela en valait la peine, que perdre le Sénat pour les six prochaines années en valait la peine, alors dites-le. Dites que cela en valait la peine. Pour ou contre, au moins, vous serez honnête », a poursuivi Vance.
« La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. Le président lui-même l’a dit hier soir », a ajouté Vance.
Le message de Vance a été retweeté par le fils de Trump, Donald Jr., accompagné du commentaire : « Chaque mot de ce message est vrai à 100 %, 100 %, 100 %. »
Trump, quant à lui, a reconnu mardi soir que la flambée des prix de l’essence provoquée par la guerre avait contribué à la défaite des républicains. Mais il a également pris la défense de sa décision de déclencher le conflit – ce qu’a omis de faire Vance dans son long message.
Interrogé mercredi sur les propos de Vance, Trump a déclaré qu’il n’avait rien à redire à l’analyse post-électorale de son vice-président.
« Je pense qu’il a en grande partie raison, car cette guerre a fait légèrement grimper le prix de l’essence à court terme », a-t-il répondu aux journalistes lors d’une visite d’un chantier à proximité de la Maison Blanche. « Mais si je devais prendre la même décision, je la prendrais à nouveau. Car à long terme, c’est une nécessité. On ne peut pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire. »
« Je savais que la guerre allait avoir un impact [sur les résultats des élections] », a-t-il ajouté. « Je n’aurais rien changé. »
Trump a également exclu de limoger le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, fervent partisan d’une action militaire contre l’Iran. « Non, je pense qu’il fait un excellent travail », a-t-il affirmé.
Interrogé sur ses précédentes déclarations selon lesquelles la guerre contre l’Iran prendrait fin immédiatement après les élections de mi-mandat, Trump a prétendu n’avoir jamais tenu de tels propos.
« J’ai dit que les armes nucléaires seraient détruites. Et c’est ce qui est arrivé avec l’opération Midnight Hammer », a-t-il expliqué, une référence aux frappes qu’il avait effectuées en juin 2025 et qui, selon lui à l’époque, avaient anéanti le programme nucléaire iranien. En février 2026, Trump a lancé une autre offensive militaire majeure contre l’Iran en collaboration avec Israël ; la destruction du programme nucléaire iranien était à nouveau présentée comme une priorité.
« La guerre prendra fin lorsque je le déciderai. Mais elle doit être menée comme il se doit », a souligné Trump.
Vous avez apprécié cette lecture ? Rejoignez notre communauté et contribuez à faire vivre une information indépendante et de qualité. Merci de votre soutien !
la Communauté du Times of Israël !







