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Le Premier ministre et le chef du Mossad auraient planifié une opération contre l’Iran juste avant le scrutin israélien

Selon la télévision israélienne, l'opération n'aurait pas été soutenue par d'autres hauts responsables sécuritaires, qui craignaient qu'elle n'entraîne une escalade majeure - et le report des élections

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une réunion de travail avec le directeur du Mossad, Roman Gofman, au siège du Mossad, le 17 juin 2026. (Cabinet du Premier ministre)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une réunion de travail avec le directeur du Mossad, Roman Gofman, au siège du Mossad, le 17 juin 2026. (Cabinet du Premier ministre)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fidèle partisan Roman Gofman, chef du Mossad, auraient tenté de monter une opération contre l’Iran dans les jours qui ont précédé les élections israéliennes du 27 octobre, a révélé un reportage diffusé vendredi par une chaîne de télévision israélienne.

Selon ce reportage de N12, dont les sources ne sont pas citées et dont le contenu n’a pas été confirmé, l’opération n’aurait pas reçu le soutien d’autres hauts responsables des services de sécurité israéliens, qui craignaient qu’elle ne déclenche une escalade majeure et n’empêche la tenue des élections prévues.

Les préparatifs de cette opération, dont les détails n’ont pas été précisés, se sont néanmoins poursuivis. Toutefois, selon la chaîne, un agent des services de sécurité israéliens aurait commis une « imprudence » qui a permis aux États-Unis de prendre connaissance des plans de ce projet ; Washington serait aussitôt intervenu pour y mettre un terme. La chaîne a précisé que son reportage respectait les restrictions imposées par la censure militaire.

Le cabinet du Premier ministre a démenti ces informations, soulignant : « Le Premier ministre lui-même a précisé en temps réel qu’une attaque avant les élections israéliennes n’était pas à l’ordre du jour. »

N12 a également noté que l’ancien Premier ministre Ehud Barak, fervent détracteur de Netanyahu, avait indiqué jeudi lors d’une interview accordée à la chaîne que Netanyahu envisageait de « provoquer » l’Iran « par l’intermédiaire du Mossad, à l’insu du chef d’état-major de l’armée israélienne ».

Ce reportage de vendredi a fait suite à plusieurs autres du même ordre, diffusés peu avant le scrutin israélien.

Dimanche 25 octobre, deux jours avant les élections israéliennes, N12 avait rapporté qu’une « confrontation sans précédent » venait d’éclater entre Netanyahu et le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, au sujet d’une instruction du Premier ministre visant une action militaire non précisée qui, selon des responsables de la défense, aurait pu conduire à une escalade avec l’Iran.

La chaîne, citant des sources anonymes, avait signalé que Zamir s’était opposé à la mise en œuvre de cette intervention militaire, sur laquelle aucun détail n’a filtré, et qu’il avait demandé un délai de réflexion, ainsi qu’un document signé par Netanyahu attestant de l’autorisation légale de celle-ci.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) procédant à une évaluation de la situation, en compagnie du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (à gauche), du secrétaire militaire, le major-général Roman Gofman (2ᵉ à droite), et du ministre de la Défense, Israel Katz (à droite), aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 18 mars 2025. (Crédit : Maayan Toaf/GPO)

La situation avait atteint son paroxysme au cours des 24 heures qui avaient suivi, avait indiqué le média à ce moment-là, tout en précisant que son reportage respectait les limites imposées par la réglementation israélienne en matière de censure militaire.

La chaîne avait cité une source militaire affirmant : « Cela concerne une action susceptible d’entraîner une escalade avec l’Iran, à un moment critique et particulièrement sensible, ce qui pourrait conduire à une erreur de calcul [potentielle]. »

Le reportage mentionnait en outre des sources anonymes proches du dossier qui avaient confié que les responsables militaires craignaient que les dirigeants politiques ne cherchent « à exploiter la question iranienne à des fins politiques ».

Interrogé sur le reportage du 25 octobre lors d’une interview donnée ce soir-là sur la Quatorzième chaîne, Netanyahu avait évoqué des informations « insensées », disant qu’il n’y avait « pas eu de différend » avec Zamir. Plus tôt dans l’interview, le Premier ministre avait déclaré avoir récemment « donné pour instruction à l’armée israélienne et au Mossad de renverser le régime [iranien] » – des propos qui ne semblaient toutefois pas correspondre à l’information qui faisait état d’un ordre spécifique.

Selon N12, l’hostilité et la tension entre Netanyahu et Zamir avaient été manifestes au cours de la discussion qui s’était tenue à la base aérienne de Palmahim, dans une salle à l’atmosphère « extrêmement tendue ». Le reportage avait cité les propos tenus par une source haut placée des services de sécurité, qui avait indiqué que « l’Histoire n’oubliera pas le rôle que Zamir a joué ces derniers jours », sans donner plus de détails.

Le lendemain, le 26 octobre, à la veille des élections, N12 et la Treizième chaîne avaient rapporté que, parmi les responsables de la sécurité israéliens, Zamir avait été le seul à s’opposer à l’action militaire souhaitée par Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz – une action dont l’armée craignait qu’elle ne déclenche une escalade avec l’Iran et ne fasse obstacle aux élections.

Ce même jour, le New York Times a fait savoir que Netanyahu « cherchait depuis des semaines à orchestrer une nouvelle frappe aérienne contre l’Iran », mais qu’il en avait été empêché par Zamir. D’après le NYT et d’autres médias, Zamir ne voyait aucune urgence à frapper avant les élections israéliennes. L’article du NYT ajoutait que, ces derniers jours, Zamir « s’inquiétait » de voir Netanyahu « faire pression pour une action indépendante contre l’Iran, autre qu’une frappe officielle » ; le chef de l’armée israélienne estimait en effet que « ce serait une erreur de calcul susceptible de pousser l’Iran à attaquer Israël ».

« Nous dialoguons avec l’Iran »

Ce reportage consacré à l’opération annulée a été diffusé alors que des progrès ont été signalés dans les négociations menées sous l’égide du Qatar pour mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, malgré les informations qui avaient laissé entendre que le président américain Donald Trump envisageait également de relancer les frappes.

La chaîne N12 a rapporté en début de semaine qu’avant les élections de mi-mandat américaines, qui ont eu lieu mardi et au cours desquelles les républicains ont essuyé des défaites cuisantes dans tout le pays, Benjamin Netanyahu avait exhorté Donald Trump à reprendre la guerre contre l’Iran aussitôt après le scrutin, mais que le président souhaitait toutefois laisser une chance aux négociations diplomatiques avec Téhéran.

Benjamin Netanyahu craindrait que ces pourparlers ne conduisent à un allègement considérable de la pression exercée sur l’Iran, tandis que Donald Trump préfèrerait pour l’instant qu’Israël s’abstienne d’interférer dans les efforts diplomatiques.

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant de traverser la pelouse sud de la Maison Blanche pour monter à bord de Marine One, le 6 novembre 2026, à Washington. (Crédit: AP/Mark Schiefelbein)

Interrogé vendredi sur le message qu’il souhaitait adresser à l’Iran, Trump a répondu aux journalistes réunis devant la Maison Blanche : « Nous avons vaincu l’Iran. Nos relations avec l’Iran sont très bonnes. Nous dialoguons avec l’Iran. Nous n’avons perdu aucun soldat depuis six ou sept mois. »

Trump a également répété ses propos selon lesquels « Israël et, en fait, tout le Moyen-Orient, N’EXISTERAIENT PAS AUJOURD’HUI si je n’avais pas empêché l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ».

« Personne ne veut le dire, mais tout le monde sait que c’est vrai ! », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

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