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Analyse

Les Israéliens s’inquiètent pour leur économie. Pourquoi les politiques n’en parlent-ils pas ?

Les électeurs disent se préoccuper des difficultés du quotidien et de la hausse des prix ; mais après la pire catastrophe qu’ait connue Israël, dans un climat de forte polarisation, les experts estiment que les élections se joueront, comme toujours, sur les questions de guerre et de paix

Des clients faisant leurs courses dans un supermarché de Jérusalem, la veille du début de Rosh HaShana, le Nouvel an juif, le 10 septembre 2026. (Crédit : Rachel Alroey/Flash90)
Des clients faisant leurs courses dans un supermarché de Jérusalem, la veille du début de Rosh HaShana, le Nouvel an juif, le 10 septembre 2026. (Crédit : Rachel Alroey/Flash90)

La semaine dernière, alors que 38 partis s’enregistraient officiellement pour les élections du mois prochain, le pays a reçu une triste nouvelle : l’an dernier, les élèves israéliens ont obtenu leurs pires résultats jamais enregistrés aux examens internationaux de mathématiques, de sciences et d’anglais, les fameux tests PISA menés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Quelques jours plus tôt, on apprenait que 1 370 médecins avaient quitté le pays entre 2023 et 2025, soit l’équivalent d’un hôpital et deux fois plus qu’il y a dix ans. Cela s’inscrit dans une vague d’émigration plus large qui, selon une analyse, a vu près de 50 000 personnes quitter Israël au cours de chacune des trois dernières années.

Pour ceux qui restent, en revanche, le coût de la vie ne cesse d’augmenter. L’indice des prix à la consommation a légèrement progressé de 1,5 % au cours de l’année écoulée, mais les prix des denrées alimentaires ont bondi de 8 % depuis le début de l’année 2024, selon Globes. En 2011, la hausse des prix de l’immobilier avait poussé des centaines de milliers de personnes à descendre dans la rue et avait dominé le débat public israélien. Depuis, les prix de l’immobilier ont plus que doublé.

Il n’est donc pas surprenant que, lorsqu’on a récemment interrogé les Israéliens sur les principales préoccupations qui les motivent à se rendre aux urnes, l’économie et le coût de la vie aient figuré en tête de liste, devançant légèrement les thèmes de la sécurité et de la diplomatie.

Et pourtant, un rapide coup d’œil à la rhétorique enflammée des candidats pourrait laisser croire que l’économie n’existe pratiquement pas. Les résultats scolaires historiquement bas en sciences, en mathématiques et en anglais – essentiels, pourrait-on penser, à la réussite de la « Start-up Nation » – ne font l’objet d’aucune discussion. Pourquoi ?

Pour quiconque vit en Israël ou s’y intéresse, la réponse semble évidente : à l’instar de la plupart des débats publics et des politiques menées ces trois dernières années, cette élection est dominée par un thème central, à savoir le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, les guerres qui ont suivi et les bouleversements qu’elles ont provoqués au sein de la société israélienne.

Les forces de sécurité surveillant des manifestants anti-gouvernement qui protestent contre la visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’entrée du kibboutz Nir Oz, près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d’Israël, le 3 juillet 2025. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

La population débat ainsi de la doctrine de sécurité d’Israël, de son isolement diplomatique croissant, de la question de la conscription des ultra-orthodoxes et, surtout, de la part de responsabilité du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans les événements du 7-Octobre et leurs conséquences. Cet assaut barbare et sadique a également eu un impact sur l’économie israélienne, mais de manière moins évidente pour l’électeur moyen.

Même si les Israéliens affirment se préoccuper d’autres sujets, selon les experts, il s’agit des premières élections organisées après le 7-Octobre, et c’est cela qui définira les enjeux.

« Cette élection se déroule dans l’ombre et le nuage du 7-Octobre, et de tout ce qui s’est passé depuis », a souligné Manuel Trajtenberg, économiste et ancien député à la Knesset, qui préside aujourd’hui le prestigieux institut d’études de sécurité nationale (INSS) de l’université de Tel Aviv.

« Ce qui importe le plus, ce sont les questions de sécurité et de diplomatie, et non la question économique en soi. »

Pourtant, Israël a toujours été confronté à des menaces existentielles en matière de sécurité, tout en réussissant à débattre en parallèle du coût de la vie et de l’éducation. Lors des précédents cycles électoraux, plusieurs partis ont fait une entrée fracassante à la Knesset grâce à un programme axé principalement sur les préoccupations quotidiennes. Ces préoccupations existent toujours, mais pratiquement aucun homme politique n’en parle. Le seul parti à avoir mis l’accent sur les questions économiques se trouvait en bas des sondages et, bien qu’il ait fusionné avec une autre formation jouissant d’une plus grande visibilité auprès des électeurs, il pourrait ne pas parvenir à remporter de siège.

Selon des universitaires et d’anciens responsables politiques, cela s’expliquerait notamment par la difficulté pour les candidats à se démarquer sur la question de la réduction du coût élevé de la vie. Il existe des divergences nettes entre les partis, par exemple sur la question du service militaire obligatoire pour les ultra-orthodoxes ou sur la responsabilité des événements du 7-Octobre. Toutefois, comme les deux blocs sont avant tout divisés sur la question de savoir si Netanyahu doit rester Premier ministre, ils présentent tous deux une grande diversité idéologique, ce qui complique la mise en avant d’enjeux politiques complexes tels que l’économie.

De plus, les partis qui, par le passé, avaient placé l’économie au cœur de leur programme n’existent plus, et les réformes sur lesquelles ils avaient fait campagne se sont essoufflées, sapant ainsi les espoirs des Israéliens de voir le gouvernement changer les choses. Bien que la politique militaire d’Israël et son approche de l’intégration des ultra-orthodoxes aient un impact sur les perspectives économiques du pays, l’idée reçue, surtout aujourd’hui, est que les partis remportent les élections en parlant de sécurité, et non de la lutte quotidienne des Israéliens pour joindre les deux bouts.

« Je ne pense pas que les gens ne réalisent pas à quel point tout est cher », a déclaré Rachel Azaria, ancienne députée de Koulanou, l’un des partis aujourd’hui disparus qui se concentrait sur les questions de la vie quotidienne.

« Je pense que tout le monde s’en rend compte, et que c’est très, très difficile pour tout le monde. Mais je pense que la politique s’est déconnectée de la société israélienne. »

« J’ai l’impression que tout espoir qu’ils fassent quelque chose pour nous a en quelque sorte disparu », a-t-elle ajouté.

Rachel Azaria, ancienne membre de la Knesset et ex-adjointe au maire de Jérusalem. (Crédit : Hadas Kuznits)

C’est la sécurité, idiot !

Cela n’a pas toujours été le cas.

Il y a six décennies, Menahem Begin avait fait de la réduction (relative) de la taille de l’État l’un des axes de son programme.

Lors des élections de 2013, les premières après les manifestations massives de 2011 contre la crise du logement, les trois principaux partis avaient placé l’économie au cœur de leur campagne, ou du moins en position centrale.

Cette année-là, le nouveau parti Yesh Atid, dirigé par Yaïr Lapid, avait remporté 19 sièges en brandissant le slogan « Où est l’argent ? ». Les élections suivantes, en 2015, ont connu un scénario similaire : le parti Koulanou a remporté 10 sièges.

Au cours d’une série d’élections, le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas a ouvertement mené une lutte des classes, en affichant notamment, en 2015, dans le quartier huppé de Ramat Aviv à Tel Aviv, des panneaux publicitaires appelant les employés de maison à voter pour lui, tout en rejetant le soutien des habitants du quartier qui emploient ces femmes de ménage, gardiens et autres travailleurs.

Des agents de sécurité expulsant Stav Shaffir, députée du parti Avoda, d’une réunion de la commission des Finances de la Knesset, le 12 août 2014. (Crédit : Flash90)

Pas plus tard que lors des dernières élections, en 2022, le chef de Shas, Aryeh Deri, avait tourné un spot publicitaire promettant la sécurité alimentaire aux enfants issus de familles à faibles revenus.

Cette année, tous les spots publicitaires du parti diffusés jusqu’à présent semblent viser à modérer son image sur la question du service militaire des Haredim.

Mais les questions économiques n’ont dominé le débat lors d’aucune élection israélienne depuis près de vingt ans, à l’exception peut-être de celle de 2013. Au contraire, toutes les campagnes ont tourné autour des mêmes thèmes qui dominent la campagne actuelle : la sécurité et la question de savoir si Netanyahu doit rester Premier ministre.

Et aucun Israélien n’est jamais devenu Premier ministre en parlant d’économie. Ceux qui souhaitent se positionner pour occuper ce poste clé se sentent obligés d’aborder les enjeux les plus existentiels. Des responsables politiques se sont succédé en promettant de réformer le système bancaire ou le marché du logement, mais, comme l’a déclaré Tamar Hermann, de l’Institut israélien de la démocratie (IDI), « ils ne se disputaient pas la direction du pays ».

Les partis et les responsables politiques qui ont tenté de mettre l’accent sur l’économie ont généralement connu une existence éphémère.

Koulanou s’est éteint après un seul mandat. Lorsqu’Avoda a mis en avant les questions économiques en 2013 et en 2015, il a perdu ces deux élections par une large marge. Des personnalités en vue ayant rejoint le parti après avoir mené les manifestations sociales de 2011, telles que Stav Shaffir et Itzik Shmuli, ont quitté la scène politique en moins de dix ans.

Le ministre des Affaires sociales, Itzik Shmuli, s’exprime lors d’une cérémonie au siège du ministère à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Shlomi Cohen/Flash90)

« Les gens ont en quelque sorte cessé de croire que les responsables politiques puissent faire quelque chose pour le coût de la vie », a déclaré Ayal Kimhi, vice-président de l’institution Shoresh, au Times of Israel.

« Tout le monde en parle depuis des années, mais personne ne fait grand-chose pour y remédier. »

Aux États-Unis, où les questions économiques priment sur tout le reste, un adage célèbre de campagne dit : « C’est l’économie, idiot ! » Mais en Israël, quoi qu’ils disent aux sondeurs, les électeurs finissent par prendre leur décision non pas en fonction du coût de la vie, mais, comme l’a dit Netanyahu, en fonction de « la vie elle-même ».

Le 7-Octobre au centre de l’attention

C’est particulièrement vrai aujourd’hui, alors qu’Israël commence peut-être à sortir d’une période de guerre prolongée qui a suivi la tragédie la plus meurtrière de l’histoire du pays. Des troupes sont toujours déployées à Gaza, au Liban, en Syrie et en Cisjordanie. Des milliers de Haredim sont dans les rues et jurent de « mourir plutôt que de s’enrôler » dans une armée éprouvée. Les alliés d’Israël lui tournent le dos et la responsabilité des échecs du 7-Octobre fait toujours l’objet d’un débat acharné.

Il convient de noter que la question qui a dominé la vie politique israélienne de janvier à octobre 2023, à savoir la refonte du système judiciaire par le gouvernement, n’a, elle aussi, pratiquement pas été abordée pendant la campagne.

Manuel Trajtenberg, député de HaMahane HaTzioni, participant à une conférence organisée par l’Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 25 juillet 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Si quelqu’un doit être consterné par le peu de place accordée à la question du pouvoir d’achat, c’est bien Trajtenberg. Cet économiste est surtout connu pour avoir présidé une commission de premier plan, créée en 2011 à la suite des manifestations de masse déclenchées par le prix du cottage – du fromage frais à pâte granuleuse -, afin de s’attaquer au coût élevé de la vie en Israël. Mais il a déclaré ne pas être contrarié par le manque d’attention portée aux questions économiques.

« Cela ne me déçoit pas, car ce qui importe, de mon point de vue, en tant que citoyen, c’est la direction que prendra le pays après le 7-Octobre », a-t-il indiqué.

« Comment allons-nous surmonter cette épreuve ? Comment allons-nous relever ces défis ? »

Ce n’est pas un sujet de discorde

Un autre facteur est la logique de la polarisation politique.

Les partis abordent les sujets sur lesquels il est facile de se démarquer de l’autre camp. L’électeur moyen, par exemple, est probablement capable d’expliquer la différence entre les deux blocs lorsqu’il s’agit d’exiger le service militaire des ultra-orthodoxes, ou de déterminer à qui chacun attribue la responsabilité de la débâcle du 7-Octobre. Plus que tout, les deux camps sont divisés sur la question de savoir si Netanyahu doit rester au pouvoir.

Mais dans de nombreux domaines politiques, les différences sont plus floues.

Par exemple, le principal parti d’opposition, Yashar, dirigé par Gad Eisenkot, a récemment signé un accord de partage des voix avec le parti de gauche HaDemocratim (« Les Démocrates »). Or, dans une récente interview, le numéro deux du parti a déclaré qu’il serait également ouvert à une coalition avec le parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit. Cette confusion s’étend à la question de la réduction du coût de la vie.

Le Pr. Avi Weiss, président du Centre Taub et professeur d’économie à l’université Bar-Ilan. (Crédit : Autorisation)

« Il n’y a aucune différence dans le programme économique des principaux partis », a déclaré Hermann, directrice académique du Centre Viterbi pour l’opinion publique et la recherche politique de l’IDI.

« Alors, que peuvent-ils dire ? »

« Si leurs programmes économiques sont similaires ou très proches, ils ne peuvent pas vraiment s’en servir comme argument », a-t-elle ajouté.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il n’y ait aucune distinction entre les recommandations politiques des différents partis.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, chef de HaTzionout HaDatit, a tenté à plusieurs reprises d’alléger le coût de la vie, notamment par une réforme infructueuse des importations de produits laitiers et par un allègement fiscal récent qui a fait baisser le prix de l’essence. Mais malgré des politiques divergentes, tous professent le même objectif : améliorer l’accessibilité financière.

« Personne ne s’opposera à l’amélioration du système scolaire, personne ne s’opposera à davantage d’infrastructures », a déclaré Avi Weiss, qui dirige le Centre Taub d’études de politique sociale, au Times of Israel.

« Le problème, c’est qu’il y a des besoins concurrents, et la question est de savoir sur quoi mettre l’accent. »

Des coûts élevés dans une économie résiliente

Les électeurs peuvent également se rassurer en sachant que, dans un contexte de guerre, de morts, de troubles sociaux croissants et de boycotts internationaux, les tendances macro-économiques israéliennes constituent une lueur d’espoir rare.

« Ce qui importe le plus, de mon point de vue, c’est la direction que prendra le pays après le 7-Octobre. Comment allons-nous surmonter cette épreuve ? Comment allons-nous relever ces défis ? »

« Au cours de l’année hébraïque qui s’achève cette semaine, l’économie israélienne a réussi à croître malgré la poursuite de la guerre. Le PIB a progressé, les investissements étrangers dans le pays ont bondi et l’inflation a reculé », a indiqué le ministère des Finances la semaine dernière. Le chômage est proche de zéro, le shekel est fort (peut-être même trop fort) et Israël signe d’importants contrats de défense.

Un récent sondage réalisé par l’IDI a révélé que près de 60 % des Israéliens ont une opinion positive de leur situation personnelle.

« Le chômage est assez faible, l’inflation est faible », a expliqué Kimhi.

« Nous avons traversé des années difficiles de guerre qui n’en finissaient pas, et l’économie semble résiliente. »

Kimhi et Weiss ont tous deux déclaré que le poids du coût de la vie élevé en Israël n’était plus aussi pesant qu’en 2011. Les prix de l’immobilier et des denrées alimentaires sont élevés depuis longtemps déjà. Cela a mis à rude épreuve le quotidien des Israéliens, mais les électeurs n’ont pas encore atteint un nouveau point de rupture.

« Je pense que les gens ont appris à vivre avec ce qu’ils ont », a déclaré Weiss au Times of Israel.

« En d’autres termes, le coût de la vie est très, très élevé. [Mais] je pense que tout le monde ne se rend pas vraiment compte à quel point il est élevé par rapport à d’autres pays. »

Après tout, c’est l’argent qui parle

Le fait est que les responsables politiques parlent bien de questions économiques – mais ils ne donnent pas cette impression. Lorsqu’ils évoquent le poids que le service de réserve sans fin fait peser sur les Israéliens, ils déplorent également les mois de travail et de salaire perdus par certains des travailleurs les plus productifs du pays. Une étude récente du Centre Taub a révélé que le réserviste moyen pouvait s’attendre, depuis le 7-Octobre, à une baisse de 4,7 % de son salaire à long terme.

Une question étroitement liée aux implications économiques évidentes est celle du service militaire des Haredim. 

Une grande partie du débat a porté sur la question de la conscription obligatoire des hommes ultra-orthodoxes en Israël, afin d’alléger la charge pesant sur les réservistes. Mais cela reflète également un conflit plus large concernant le degré d’intégration des Haredim dans la société israélienne, non seulement dans l’armée, mais aussi à l’école et sur le lieu de travail.

Les projets des partis d’opposition visant à instaurer l’enseignement des mathématiques et de l’anglais dans les écoles haredim entraîneront, s’ils sont mis en œuvre, une hausse quasi certaine du taux d’activité des ultra-orthodoxes.

Un tableau électronique affichant les données du marché, à la Bourse de Tel Aviv, le 2 mars 2026. (Crédit : Yehoshua Yosef/Flash90)

« Après tout, la question à l’ordre du jour est la conscription », a ajouté Trajtenberg, désormais affilié au parti Yashar.

« Mais en réalité, ce dont nous parlons, c’est d’intégration, de la nécessité d’intégrer la communauté haredi dans l’ensemble des secteurs de la société. Ainsi, se soustraire au service militaire revient à se soustraire à la participation à la société et à l’économie. »

Azaria s’est récemment consacrée à venir en aide aux réservistes et à leurs familles en créant un groupe appelé HaOgen (« L’ancre » en hébreu) pour les soutenir. L’impact sur leurs économies est évident. Cependant, elle a expliqué que les réservistes peuvent être réticents à évoquer leurs difficultés économiques, car ils peuvent avoir l’impression de se plaindre de la vie quotidienne dans le pays qu’ils viennent de défendre au péril de leur vie, ce qui reviendrait à minimiser leurs mois de sacrifice.

« Les gens sont mécontents des problèmes économiques, mais je ne suis pas sûre qu’ils aient envie de s’en prendre à leur pays en ce moment », a-t-elle déclaré à propos des réservistes.

« Quand on part à la guerre encore et encore pour protéger sa patrie, on ne se permet pas d’être trop critique envers son pays. »

Cela ne concerne pas uniquement les réservistes.

Trajtenberg a souligné que les enjeux diplomatiques sont également des enjeux économiques, citant par exemple ce qui pourrait arriver à l’économie israélienne si l’aide militaire américaine venait à prendre fin, ou si les dons philanthropiques des Juifs américains se tarissaient à mesure que la sympathie envers Israël s’estompe.

L’un des impacts les plus profonds que cette élection pourrait avoir sur l’économie israélienne concerne l’émigration massive observée ces dernières années.

Des voyageurs, dans le hall des départs de l’aéroport Ben Gurion, le 11 août 2026. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Sous le gouvernement actuel, de nombreux talents israéliens ont cherché à s’expatrier. Si cette tendance se poursuit, a déclaré Kimhi, « cela pourrait constituer un processus menant à un effondrement ».

« Nous perdons du capital humain », a-t-il ajouté.

« Nous perdons les personnes les plus talentueuses, nous perdons les personnes les plus qualifiées, nous perdons celles qui déterminent la trajectoire de croissance de l’économie. »

« Je pense que beaucoup de gens ont encore leurs valises prêtes. [Ils] n’arrivent pas à se décider : rester ou partir, et [attendent] les résultats des élections pour voir s’il y a un espoir d’un avenir meilleur. S’ils estiment que les résultats des élections laissent présager un retour au statu quo, ils pourraient bien faire leurs valises et partir. »

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