Le Somaliland prêt à envoyer 2 000 soldats à Gaza au sein d’une force internationale
Abdirahman Abdullahi déclare qu'il pourrait offrir 2 000 soldats, mais que les États-Unis n'en ont pas fait la demande
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a déclaré mercredi que son pays était prêt à aider la Force internationale de stabilisation (FIS) chargée de contribuer à la sécurité de la bande de Gaza dans l’après-guerre, pour le compte du Conseil de Paix sous mandat américain.
« On ne nous a pas approchés à ce sujet, mais si la demande nous est faite, nous pourrons fournir des personnels », a déclaré M. Abdullahi au Times of Israel en marge de la conférence MEAD à Washington.
Les États-Unis hésitent peut-être à formuler une telle demande car cette démarche pourrait être perçue comme un geste de légitimation envers le Somaliland, dont la sécession de la Somalie, en 1991, est contestée par des pays médiateurs clés dans le conflit gazaouï, à commencer par l’Égypte, la Turquie et le Qatar.
Le Conseil de la paix tente de mettre sur pieds une FIS de 20 000 hommes chargée de sécuriser les frontières de Gaza, de participer au désarmement du Hamas et de faciliter la distribution de l’aide humanitaire.
L’Ouganda s’est engagé à fournir près de 1 200 personnes et le Maroc 500. Le Kosovo, le Kazakhstan et l’Albanie se sont engagés, au total, à hauteur d’environ 80 hommes. Le Conseil de Paix est également en discussions avec le Burundi pour la mise à disposition de 500 soldats.
M. Abdullahi — qui devrait s’entretenir avec le Département d’État et des membres du Congrès dans les jours à venir — a déclaré que son pays pourrait fournir jusqu’à 2 000 soldats à la FIS.
Initialement, les autorités américaines avaient tablé sur un déploiement de la FIS début 2026 mais le projet a pris du retard en raison du refus du Hamas d’accepter le plan de désarmement du Conseil de Paix. Le groupe terroriste a finalement donné son accord, le 30 juillet dernier, mais alors c’est le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui s’y est opposé.
Les responsables du Conseil de la paix espèrent mettre en oeuvre ce plan — lequel prévoit l’installation à Gaza d’un gouvernement palestinien composé d’administrateurs, d’une nouvelle police et de Tsahal, le désarmement du Hamas en vue de son démantèlement et le retrait progressif d’Israël de la bande de Gaza — après les élections à la Knesset du 27 octobre prochain.
Israël est le seul pays à avoir reconnu le Somaliland, en décembre dernier. Hargeisa espérait que cette initiative entraînerait une vague de reconnaissances de la part de certains pays, comme par exemple des États-Unis, mais M. Abdullahi assure qu’il n’est pas déçu, la décision israélienne ayant considérablement accru la visibilité internationale du Somaliland.
Situé dans la Corne de l’Afrique, le Somaliland jouit d’une position stratégique face au Yémen, de l’autre côté du golfe d’Aden, là où les rebelles houthis contrôlent le territoire, ce qui lui confère une grande valeur stratégique pour Israël.
M. Abdullahi a fait savoir que Tsahal n’avait pas déployé de soldats dans son pays, suggérant qu’une telle présence pourrait être un bon moyen de dissuasion pour le Somaliland, qui, selon lui, subit les menaces de la Somalie et d’autres acteurs depuis la reconnaissance israélienne.
« Rien n’est gratuit », conclut-il. « En toute chose, il y a du positif et du négatif. »
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