Katz renonce aux détentions administratives des Juifs mais accroît celles des Arabes
Le ministre de la Défense s'est aussi vanté de la destruction par l'armée de 24 villages dans le sud-Liban, avec 15 000 à 20 000 logements rasés
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Mardi, le ministre de la Défense, Israel Katz, s’est vanté de ne plus signer d’ordonnances de détention administrative contre des suspects juifs, mais de l’utiliser de plus en plus à l’encontre de suspects arabes. Cette pratique permet de conserver en détention un individu sans mise en examen préalable.
Le même jour, Katz a fait part de la destruction par Israël de villages anciens du sud-Liban dans le cadre de sa guerre contre le Hezbollah, dans une tentative de séduction des Israéliens de la droite de l’échiquier politique en vue des élections nationales du 27 octobre prochain.
« J’ai annulé de ma propre initiative toutes les ordonnances de détention administrative à l’encontre des partisans du mouvement pro-implantation israélien en Judée-Samarie/Cisjordanie », a déclaré Katz lors d’un événement de campagne du Likud dans l’implantation d’Ariel en soulignant que plus d’une vingtaine d’ordonnances de ce type étaient en vigueur lorsqu’il avait pris ses fonctions de ministre de la Défense, fin 2024.
Katz est revenu sur le caractère exorbitant d’une ordonnance de détention administrative, laquelle permet aux autorités israéliennes de détenir des personnes « sans procès, sans représentation, sans information et sans droit ».
« A l’époque, je me rappelle avoir appelé le chef du Shin Bet pour lui dire qu’on en avait terminé avec ça », a-t-il déclaré sous les applaudissements. « Mais quelles sont les ordonnances de détention administrative que je signe — et y en a-t-il beaucoup ? Je signe [des ordonnances de détention administrative pour] des actes terroristes palestiniens. »
Il a ajouté qu’il avait également approuvé l’utilisation de détentions administratives contre des citoyens arabes israéliens, notamment des Bédouins du Neguev présumés impliqués dans un trafic de drones, et des habitants de Galilée présumés liés à des groupes terroristes.
« Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’activités terroristes. Pourquoi n’en ai-je pas signé contre des résidents d’implantations ? Parce que ce ne sont pas des activités terroristes », a poursuivi Katz.
Mardi toujours, Katz a annoncé avoir donné des instructions pour qu’il soit mis fin à l’application de l’ordonnance restreignant les déplacements de Tal Yinon Dardik, un résident d’implantation qui aurait dévêtu un Palestinien, attaché ses parties génitales avec des serres-câbles et qui l’aurait exhibé dans le village de Khirbet Humsa, au mois de mars dernier.
Dardik nie toute participation aux faits qui lui sont reprochés. L’ordonnance le concernant lui prohibait l’accès en Cisjordanie. Suite à son refus d’être assigné à résidence ailleurs que dans son implantation, il a été placé en détention, d’où il s’est livré à une grève de la faim pendant plus de trois semaines.
S’exprimant lors d’une conférence organisée mardi par la Quatorzième chaîne de télévision, notoirement de droite, Katz a déclaré qu’Israël avait totalement détruit 24 villages anciens du sud-Liban dont les habitants travaillaient pour le compte du Hezbollah.
« [Il s’agit de] vingt-quatre villages libanais vieux de plusieurs centaines d’années — dont les habitants chiites agissaient en ennemis [d’Israël] pour le compte du Hezbollah et menaçaient nos frontières et nos concitoyens — nous avons détruit tous les bâtiments », a déclaré Katz lors de la conférence.
« Pas une maison à la fois. Tous ces villages ont été intégralement démolis. Nous parlons de 15 000 à 20 000 logements. Ces 24 villages ont tous été détruits : Bint Jbeil, qui se trouve au-delà de cette zone [du sud-Liban], a elle aussi été détruite », a souligné Katz.
« Nous avons 700 kilomètres carrés dans le sud-Liban — depuis le littoral jusqu’au château de Beaufort et jusqu’aux contreforts du mont Hermon. Nous empêchons les infiltrations dans les villes israéliennes, nous empêchons les tirs de missiles antichars sur les villes israéliennes, et Tsahal continue d’opérer [dans le sud-Liban], en démolissant des tunnels », a-t-il ajouté.
Katz a ajouté qu’une stratégie similaire avait été employée par Tsahal à Gaza, où l’armée avait arrasé une grande partie du territoire qui était truffé de tunnels terroristes du Hamas.
« Aujourd’hui, il n’y a plus ni Shejaiya ni Jabalia. Aucun de ces terribles endroits… n’existe plus », a-t-il dit.
« Aujourd’hui, le maire de Sderot m’a dit : « Je ne vois aucune maison [quand je regarde en direction de Gaza]. Je vois le littoral » », a conclu Katz.
« Nous avons détruit Gaza. »
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