Les deux enquêtes pour ingérence électorale impliquant des partis arabes pourraient être classées sans suite
La télévision israélienne parle de tensions entre le chef du Shin Bet, David Zini, et la police ; selon un responsable des forces de l'ordre, « il y a un fossé énorme entre ses affirmations et la réalité »
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Après les vives inquiétudes exprimées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables, la télévision israélienne a rapporté vendredi que les deux enquêtes pour ingérence électorale visant les deux partis arabes étaient en train de s’effondrer.
La première affaire, dans laquelle trois militants bédouins ont été arrêtés pour avoir prétendument tenté de soudoyer des électeurs afin qu’ils soutiennent le parti Raam, devrait être classée sans suite, à moins que de nouveaux éléments de preuve ne soient découverts, a fait savoir la chaîne d’information N12.
La deuxième affaire, qui concerne un prétendu financement étranger destiné à soutenir la Liste arabe unie, s’avère également très différente de ce qui avait été initialement décrit. Elle a entraîné une grave crise de confiance envers David Zini, chef du Shin Bet et fidèle de Netanyahu, selon la chaîne.
« Nous avons perdu notre confiance dans le chef du Shin Bet », aurait déclaré un haut responsable de la police.
Dans ce contexte, N12 a ajouté que le commissaire adjoint Boaz Blatt, qui dirige la division des enquêtes et du renseignement de la police, a interdit à ses subordonnés de transmettre toute information concernant cette affaire au Shin Bet sans son accord.
La chaîne qui, la veille, avait rapporté que Zini avait comparé l’ingérence étrangère présumée aux invasions-surprise de 2023 et 1973 qui avaient respectivement déclenché la guerre de Gaza et la guerre de Kippour, a expliqué que le chef du Shin Bet était quasiment le seul à considérer cette enquête comme une question de sécurité nationale – contrairement à la police et aux forces de l’ordre qui estiment qu’il s’agit tout au plus d’une affaire pénale.
« Il y a un fossé énorme entre les affirmations de Zini et la réalité », a affirmé un responsable de la police.
Par ailleurs, alors que les premiers reportages des médias faisaient état d’une implication du Qatar, aucun des documents des services de renseignement fournis par le Shin Bet à la police ne ferait, selon les informations disponibles, la moindre mention de cet État du Golfe.
L’argent en question proviendrait plutôt de Cisjordanie ; l’identité des commanditaires de ces fonds resterait encore à déterminer, a indiqué N12.
La chaîne a également cité un responsable du Shin Bet qui a vivement critiqué le comportement de Zini, affirmant qu’il apparaissait désormais encore plus évident qu’il s’efforçait de « servir son maître » – Netanyahu, lequel a soutenu que les élections avaient été « volées » et s’est opposé à la validation des résultats au vu des deux enquêtes en cours.
Ces informations publiées vendredi sont intervenues au lendemain de l’accord conclu entre le Shin Bet et la police visant à mettre en place une cellule de travail conjointe chargée d’enquêter sur les allégations d’ingérence électorale en collaboration avec le parquet général, et témoignent ainsi des tensions croissantes entre les parties.
Le président de la Commission centrale électorale, le juge Noam Sohlberg, avait annoncé précédemment la création d’une cellule conjointe réunissant le Shin Bet, la police et le parquet général, mais cette équipe spéciale ne s’est pas réunie, et la procureure générale Gali Baharav-Miara a accusé le Shin Bet de tenter de dissimuler des preuves.
Les deux enquêtes ont été ouvertes à la suite d’allégations formulées par le Likud, le parti de Netanyahu, selon lesquelles l’élection du 27 octobre aurait été « volée » par les partis arabes, invoquant des faits de corruption, d’intimidation, de falsification et d’autres irrégularités, dans un contexte marqué par une participation record des électeurs arabes qui a contribué à priver le bloc de Netanyahu de la majorité parlementaire.
Sohlberg a par la suite chargé Zini d’enquêter sur « de graves soupçons » selon lesquels des entités étrangères agissant à l’encontre des intérêts israéliens auraient financé des actions visant à influencer le scrutin.
Depuis lors, Sohlberg a dénoncé la stigmatisation des électeurs arabes, et a assuré que cette ingérence n’aurait rien changé au résultat du scrutin, ajoutant que le véritable danger résidait dans la remise en cause des résultats électoraux.
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