Soutenant les sanctions britanniques, Olmert dénonce le « nettoyage ethnique » en Cisjordanie
Cité par le chef de la diplomatie britannique dans une annonce relative aux sanctions, l'ex-Premier ministre a fustigé les extrémistes juifs, un « groupe de terroristes criminels et meurtriers"
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Jeudi, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert a exprimé son soutien à la décision prise par le Royaume-Uni d’imposer des sanctions sur toutes les transactions avec les implantations de Cisjordanie. Il a qualifié les résidents d’implantations extrémistes et leurs partisans de « groupe de terroristes criminels et meurtriers » cherchant à procéder à un nettoyage ethnique des Palestiniens.
S’exprimant sur Radio 103FM, Olmert a réaffirmé sa conviction selon laquelle une « campagne violente et criminelle visant à procéder à un nettoyage ethnique dans les territoires de la Cisjordanie » était en cours. Des propos qui ont été cités par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, lors de l’annonce de sa décision cette semaine.
« Ce qui se passe en [Cisjordanie] relève ni plus ni moins d’une entreprise de nettoyage ethnique menée par un groupe de terroristes criminels et meurtriers qui agissent de manière systématique, presque quotidiennement, pour blesser, voler, détruire, incendier et tuer les Palestiniens qui vivent là-bas. Ils cherchent ainsi à les chasser de leurs lieux de résidence dans l’espoir que cela permette à l’État d’Israël d’annexer ces territoires », a déclaré Olmert.
Selon Olmert, ces violences sont perpétrées par « plusieurs centaines de personnes, qui bénéficient du soutien de milliers d’autres au sein du système ». Les auteurs de ces actes recevraient ainsi fréquemment une « aide active » de la part de l’armée, des forces de l’ordre et des ministres du gouvernement.
Olmert a affirmé que « naturellement » les ministres ultranationalistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich « incarnent cette politique brutale, probablement plus que quiconque. Mais d’autres y participent également ». Il a aussi accusé les forces de sécurité israéliennes d’agir de manière discriminatoire, citant la décision du ministre de la Défense, Israel Katz, de ne plus approuver les ordres de détention administrative – un procédé qui permet aux autorités israéliennes de détenir un suspect sans inculpation – prononcés à l’encontre de Juifs.
L’ancien Premier ministre a par ailleurs souligné que, du fait des politiques menées par Israël en Cisjordanie, une région dans laquelle l’armée exerce une souveraineté totale, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, pourrait faire l’objet d’un mandat d’arrêt international.
« Ils voient tout, mais ils ne font rien, car ils sont les représentants de politiques qui, dans la pratique, soutiennent ces atrocités », a expliqué Olmert, à propos des hauts responsables militaires. « La situation est difficile pour le chef d’état-major, cependant, tôt ou tard… il risque d’être injustement pris pour cible par la Cour pénale internationale de La Haye, car, officiellement, c’est lui qui détient l’autorité sur le terrain. »
Il a ajouté que, même s’il ne reprochait rien à Zamir, ce dernier, en tant que chef d’état-major, ne devait « pas hésiter à utiliser tous les moyens à sa disposition pour empêcher que de telles choses puissent se produire. Elles sont intolérables et impardonnables. »
L’ancien Premier ministre a également rejeté les propos tenus par un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’occasion d’une interview accordée mercredi au britannique Piers Morgan, au cours de laquelle il s’en est pris aux « Juifs qui se haïssent eux-mêmes, parmi lesquels d’anciens Premiers ministres qui ont fait de la prison ». Le porte-parole évoquait alors la condamnation d’Olmert pour corruption – un chef d’accusation pour lequel Netanyahu est lui-même actuellement jugé dans le cadre d’un autre procès pénal.
Contrairement à Olmert, le gouvernement israélien a réagi avec colère à la décision britannique. Il a annoncé une série de mesures de rétorsion, notamment la fermeture du consulat britannique à Jérusalem, lequel sert les Palestiniens. Parmi les autres mesures ordonnées par le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, l’expulsion des représentants du Royaume-Uni du centre international de soutien à Gaza et l’arrêt des activités britanniques de formation des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.
L’interdiction britannique de toute relation commerciale avec les implantations de Cisjordanie intervient dans un contexte d’escalade quasi quotidienne de la violence des résidents d’implantations à l’encontre des Palestiniens. Un problème qui, pour Miliband, constitue un « nettoyage ethnique des Palestiniens… perpétré par des colons terroristes ».
Les arrestations d’Israéliens impliqués dans ces attaques sont rares. Les détracteurs accusent le gouvernement de tolérer ces violences, voire de les encourager.
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