J Street s’engage à consacrer 3 millions de $ à la lutte contre les candidats soutenus par l’AIPAC
Selon le dirigeant du groupe juif libéral américain, les démocrates qui espèrent battre leurs rivaux républicains ne doivent plus craindre la caisse électorale de l'AIPAC : « C'est une nouvelle ère pour nous »
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JTA — J Street, le groupe de défense juif libéral spécialisé dans les affaires relatives au Moyen-Orient, a annoncé son intention de consacrer 3 millions de dollars à la lutte contre plusieurs candidats républicains soutenus par l’AIPAC. Il vient ainsi rejoindre la multitude de groupes progressistes qui s’attaquent à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) dans le cadre des élections américaines de cette année.
Une telle campagne d’attaque sort des sentiers battus pour J Street, qui a pour habitude d’appuyer des candidats sans pour autant s’en prendre à leurs adversaires sur la base d’un éventuel soutien de l’AIPAC. Jusqu’à présent, selon le président de J Street, Jeremy Ben-Ami, le scénario le plus probable pour son organisation était de voir les candidats qu’elle soutenait se défendre contre les investissements de l’AIPAC.
« C’est une nouvelle ère pour nous », a déclaré Ben-Ami dans une interview. En 2022, J Street avait pris pour cible un candidat soutenu par l’AIPAC, mais seulement après que l’AIPAC a bombardé de publicités négatives le candidat soutenu par J Street.
Dans un communiqué, J Street a indiqué qu’il s’agirait du plus gros investissement de son histoire réalisé par son « super comité d’action politique », ou « super PAC ». Ces comités sont autorisés à lever des fonds sans limite, mais il leur est interdit de se coordonner avec les campagnes électorales.
Ces 3 millions de dollars serviront à financer une campagne dirigée contre le député républicain Mike Collins, candidat au Sénat américain en Géorgie contre le sénateur démocrate Jon Ossoff, qui est Juif, ainsi que contre plusieurs élus sortants : le député de l’Ohio Max Miller, qui brigue un nouveau mandat alors qu’il fait l’objet d’allégations de violences conjugales, qu’il nie ; le député du Wisconsin Derrick Van Orden ; le député de Pennsylvanie Ryan Mackenzie ; et la députée de l’Iowa, Mariannette Miller-Meeks.
J Street a choisi de s’attaquer à ces candidats en particulier, a expliqué Ben-Ami, pour partie parce qu’ils sont tous engagés dans des courses électorales particulièrement disputées, alors que les démocrates cherchent à prendre le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, et parce qu’ils sont idéologiquement éloignés de J Street. Bon nombre d’entre eux avaient également été associés au mouvement qui visait à contester et à invalider les résultats de l’élection de 2020, a ajouté Ben-Ami.
Cette campagne de J Street intervient alors que l’AIPAC souffre d’une image de moins en moins favorable auprès des électeurs, un nombre croissant de responsables politiques démocrates ayant franchi sa « ligne rouge » en soutenant l’imposition de conditions à l’aide militaire américaine à Israël. La position de J Street, quant à elle, a récemment évolué vers un soutien à la suppression progressive de l’aide militaire à Israël d’ici 2028.
L’AIPAC, pour sa part, a vivement critiqué la campagne de J Street dans un message publié sur le réseau social X. « Est-ce que cela vient de J Street ou de Justice Democrats ? », a écrit l’AIPAC, en référence à l’organisation progressiste de plus en plus proche des causes pro-palestiniennes.
« Un super PAC financé par des fonds occultes qui dépense des millions pour faire échouer les candidats pro-israéliens et colporter des mensonges sur l’AIPAC », a écrit le groupe. « Le fait de ne pas mentionner l’aide apportée à l’élection de candidats pro-israéliens met encore davantage en évidence la différence entre J Street et les véritables organisations pro-israéliennes. »
L’AIPAC dépense sans compter depuis le lancement de son super PAC, United Democracy Project, dans la perspective des élections de mi-mandat de 2022 ; il est d’ailleurs le premier contributeur externe de ce cycle électoral, selon Open Secrets. Plusieurs groupes anti-AIPAC et pro-palestiniens ont vu le jour ces derniers mois, pour contrer les dépenses de ce lobby pro-israélien.
Contrairement à ces groupes, J Street et l’AIPAC ont en commun certains candidats qu’ils soutiennent : les deux organisations ont apporté leur appui à des démocrates modérés et pro-israéliens, tels que les représentants Hakeem Jeffries et Dan Goldman. Le super PAC de J Street a également déjà pris pour cible des candidats soutenus par l’AIPAC, notamment la représentante Haley Stevens en 2022, en invoquant les contributions financières versées à l’AIPAC par de grands donateurs de droite.
Un porte-parole de l’AIPAC a estimé qu’il était « décevant, mais néanmoins prévisible, que J Street continue de propager des mensonges au sujet de notre communauté ».
« Les membres de l’AIPAC s’attachent à faire élire des démocrates et des républicains favorables au renforcement du partenariat entre les États-Unis et Israël. J Street s’efforce pour sa part de transformer le soutien à l’État juif en un enjeu politique partisan », a déclaré le porte-parole de l’AIPAC.
Ben-Ami a précisé qu’il ne s’agissait pas, dans la campagne de cette année, de « la relation entre nous et l’AIPAC », mais plutôt d’encourager les candidats qui, sans cela, pourraient craindre de se retrouver confrontés à la puissance financière de l’AIPAC.
« Nous sommes tout à fait conscients que de nombreux candidats craignent l’influence politique que l’AIPAC pourrait exercer. Ils adoptent donc certaines positions et tiennent certains discours politiques par crainte. Leur peur et cette intimidation les freinent », a expliqué Ben-Ami.
Aujourd’hui, a-t-il ajouté, J Street a décidé de « retourner la situation ».
« Si vous avez l’intention de vous opposer à la démocratie américaine et de donner carte blanche à ce gouvernement israélien, alors c’est vous qui devriez avoir peur », a-t-il affirmé.
la Communauté du Times of Israël !







