Belgique : Une fondation juive poursuit la SNCB et l’État belge pour leur rôle durant la Shoah
La Fondation Nico Gunzburg a engagé une action en justice à Bruxelles contre la compagnie ferroviaire belge et l’État belge, réclamant une indemnisation et une reconnaissance de sa responsabilité
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Une organisation juive belge poursuit en justice la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) et l’État belge pour leur rôle dans les déportations de la Shoah, ont rapporté, mercredi 29 juillet, plusieurs médias belges.
La Fondation Nico Gunzburg demande des dommages-intérêts ainsi qu’une reconnaissance de responsabilité concernant les convois qui ont transporté des Juifs depuis la Belgique vers les camps nazis pendant l’occupation allemande.
L’action concerne notamment les 28 convois partis de la caserne Dossin, à Malines, entre août 1942 et juillet 1944. La plupart de ces trains ont directement rejoint Auschwitz, en Pologne. Environ 25 000 Juifs ont été déportés dans ces convois, ainsi que plusieurs centaines de Roms et de Sintés. Environ 1 000 personnes ont survécu.
Selon les travaux de l’historien Nico Wouters, la SNCB avait été rémunérée par les autorités allemandes pour assurer le transport des déportés. L’entreprise ferroviaire a ainsi participé à la logistique des déportations organisées par l’occupant nazi.
L’État belge est également visé par la procédure en raison notamment de sa participation au capital de la SNCB.
Des discussions avaient déjà été engagées entre la fondation, la compagnie ferroviaire et les autorités belges sur la question des réparations, mais elles n’ont jusqu’à présent pas abouti. La procédure pourrait être suspendue si la SNCB et l’État acceptaient de reprendre les négociations sur une éventuelle indemnisation.
La SNCB a rappelé mercredi que le gouvernement belge précédent avait créé un « groupe de sages » à la suite des recherches historiques consacrées à son rôle durant l’Occupation. Ce groupe avait formulé l’an dernier 30 recommandations visant notamment à « faire éclater la vérité et proposer des formes de réparation ». Ces recommandations sont toujours examinées par le gouvernement actuel, selon la compagnie ferroviaire.
La SNCB souligne également que son musée Train World, à Bruxelles, a récemment actualisé la partie consacrée à la Seconde Guerre mondiale afin d’intégrer les résultats des recherches du CegeSoma, le Centre d’étude Guerre et Société des Archives de l’État. La compagnie explique que les travaux historiques consacrés à son rôle pendant l’Occupation insistent sur la nécessité d’examiner les faits « dans leur contexte historique et dans le cadre d’une responsabilité collective ».
La question de la responsabilité des chemins de fer dans les déportations s’est également posée en France. La SNCF a fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires concernant son rôle dans le transport des Juifs vers les camps nazis. En 2007, le Conseil d’État a reconnu la responsabilité de l’État français dans les conséquences dommageables résultant de la participation de l’administration aux opérations de transport des personnes déportées. Il a notamment considéré que l’État avait engagé sa responsabilité en organisant ces transports et en mettant la SNCF à la disposition des autorités allemandes.
La France a par ailleurs mis en place différents dispositifs publics d’indemnisation pour les victimes de persécutions et de spoliations antisémites, notamment à travers la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS).
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