Le cabinet de Netanyahu ne dément pas l’annonce de Trump quant à l’arrêt imminent de l’aide militaire
Commentant la déclaration du président sur l'arrêt de l'aide à la fin de 2026, le bureau de Benjamin Netanyhu estime que la transition entre « l'aide et le partenariat » entre les États-Unis et Israël témoigne de la solidité de leurs liens
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Vendredi, dans sa première réaction à l’annonce faite par le président américain Donald Trump concernant l’arrêt complet de l’aide militaire américaine à Israël à la fin de cette année, le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas démenti cette information.
Dans la matinée de mardi, le jour des élections de mi-mandat, Trump a fait savoir que les États-Unis cesseraient de verser à Israël les 4 milliards de dollars d’aide militaire annuelle d’ici fin 2026 – des propos qui auraient pris au dépourvu les responsables israéliens de la sécurité et des finances, considérant que le protocole d’accord décennal sur l’aide militaire américaine à Israël, qui octroie à l’État hébreu 3,8 milliards de dollars par an, n’expire qu’à la fin du mois de septembre 2028.
Si Netanyahu s’est déjà exprimé publiquement, et à plusieurs reprises, sur la fin de l’aide militaire américaine à Israël, il a toutefois évoqué une mise en œuvre progressive au cours de la prochaine décennie, et non une suppression immédiate.
Mais dans son communiqué publié vendredi sur le réseau social X, le cabinet du Premier ministre a indiqué que la nature des relations entre les États-Unis et Israël allait évoluer, sans contester les propos de Trump.
« L’aide militaire américaine à Israël a toujours fait l’objet d’un accord bipartite. Israël s’en est servi tant pour se défendre que pour affronter les ennemis qui menacent l’Amérique et l’Occident », peut-on lire dans un nouveau communiqué du cabinet du Premier ministre, qui semble également mentionner la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat.
« Aujourd’hui, Israël dispose d’une économie forte et stable. Cette évolution, initiée par le Premier ministre Netanyahu et le président Trump, d’une aide vers un partenariat, témoigne de la solidité et de la finesse de notre relation, ainsi que de sa capacité à s’adapter et à rester forte au fil du temps », ajoute-t-il.
U.S. military aid to Israel has always been a cross-the-aisle agreement. Israel has used it both to defend itself and to confront enemies who threaten America and the West.
Today, Israel has a strong and stable economy. The move by PM Netanyahu and President Trump from aid to… pic.twitter.com/ssEaavMc0F
— Prime Minister of Israel (@IsraeliPM) November 6, 2026
La publication est accompagnée d’un extrait d’une interview accordée à Fox News par le porte-parole du cabinet du Premier ministre, Doron Spielman, qui déclare : « Cette aide a joué un rôle essentiel. Mais le Premier ministre a décidé, en collaboration avec le président Trump, d’opérer une transition vers un partenariat et des investissements mutuels. »
Dans cette déclaration, la référence au soutien bipartisan semble faire allusion à la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat. Depuis quelques années, les démocrates, en particulier, sont de moins en moins favorables à l’aide apportée à Israël – une aide que Trump a lui aussi remise en question.
Cette annonce de Netanyahu contraste avec les réactions exprimées jeudi par le président Isaac Herzog, qui s’est dit inquiet de cette nouvelle, affirmant qu’elle l’avait « pris au dépourvu », et soulignant que le protocole d’accord actuel reste en vigueur jusqu’en 2028.
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, s’est également exprimé sur la question jeudi dans une interview accordée à la chaîne d’information N12. Il a affirmé ne pas savoir si l’aide militaire allait prendre fin immédiatement ou à la fin de l’année 2028.
Selon les chiffres du Council on Foreign Relations, Israël a reçu plus de 300 milliards de dollars, après ajustement pour tenir compte de l’inflation, au titre de l’aide économique et militaire américaine depuis sa création en 1948, soit bien plus que n’importe quel autre pays depuis 1946.
Les États-Unis se sont engagés à fournir chaque année plusieurs milliards d’aide militaire à Israël et à l’Égypte, lorsque les deux États ont signé leur traité de paix en 1979, sous l’égide des États-Unis.
Si l’aide américaine représentait autrefois une part significative des dépenses militaires d’Israël, sa proportion a considérablement diminué ces dernières années, à mesure de l’essor économique du pays.
En mars, la Knesset a voté un budget allouant au ministère de la Défense un montant record de 143 milliards de shekels, soit environ 17 % du total des dépenses. En juillet, le ministère des Finances a accepté de transférer immédiatement 15 milliards de shekels supplémentaires au ministère de la Défense. Les responsables de la défense font toutefois état d’un déficit de 40 milliards de shekels qui subsiste.
La volonté d’Israël de mettre fin à l’aide s’explique en partie par les frustrations ressenties pendant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, lorsque certains alliés ont suspendu leurs livraisons d’armes, parmi lesquels l’administration Biden, qui a bloqué le transfert de certaines munitions par crainte qu’elles ne soient utilisées à des fins dangereuses pour les civils palestiniens.
Le principal sondeur de Trump aurait plaisanté sur l’idée de trouver refuge en Israël avant la défaite aux élections de mi-mandat
Israël, ainsi que la guerre contre l’Iran qu’il a lancée aux côtés des États-Unis en février, ont occupé une place centrale dans le débat politique à l’approche des élections de mi-mandat et avant la déclaration de Trump. Avant le scrutin, un proche de Trump a plaisanté, lors d’un appel vidéo privé, à l’idée qu’il pourrait peut-être « trouver refuge en Israël » si la situation semblait mal tourner pour le Parti républicain, selon un article consacré jeudi par le New York Times aux défaites historiques subies par les Républicains dans les urnes.
Mardi, le Parti démocrate a remporté une victoire écrasante sur ses rivaux républicains, s’emparant de la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis avec une avance considérable – des résultats qui témoignent de l’insatisfaction manifeste à l’égard de Trump, de la guerre contre l’Iran et de la hausse des prix qu’elle a provoquée.
En outre, le soutien à Israël s’est effondré parmi les électeurs démocrates, en particulier pendant la guerre à Gaza. Plusieurs candidats anti-Israël ont d’ailleurs remporté des sièges mardi. Même les parlementaires modérés se montrent de plus en plus disposés à remettre en cause des décennies de soutien américain à l’État juif.
Au cours d’un appel téléphonique six jours avant le scrutin, selon le Times, Tony Fabrizio, le principal sondeur de Trump, aurait plaisanté avec ses collègues en disant qu’« on pourrait peut-être demander l’asile en Israël » après les élections.
« Au moins, Bibi a gagné. Il nous protégera », aurait-il déclaré, cité par le Times, en référence au Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Si le Likud de Netanyahu est sorti vainqueur des élections de la semaine dernière, le Premier ministre a néanmoins perdu sa majorité au Parlement. Son rival, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, peut bénéficier du soutien d’une majorité de 67 sièges à la Knesset pour devenir le prochain Premier ministre, même si la voie vers la formation d’un gouvernement reste encore incertaine.
Trump, qui avait donné son soutien à Netanyahu neuf jours avant le scrutin du 27 octobre, a annoncé, au fur et à mesure du dépouillement, que son appui avait permis à Netanyahu de décrocher « un grand retour en force après un long blocage, voire une VICTOIRE ».
Emanuel Fabian, Jacob Magid et le personnel du Times of Israel ont contribué à cet article.
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