Rechercher

Les États-Unis sanctionnent des réseaux d’aide aux relais de l’Iran au Moyen-Orient

Washington vise des entités en Irak, aux Émirats, au Liban et en Turquie pour isoler Téhéran, alors que les cours du pétrole et l'inflation pèsent sur l'économie américaine

Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, prend la parole lors de la convention républicaine de mi-mandat à l'American Airlines Center de Dallas, au Texas, le 9 septembre 2026. (Kent NISHIMURA/AFP)
Le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, prend la parole lors de la convention républicaine de mi-mandat à l'American Airlines Center de Dallas, au Texas, le 9 septembre 2026. (Kent NISHIMURA/AFP)

Le gouvernement américain a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre des entreprises et des personnes qu’il accuse d’aider le Hezbollah et d’autres relais iraniens au Moyen-Orient, intensifiant ainsi sa campagne pour isoler économiquement l’Iran.

Ces dernières sanctions s’inscrivent dans le cadre de l’« Opération Economic Outcast » du Département du Trésor, annoncée le 24 août dernier, laquelle vise à couper les financements de Téhéran destinés à la guerre, la construction de missiles, les cyberattaques et au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Les mesures prises jeudi par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor concernent des entités et individus en Irak, aux Émirats arabes unis, au Liban et en Turquie qui, selon Washington, ont apporté leur soutien au Kataeb Hezbollah — un groupe paramilitaire chiite irakien sous le commandement du CGRI — ainsi qu’au Hezbollah libanais, explique le Trésor dans son communiqué.

Le Trésor a également annoncé un accord transitoire avec un ressortissant américain qui a accepté de payer 1,43 million de dollars pour régler la question de sa responsabilité civile potentielle concernant 39 infractions à des sanctions contre l’Iran, et a lancé un vaste appel aux lanceurs d’alerte pour obtenir des informations sur toute évasion de sanctions ou blanchiment d’argent en faveur de l’Iran.

L’OFAC a publié un bulletin précisant qu’il refuserait la majorité des demandes de licences liées à l’Iran, sauf circonstances exceptionnelles, et a indiqué que son service des licences avait immédiatement commencé à refuser « la grande majorité » des demandes de licences de cette nature qui étaient en instance.

« L’OFAC maintiendra cette politique de délivrance des licences jusqu’à ce que l’Iran change de comportement, notamment en cessant de bloquer le détroit d’Ormuz, d’attaquer les personnels et partenaires américains dans le Golfe, et de poursuivre ses programmes d’armes nucléaires et conventionnelles », a déclaré le Trésor.

Des membres d’un groupe chiite irakien assistent aux funérailles d’un combattant du Kataeb Hezbollah, tué lors d’une frappe aérienne américaine dans la province de Bassora, au sud de Bagdad, en Irak, le 8 avril 2026. (AP Photo/Hadi Mizban)

« L’Opération Economic Outcast concerne ceux qui continuent de soutenir le régime iranien défaillant », a déclaré le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, dans un communiqué. « Qu’ils financent le terrorisme, qu’ils blanchissent de l’argent ou qu’ils aident l’Iran à contourner les sanctions, nous les trouverons, nous les couperons du système financier américain et nous démantèlerons les réseaux qui maintiennent le régime à flot. »

La guerre contre l’Iran, qui entre dans son septième mois, a fait chuter la cote de popularité du président Donald Trump, les Américains étant confrontés à des prix de l’essence nettement plus élevés, ce qui pourrait menacer les chances de son parti, le Parti républicain, de garder le pourvoir au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre prochain.

Loin d’être une opération militaire américaine rapide, comme celle qui, au Venezuela, a conduit à l’éviction de Nicolas Maduro, la guerre contre l’Iran s’est enlisée dans une bataille d’usure marquée par des attaques contre des pétroliers, qui s’étend également aux pays voisins.

Les nouvelles sanctions ne concernent pas les Houthis alignés sur l’Iran, qui se sont emparés jeudi de la ville portuaire de Mocha, au Yémen, et qui ont progressé le long de la côte de la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, le goulet sud de la mer Rouge et l’une des voies maritimes les plus importantes pour le reste du monde.

Impact sur les expéditions de pétrole

Un responsable américain a déclaré que les mesures du Trésor donnaient un coup dur à l’économie iranienne et que le blocus naval américain limitait les capacités de Téhéran à acheminer son pétrole. Les chargements de pétrole iranien sont en effet tombés à près de 0,2 million de barils par jour ces 30 derniers jours, au lieu d’1,8 million de barils par jour en janvier et février dernier, a-t-il précisé.

Les déchargements sont tombés à 0,9 million de barils par jour, contre 1,4 million avant le début de la guerre.

La quantité de pétrole iranien ou présumé iranien en transit mer s’est élevée en moyenne à 110 millions de barils ces sept derniers jours, contre plus de 180 millions de barils en janvier et février derniers.

Le prix de l’essence dépasse les 6 dollars le gallon à Monterey Park, en Californie, le 8 septembre 2026. (Frederic J. BROWN/AFP)

Le prix des produits alimentaires a fortement augmenté, a ajouté ce responsable, avec un rial iranien qui s’est de surcroît déprécié de près de 30 % par rapport au dollar américain depuis le début du conflit.

Brett Erickson, membre du cabinet Obsidian Risk Advisors, estime que ces dernières sanctions n’auront qu’un impact marginal sur la capacité de l’Iran à manipuler des devises fortes.

« Cela ne change absolument pas la donne », assure-t-il. « Au-delà de cela, ces mesures visent le Hezbollah, mais pas le proxy iranien bien plus conséquent que sont les Houthis, qui causent des ravages sur les marchés mondiaux de l’énergie. »

Annonce de sanctions à l’encontre d’une « grande » banque, sans plus de détails

Scott Bessent a déclaré jeudi que l’administration Trump sanctionnerait une grande banque la semaine prochaine, poursuivant ainsi ses pressions économiques sur Téhéran pour mettre fin à plus de six mois de conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Scott Bessent n’a donné ni le nom de l’établissement financier ni son pays d’origine lors de son passage sur l’antenne de « Real America’s Voice », mais il a précisé que la mesure serait annoncée lundi prochain.

M. Bessent a expliqué que l’annonce était initialement prévue vendredi, mais qu’elle avait été reportée en raison des cérémonies commémorant le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

« Nous allons poursuivre ce processus jusqu’à ce que tout le monde cesse de commercer avec ce régime », a-t-il averti.

Cette photo transmise le 10 septembre 2026 par le centre média Ansarullah montre ce que les autorités houthies affirment être les débris d’un drone de combat saoudien Karayel abattu au-dessus de la province de Hajjah. (ANSARULLAH MEDIA CENTRE/AFP)

« Nous ferons en sorte que ce ne soit plus du tout rentable : mais si vous décidez de mettre en danger votre entreprise, vos finances personnelles ou votre personne, libre à vous. Mais nous viendrons vous chercher. »

Les États-Unis ont décrété plusieurs mesures économiques contre l’Iran depuis le début du conflit, en février dernier, en s’en prenant aux exportations de pétrole, aux réseaux maritimes, canaux d’approvisionnement en armes, intermédiaires financiers, plateformes d’actifs numériques et autres liaisons aériennes.

L’administration Trump a intensifié sa campagne, le mois dernier, avec l’« Opération Economic Outcast », en imposant des sanctions à une soixantaine d’entités, individus et navires, et en augmentant la portée des sanctions secondaires à ceux qui commercent avec l’Iran dans des secteurs tels que le transport maritime, l’aviation, la technologie, l’or ou les actifs numériques.

Malgré la pression toujours plus forte sur l’Iran, Donald Trump a indiqué mercredi que la guerre ne prendrait pas fin avant les élections de mi-mandat de novembre prochain.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.