Rechercher

Trump refuse de frapper les Houthis, désormais maîtres du détroit de Bab el-Mandeb

Le prince héritier saoudien a appelé le président américain à deux reprises après la chute de Mocha ; les rebelles pro-iraniens dominent ce point de passage crucial pour le pétrole et le gaz

Le président Donald Trump (à droite) serrant la main du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d'un dîner organisé dans la Salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 18 novembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)
Le président Donald Trump (à droite) serrant la main du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d'un dîner organisé dans la Salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 18 novembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait appelé le président américain Donald Trump à deux reprises, jeudi, pour le prier de lancer des frappes contre les rebelles houthis au Yémen, a rapporté le média Axios, citant deux responsables américains.

Trump a refusé : des responsables américains ont déclaré que l’administration n’avait pas l’intention d’entreprendre d’action militaire directe contre les Houthis pour le moment, selon l’information donnée par Axios vendredi.

Cette information a été publiée quelques heures avant que l’AFP ne rapporte, citant un responsable local et des témoins oculaires, que les Houthis avaient pris le contrôle d’une île de la mer Rouge située au milieu de la voie de navigation de Bab el-Mandeb, provoquant le retrait de l’armée du gouvernement yéménite et parachevant l’offensive des rebelles pour s’emparer de cette zone.

Selon Axios, la position saoudienne a évolué, passant d’une volonté de traiter seule avec les Houthis à une recherche de l’appui américain. Cependant, des sources indiquent que les autorités américaines, militaires comme civiles, ont signifié aux Saoudiens que Trump souhaitait rester concentré sur l’Iran et le détroit d’Ormuz, sans ouvrir de nouveaux fronts.

Ben Salmane a appelé une première fois Trump pour l’informer de la progression houthie vers la ville côtière de Mocha, puis une seconde fois, quelques heures plus tard, pour demander instamment que les États-Unis ordonnent des frappes, précise Axios.

Par la suite, les Houthis soutenus par l’Iran se sont emparés de la ville, renforçant par là leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, l’une des voies navigables les plus stratégiques au monde.

Trump n’a pas accédé à la demande saoudienne, mais un responsable américain anonyme a indiqué à Axios que les États-Unis fourniraient aux Saoudiens des renseignements et des données de ciblage sur les Houthis.

D’après ce responsable, il y a déjà près de 200 militaires américains en Arabie saoudite en guise de soutien logistique et technique.

« Les États-Unis se concentrent sur la protection de leurs intérêts vitaux de sécurité — tels que la garantie de la liberté de navigation en mer Rouge », a déclaré un haut responsable de l’administration à Axios.

« Le dialogue est ouvert avec l’Arabie saoudite et le gouvernement de la République du Yémen au sujet de la stabilité régionale », a ajouté ce responsable.

L’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), s’est rendu en urgence en Arabie saoudite jeudi, a rapporté le média, citant deux sources proches du dossier.

Ni la Maison Blanche ni l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington n’ont fait de commentaire sur ce déplacement.

Ces derniers jours, les combats se sont intensifiés entre les Houthis et les alliés yéménites de l’Arabie saoudite au sein du gouvernement reconnu par la communauté internationale, créant un second théâtre d’opérations dans le conflit iranien qui menace les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Selon la chaîne de télévision Al-Masirah, aux ordres des Houthis, l’Arabie saoudite a mené deux frappes vendredi contre l’aéroport de Mocha, désormais sous contrôle des Houthis.

Vendredi également, les Nations unies ont déclaré que pas moins de 46 000 personnes avaient été déplacées depuis la reprise des affrontements.

« Au moins 46 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis l’aggravation des combats, la semaine dernière », a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU dans un communiqué, avertissant que « ce chiffre augmentait de manière alarmante d’heure en heure ».

Les Houthis s’emparent d’une île au milieu de Bab el-Mandeb

Tôt vendredi, les Houthis ont pris le contrôle de l’île de Périm, au milieu du détroit de Bab el-Mandeb, ce qui signe leur avancée la plus significative vers le contrôle de cette voie maritime stratégique.

« Des embarcations transportant des combattants armés houthis ont atteint l’île de Mayyun suite au départ des forces gouvernementales hier », a déclaré un responsable gouvernemental à l’AFP, utilisant l’autre nom de cette île qui divise le détroit en deux couloirs de navigation.

« Les Houthis ont fini de prendre le contrôle de la zone de Bab el-Mandeb et de l’île de Mayyun, qui se trouve au milieu du détroit », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

Un témoin oculaire a rapporté que des hommes armés « se déployaient le long de la côte de Bab el-Mandeb et patrouillaient à bord de véhicules militaires ».

Les forces fidèles au gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite se déplacent à bord d’une camionnette dans le district de Hays, au sud de Hodeida, le 5 septembre 2026. (Crédit : Khaled Ziad/AFP)

En 2014, les Houthis se sont emparés de Sanaa, la capitale du Yémen, poussant le gouvernement reconnu par la communauté internationale à se réfugier plus au sud, du côté d’Aden.

Redoutant un regain d’influence de l’Iran au Yémen et le chaos à ses frontières, l’Arabie saoudite avait pris la tête d’une intervention militaire contre les Houthis, en 2015, afin de déloger le groupe et de rétablir le gouvernement.

La guerre civile qui en a résulté a provoqué l’une des pires crises humanitaires et entraîné des années de combats acharnés et de frappes aériennes dévastatrices de la part de l’Arabie saoudite et de ses partenaires de coalition, dont les Émirats arabes unis.

En 2022, une trêve négociée par l’ONU a permis de suspendre les affrontements durant plusieurs années, sans toutefois donner lieu à un règlement durable, les récents combats menaçant désormais d’un retour à un conflit généralisé.

Le détroit de Bab el-Mandeb, ou « Porte des Larmes » — ainsi nommé en raison de ses conditions de navigation périlleuses —, est le passage sud de la mer Rouge entre le Yémen sur la péninsule Arabique et Djibouti ainsi que l’Érythrée sur la côte africaine. Cela en fait un enjeu capital pour les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord.

Il s’agit de l’une des voies de navigation les plus importantes au monde pour le pétrole brut et les carburants en provenance du Golfe à destination de la Méditerranée, via le canal de Suez ou le pipeline Sumed, sur la côte égyptienne de la mer Rouge, ainsi que pour les marchandises acheminées vers l’Asie, y compris le pétrole russe.

En cas de fermeture, les navires circulant entre l’Asie de l’Est et l’Europe devraient contourner le continent africain, ce qui entraînerait une hausse considérable des délais et coûts de transport.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.