Maths, lecture et sciences : les résultats d’Israël dégringolent aux derniers tests PISA
Israël perd 29 points en moyenne et atteint son niveau le plus bas depuis 2000 ; L'étude Pisa, publiée tous les trois ans, s'est imposée au fil des ans comme un baromètre mondial très scruté par les gouvernements
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Les résultats d’Israël au test international sur la compréhension des élèves ont chuté de manière spectaculaire dans le dernier classement 2025, publié aujourd’hui.
Le pays se classe désormais à la 43e place mondiale – il était 38e au dernier test, en 2022 – et au 33e rang des pays développés, alors qu’il était jusque-là 31e.
La moyenne des scores de 2025 est la plus basse enregistrée par Israël depuis sa participation à l’enquête, en l’an 2000.
Les tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, connu sous l’acronyme PISA, évaluent les compétences des jeunes de 15 ans en lecture, mathématiques et sciences. Conduits par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ils ont lieu tous les trois ans.
Israël a perdu en moyenne 29 points sur l’ensemble des matières au titre de 2025, soit la deuxième baisse la plus marquée de tous les pays, juste derrière la Lettonie.
En lecture, les élèves ont obtenu un score de 436, contre 474 lors du test de 2022 ; en sciences, ils se situent à 442, contre 465, et en mathématiques, ils ont obtenu 433, contre 458.
L’Asie toujours en tête de l’étude Pisa, marquée par une « forte baisse » en lecture
L’Asie domine une nouvelle fois l’enquête Pisa de l’OCDE, mais ce classement enregistre « la performance moyenne la plus faible jamais observée », notamment en lecture où la baisse est jugée « particulièrement préoccupante ».
L’étude évalue depuis 2000 les compétences scolaires des élèves de 15 ans, en passant au crible leur compréhension de l’écrit, leur culture mathématique et leur culture scientifique, avec à chaque fois une « dominante » plus développée, les sciences pour l’édition 2025.
Les exercices ont été soumis à 760 000 jeunes de 91 pays et territoires.
Comme lors des éditions précédentes, plusieurs pays asiatiques figurent parmi les meilleurs élèves dans ces trois matières mais également « en résolution informatique des problèmes », évaluée pour la première fois.
Les quatre provinces et métropoles chinoises Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, étudiées par l’OCDE arrivent en tête en sciences et en mathématiques, alors que Singapour domine la compréhension de l’écrit. Macao, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud complètent le haut du classement.
Cette dernière édition enregistre « la performance moyenne la plus faible jamais observée dans les pays de l’OCDE ».
« La performance en sciences se maintient à peu près, mais il y une chute de plus de 20 points sur la compréhension de l’écrit et les mathématiques », souligne Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE.
Pour l’organisation, 20 points correspondent à une année de scolarité.
« Dans l’ensemble de l’OCDE, un élève sur cinq est désormais en difficulté dans les trois matières. En 2022, c’était un sur six », a constaté le secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann, lors d’une présentation à la presse du rapport.
Dans le détail, les performances en sciences ont reculé de sept points en moyenne dans les pays de l’OCDE entre 2015 et 2025, tandis qu’elles sont restées globalement stables dans les autres systèmes éducatifs évalués. En mathématiques, la baisse atteint 22 points en moyenne dans les pays de l’OCDE, contre huit points ailleurs.
Lecture essentielle
Le décrochage est encore plus marqué en compréhension de l’écrit, avec un recul moyen de 28 points dans les pays de l’OCDE sur dix ans, contre 16 points dans les autres pays et économies participant à l’enquête.
Une chute « particulièrement préoccupante, car la lecture est la porte d’entrée par laquelle passe l’essentiel des apprentissages scolaires », souligne l’OCDE.
L’organisation évoque plusieurs facteurs, dont la transformation des pratiques de lecture liée à la généralisation des écrans, la baisse du goût pour la lecture chez les jeunes et les changements de rapport à l’école observés depuis la pandémie de Covid en 2020.
Les élèves ont désormais « beaucoup plus de difficultés à répondre aux questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), de la concentration », a précisé M. Charbonnier.
Autant de « compétences qui comptent le plus à l’ère de l’intelligence artificielle », estime l’OCDE, qui s’est également intéressée à l’usage de ces nouveaux outils.
« Pisa n’apporte pas de réponse définitive, mais à première vue les données ne sont pas particulièrement positives », souligne l’organisation. En sciences, une utilisation plus intensive de l’IA est généralement associée à de moins bons résultats.
Certains des systèmes éducatifs les plus performants, comme Singapour ou Macao, figurent toutefois parmi ceux où les élèves déclarent le plus recourir à l’intelligence artificielle.
La France, elle, se situe toujours dans la moyenne des pays de l’OCDE, mais « ses scores sont de plus en plus bas », à un niveau comparable à celui de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Italie ou du Portugal.
En Europe, l’Estonie, le Royaume-Uni, la Finlande ou encore l’Irlande tirent leur épingle du jeu en se situant au-dessus de la moyenne de l’OCDE, comme le Canada et la Nouvelle-Zélande.
« Le déclin n’est pas inévitable (…) Mais inverser la tendance exige de la concentration, de la discipline et de l’action », a assuré M. Cormann.
Pour y parvenir, l’OCDE recommande de recentrer les efforts sur la maîtrise des savoirs fondamentaux, de mieux soutenir les enseignants, d’impliquer davantage les parents, de renforcer l’accompagnement des établissements les plus en difficulté et d’utiliser les technologies numériques comme un levier d’approfondissement des apprentissages, « plutôt que comme un moyen de les contourner. »
la Communauté du Times of Israël !







