Le prochain cycle de pourparlers entre Israël et le Liban reporté au mois d’octobre -responsable américain
Le président libanais confirme : il n'y aura « aucune nouvelle négociation avec Israël pour le moment » alors qu'Israël prépare ses élections et que le Hezbollah refuse de désarmer
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La prochaine série de pourparlers entre Israël et le Liban, menée sous l’égide des États-Unis, a été reportée au mois prochain, a annoncé samedi un responsable du Département d’État.
Ces pourparlers devaient initialement se tenir la semaine prochaine à Rome. Ils auront finalement lieu en octobre, a précisé ce responsable. Les ambassadeurs des deux pays se réuniront malgré tout au Département d’État pour discuter de la mise en œuvre de l’accord-cadre prévoyant le désarmement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et le retrait progressif de l’armée israélienne du Sud-Liban.
Des conflits d’agenda sont à l’origine de ce report, a expliqué un responsable israélien. Cette évolution semble toutefois laisser présager un ralentissement de la dynamique, dans le contexte des prochaines élections en Israël et du refus du Hezbollah de se conformer à l’accord.
Le président libanais Joseph Aoun a confirmé qu’« il n’y aura pas de nouvelles négociations avec Israël pour le moment », des propos rapportés par les médias locaux à l’issue d’un déplacement qu’il a effectué samedi à Nabatieh, dans le sud du Liban, en compagnie du commandant des Forces armées libanaises.
Ce report intervient aussi après qu’un responsable libanais a déclaré cette semaine au Times of Israel que les frappes « aveugles » de l’armée israélienne dans le sud du Liban compromettaient les efforts de Beyrouth pour désarmer le Hezbollah. Jérusalem a quant à elle fait valoir que les Forces armées libanaises n’étaient pas encore prêtes à assumer cette tâche.
Israël assure que ses frappes visent des membres et des infrastructures du Hezbollah, notamment des dépôts d’armes utilisés pour mener des attaques contre Israël.
Jérusalem justifie généralement les destructions commises dans certaines régions du sud du Liban par le fait que le Hezbollah aurait truffé de tunnels et autres infrastructures terroristes de nombreux villages situés le long de la frontière nord d’Israël.
Mais les déclarations du ministre de la Défense, Israel Katz, qui se vante d’avoir complètement rasé des dizaines de villages et qui menace de rester indéfiniment dans le sud du Liban, sont autant d’arguments supplémentaires pour les adversaires de la collaboration du gouvernement libanais avec Israël, selon lesquels Jérusalem nourrit des ambitions territoriales dans le pays du cèdre.
En mars, le Hezbollah a une nouvelle fois précipité le Liban dans le conflit élargi au Moyen-Orient en tirant des roquettes et en lançant des drones sur Israël, en signe de soutien à son protecteur, l’Iran, alors sous le feu d’une campagne aérienne américano-israélienne. Israël a riposté aux attaques du Hezbollah par une campagne aérienne intensive et une invasion terrestre.
Malgré le cessez-le-feu déclaré au Liban en avril, les combats se sont poursuivis, mais à un rythme moindre. Les forces israéliennes continuent d’opérer à l’intérieur d’une « zone de sécurité » autoproclamée, laquelle s’étend sur environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, le long de la frontière.
En juin, Israël et le Liban ont signé un accord-cadre dans lequel le Liban s’engageait à rétablir sa souveraineté sur son territoire grâce au « désarmement contrôlé des groupes armés non étatiques », condition préalable à un retrait progressif des forces israéliennes. Si l’État libanais, ainsi qu’Israël et les États-Unis, ont signé cet accord, le Hezbollah et ses alliés s’y opposent.
Israël a procédé au retrait de ses forces de trois zones pilotes dans lesquelles l’armée libanaise a pris position. Jérusalem a néanmoins indiqué que Tsahal ne poursuivrait pas ses retraits tant que le Hezbollah n’aurait pas été désarmé.
Jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir détruit une installation souterraine « stratégique » appartenant au Hezbollah, située sous une crête montagneuse, dans le sud du Liban.
La crête d’Ali Taher se trouve dans la zone tampon établie par Israël au Sud-Liban, près de Nabatieh. Selon l’armée israélienne, les réseaux de tunnels creusés sous Ali Taher servaient de « centre névralgique » à la division régionale Badr du groupe terroriste – une unité responsable de la zone du Sud-Liban située au nord du fleuve Litani.
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