Pink déplore que défendre la cause des Juifs soit « plus difficile » qu’elle ne l’avait imaginé
La pop star dit avoir essuyé une vague de critiques après avoir fustigé la prestation de Macklemore au MetLife, mais souligne qu’elle ne s’oppose pas à son message « Free Palestine » et ne souhaite pas le faire taire ; elle craint surtout que les spectateurs juifs ne se sentent pris pour cible
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« Défendre mon propre peuple » m’a rendu encore plus seule que je ne l’avais imaginé, a déclaré Pink vendredi, alors qu’elle expliquait les raisons pour lesquelles elle avait condamné la récente prestation pro-palestinienne de Macklemore pendant un concert d’Ed Sheeran et rejeté les interprétations erronées concernant sa propre position vis-à-vis d’Israël.
« Je me suis tue pendant une semaine, ce qui, vous le savez, ne me ressemble pas. Voilà donc ce que j’ai à dire », a écrit la pop star juive américaine dans un long message qu’elle a publié sur Instagram à la veille de Rosh HaShana.
La polémique a débuté le 6 septembre. Pink a partagé sur sa story Instagram une publication du compte StopAntisemitism qui dénonçait les propos tenus par Macklemore sur scène alors qu’il jouait en première partie d’Ed Sheeran au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
« Les fans juifs ont acheté des billets pour voir Ed Sheeran en concert hier soir dans le New Jersey, pas pour voir Macklemore leur imposer sa propagande anti-israélienne », pouvait-on lire dans cette publication.
Le groupe accusait Macklemore d’avoir transformé le concert en événement politique en apparaissant sur scène vêtu d’un keffieh, criant « Free Palestine » et accusant Israël de génocide. Il ajoutait que les spectateurs méritaient des excuses et un remboursement de la part d’Ed Sheeran.
Dans sa déclaration de vendredi, Pink a précisé que cette publication qu’elle avait relayée contenait des propos qu’elle n’avait pas écrits, et qu’elle n’aurait pas nécessairement elle-même employés.
We thank @Pink for her solidarity and we demand refunds for every attendee subjected to Jew-hatred.
Following Macklemore’s pro-terror performance last night, Pink shared a post on Instagram stories condemning the performers actions.
Macklemore is the same artist who has said… pic.twitter.com/0dpd0b3ibd
— End Jew Hatred (@EndJewHatred) September 7, 2026
« Une republication n’est pas une prise de position, et un mème n’est pas une conviction », a-t-elle écrit. « Les réseaux sociaux nous rendent superficiels et impulsifs, et nous en sommes tous conscients. Mais je préfère être critiquée pour ce que j’ai réellement dit plutôt que d’être détestée pour ce qu’un autre a écrit. »
Pink, de son vrai nom Alecia Beth Moore, a ensuite abordé les présomptions qui, selon elle, avaient été formulées à son sujet en raison de son identité juive.
« Je suis née juive. Je ne l’ai pas choisi, et je ne l’ai jamais caché », a-t-elle déclaré. « Et cette semaine, une foule de gens ont présumé connaître mes convictions sans me demander mon avis, sans vérifier quoi que ce soit de ce que j’ai pu dire ou faire. Un simple repost et le mot “juive” ont apparemment suffi à compléter leur tableau. »
Elle a rappelé les positions qu’elle affirme défendre depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël : « Le Hamas est une organisation terroriste. Les Palestiniens méritent un avenir qui respecte leur humanité et leurs aspirations. La protection des vies innocentes est une priorité absolue, partout, et personne ne devrait jamais se réjouir de la mort d’un enfant. Quel que soit l’enfant. »
« Je ne vais pas analyser une guerre complexe dans une légende Instagram, et je ne vais pas reprendre le slogan de quelqu’un d’autre pour regagner un abonné », a-t-elle ajouté.
« Vous n’avez pas à décider ça à notre place »
Le week-end dernier, Macklemore s’est attiré les critiques de certains spectateurs israéliens et juifs après avoir scandé « Free Palestine » lors de sa prestation en première partie d’Ed Sheeran au MetLife Stadium, et interprété son titre contestataire anti-israélien « Hind’s Hall » tandis que des images de Gaza, de soldats israéliens et des messages pro-palestiniens s’affichaient sur les écrans placés derrière lui. Sur les vidéos publiées sur les réseaux sociaux, il semble avoir repris cette même mise en scène le samedi soir suivant.
Plusieurs spectateurs israéliens ont déclaré à des médias israéliens qu’ils s’étaient sentis pris au dépourvu et choqués par ce moment du concert. L’un d’entre eux a notamment raconté que deux adolescentes juives qui étaient assises non loin de lui avaient quitté les lieux en larmes. L’Israeli-American Council a ensuite lancé une pétition exhortant Ed Sheeran et les organisateurs de la tournée « Loop Tour » à exclure Macklemore des dates restantes.
Pink a déclaré que cette prestation avait fait resurgir des souvenirs d’une précédente polémique impliquant Macklemore. Elle s’est souvenue l’avoir acclamé lors des Grammy Awards 2014, alors qu’il interprétait « Same Love » pendant que des couples se mariaient sur scène, avant d’évoquer un incident survenu plusieurs mois plus tard, au cours duquel il s’était produit coiffé d’une perruque noire, portant une barbe et un grand faux nez crochu.
Le rappeur avait alors indiqué que ce déguisement avait été composé au hasard, sans intention de se moquer des Juifs. Il s’était ensuite excusé, et avait reconnu que sa tenue pouvait être interprétée comme un cliché antisémite – chose qu’il n’avait pas anticipée.
« Mais il s’est excusé, et j’ai tourné la page, parce que c’est ce que l’on fait généralement. On passe à autre chose », a poursuivi Pink.
Reminder – Macklemore dressed up as an Orthodox Jew, wearing a massive prosthetic nose at a Seattle show.
Macklemore doesn’t care about Palestinians.
He just hates Jews. pic.twitter.com/owNKyRA81D
— StopAntisemitism (@StopAntisemites) September 7, 2026
Évoquant le concert au MetLife, Pink a ajouté : « Puis, le week-end dernier, il s’est présenté devant un stade rempli de familles venues écouter de la musique, devant des écrans diffusant des images violentes d’une guerre, il a dédié une chanson au mouvement qu’il soutient, avant de prendre le micro pour dire à tous les Juifs présents dans le stade que cela ne les concernait pas. »
Au cours de sa performance, Macklemore s’est adressé à ses « frères et sœurs juifs » en ces termes : « Critiquer Israël, critiquer l’apartheid, s’opposer au génocide ne constitue en aucun cas une attaque à votre encontre. »
« Ce n’est pas à vous d’en décider à notre place », a écrit Pink.
Pink a souligné qu’elle ne s’opposait pas au fait que Macklemore dise « Free Palestine », pas plus qu’elle ne soutenait qu’il fallait l’empêcher de s’exprimer.
« Je n’ai jamais demandé qu’un autre artiste soit réduit au silence et je ne le demande pas davantage aujourd’hui. Je ne veux pas que quelqu’un soit licencié, et je ne veux pas être remboursée », a-t-elle déclaré. « Ce que je veux, c’est pouvoir dire, en tant que mère juive : “Cela m’a fait peur, et cela a fait peur à des gens que j’aime”, sans qu’on me réponde que nos craintes ne sont que de la propagande. »
« Défendre mon peuple »
Pink s’est déjà exprimée publiquement sur son identité juive et sur ses expériences de l’antisémitisme. En décembre 2025, alors qu’elle allumait les bougies de Hanoukka avec l’actrice et militante israélienne Noa Tishby, elle s’est souvenue avoir été, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, la cible d’une insulte antisémite, « kike dyke » (youpine lesbienne). Elle a raconté que, une fois devenue célèbre, l’adresse de sa mère avait été publiée en ligne, accompagnée de menaces, parce qu’elle était juive.
À l’époque, Pink avait expliqué que sa mère s’était un jour excusée que les gens sachent qu’elle était juive. « Maman, je suis très fière de qui je suis et de ce que je suis », se souvient-elle lui avoir répondu.
Dans sa déclaration de vendredi, Pink a expliqué avoir passé une grande partie de sa carrière à prendre position en faveur de causes susceptibles de lui valoir des critiques. Elle a notamment cité son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ et sa chanson militante de 2006, « Dear Mr. President ».
« Et aujourd’hui, je défends mon propre peuple. Je pensais savoir à l’avance à quel point je me sentirais seule », a-t-elle ajouté. « Mais c’est encore plus fort que je ne le pensais. Pourtant, je continue malgré tout. »
Elle a également réagi aux commentaires de certains internautes qui utilisaient le terme « sioniste » comme une insulte ou qui prétendaient connaître son opinion sur la politique israélienne.
« Je ne pense pas que la plupart d’entre eux haïssent les Juifs », a-t-elle expliqué. « Je pense que quelqu’un leur a servi un récit selon lequel le Juif qui refuse de s’excuser d’exister doit forcément être le méchant. Depuis, ils me font dire ce que je n’ai pas dit. »
Pink a conclu en s’adressant aux Juifs, aux musulmans, aux Palestiniens et aux Israéliens qui se sentaient effrayés ou épuisés par le conflit.
« Vous n’avez pas besoin d’être d’accord avec une seule des actions du gouvernement israélien pour ne pas vouloir que la famille juive assise deux rangées plus loin que vous ait peur ou soit prise pour cible lors d’un concert », a-t-elle écrit. « C’est tout ce que je demande, à tous. »
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