Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a confirmé les informations qui ont laissé entendre qu’il serait revenu sur ses promesses de longue date de ne jamais former de coalition avec les partis ultra-orthodoxes. Il a ainsi déclaré dans un communiqué qu’il était prêt à faire des compromis sur ses engagements répétés visant à faire adopter une loi rendant obligatoire l’enrôlement des hommes haredim dans l’armée israélienne.
Dans un message qui a été posté sur le réseau social X, Liberman a estimé que les résultats des élections obligeaient les dirigeants politiques israéliens à « repenser notre cap » et à « anticiper ».
Liberman a ajouté que la réalité politique actuelle nécessitait de prendre des « décisions difficiles » et de faire des « compromis douloureux ». Il a répété les trois lignes rouges qu’il a fixées : « L’ère Netanyahu doit prendre fin » ; Israël ne doit pas être entraîné dans de nouvelles élections ; et aucun gouvernement ne doit s’appuyer sur la Liste arabe unie et sur le Raam.
Il a redit son opposition à la formation d’un gouvernement dépendant du soutien de ces deux partis arabes, et il a précisé que Yisrael Beytenu « votera contre un tel gouvernement ». Sur d’autres questions, il a toutefois jugé qu’il était « permis et souhaitable de faire preuve de souplesse et de compromis », y compris sur la loi relative à la conscription des ultra-orthodoxes.
« Cela me peine, et je sais que cela peine beaucoup d’autres personnes. Mais au vu de l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, l’intérêt national doit primer sur toute autre considération », a-t-il indiqué.
Il a mis en garde contre le fait que la formation d’un gouvernement minoritaire pourrait ouvrir la voie à un retour au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec une majorité encore plus large, affirmant que « le chemin vers la destruction du Troisième Temple sera court ».
Il a évoqué le gouvernement dit « du changement » qui avait été dirigé par Naftali Bennett et par Yair Lapid en 2021 – qui n’avait duré qu’un peu plus d’un an avant que Netanyahu ne revienne au pouvoir avec 64 sièges. Un gouvernement minoritaire, a-t-il prévenu, durerait « bien moins longtemps » et alors « nous retrouverons Netanyahu avec 70 sièges, et pour quatre années supplémentaires ».
Liberman a accusé Gadi Eisenkot et la campagne de son parti Yashar, qui visait à devenir le « plus grand parti » – ainsi que les discussions sur la formation d’un gouvernement minoritaire – d’avoir porté atteinte au bloc du changement dans les derniers jours de la campagne électorale. Liberman a estimé que le bloc avait perdu sept à huit sièges au cours des dix derniers jours avant le scrutin, dont trois à quatre fauteuils qui auraient dû revenir à Yisrael Beytenu et qui seraient allés au Likud de Netanyahu.
Aucun expert, analyste de données ou observateur n’a avancé de telles affirmations depuis les élections.
Liberman a toutefois rejeté les informations qui ont laissé entendre que son accord de collaboration avec les ultra-orthodoxes aurait été conclu en échange d’un éventuel accord de partage du pouvoir – accord qui aurait été finalisé entre lui-même et Eisenkot.
Il a affirmé n’avoir discuté d’un gouvernement de rotation au poste de Premier ministre avec personne, « pas même avec moi-même », et il a évoqué ce mécanisme en disant qu’il était néfaste pour la gouvernance du pays.