La Croix-Rouge rencontre des responsables dans un centre de détention israélien, mais sans pouvoir visiter les détenus palestiniens
Pour le responsable du CICR en Israël, les discussions et la visite de la prison sont « un pas dans la bonne direction » ; il s'engage à continuer de faire pression pour la reprise des visites aux détenus
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Une équipe du Comité international de la Croix-Rouge, qui visitait mercredi un centre de détention militaire, n’a pas été autorisée à rencontrer les prisonniers et détenus palestiniens condamnés pour atteinte à la sécurité, a rapporté un communiqué du responsable du CICR en Israël.
L’équipe a rencontré des responsables israéliens de la sécurité dans le cadre de discussions techniques. Si elle a bien visité les lieux, elle n’a toutefois pas pu voir les personnes détenues ni entrer en contact direct avec elles, a souligné Julien Lerisson.
Lerisson a néanmoins qualifié les discussions de « positives » et de « pas dans la bonne direction, vers la reprise de visites dans les règles aux détenus incarcérés dans les établissements pénitentiaires israéliens ». Il s’est par ailleurs engagé à ce que le CICR « continue de discuter avec toutes les autorités concernées des modalités et des conditions de ces visites, afin de permettre leur reprise ».
Un porte-parole de la Croix-Rouge a refusé de préciser quel établissement avait fait l’objet de la visite.
Selon un porte-parole du CICR interrogé lundi par le Times of Israel, cette réunion s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par l’organisation pour obtenir la reprise des visites aux prisonniers et détenus palestiniens inculpés pour des atteintes à la sécurité et incarcérés dans les prisons israéliennes.
Israël avait suspendu ces visites voici près de trois ans, suite au pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël. Jérusalem avait en partie justifié cette interdiction par le refus du groupe terroriste palestinien d’autoriser la Croix-Rouge à rendre visite aux otages israéliens détenus à Gaza.
Cette année, la Haute Cour de justice a statué que le gouvernement ne pouvait pas interdire ces visites. Après l’annonce de la reprise des visites, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir a accusé la Cour de porter atteinte à la capacité de dissuasion des forces de sécurité israéliennes.
Les juges, cependant, n’ont pas précisé quand les visites devaient reprendre. Selon un reportage diffusé lundi à la télévision israélienne, le gouvernement a déployé des efforts considérables pour repousser la mise en œuvre de cette décision jusque après les élections, qui se tiendront le mois prochain.
Plusieurs rapports publiés en janvier par le Bureau du défenseur public ont révélé que les détenus palestiniens incarcérés dans des prisons israéliennes pour atteinte à la sécurité étaient victimes de violences graves et systématiques de la part du personnel pénitentiaire, de privations alimentaires et de négligence médicale, et qu’ils vivaient dans des conditions d’hygiène médiocres responsables de l’apparition et de l’aggravation d’épidémies au sein des établissements pénitentiaires.
L’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a nié toute accusation d’abus systématiques. Ben Gvir s’est, quant à lui, vanté à plusieurs reprises de son approche restrictive vis-à-vis des conditions de détention des prisonniers inculpés d’atteintes à la sécurité depuis le 7-Octobre.
Le mois dernier, il a publié une vidéo dans laquelle on le voit déclarer à des détenues palestiniennes incarcérées pour atteinte à la sécurité qu’elles ne méritent que le strict minimum en matière de conditions de détention. Cette vidéo a ensuite été supprimée après que l’organisation Comité contre la torture a saisi la Commission centrale électorale, arguant que ces images utilisaient illégalement des ressources de l’État à des fins de propagande électorale.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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