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Trump : l’Iran serait à l’origine de l’attaque menée contre l’oléoduc saoudien

Le président américain a fait remarquer que le groupe terroriste des Houthis avait demandé aux États-Unis de ne pas s'impliquer dans le conflit qui l'oppose à Ryad

Le président américain Donald Trump s’adresse au personnel de l’ambassade des États-Unis à la résidence Deerfield à Dublin, le 12 septembre 2026. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)
Le président américain Donald Trump s’adresse au personnel de l’ambassade des États-Unis à la résidence Deerfield à Dublin, le 12 septembre 2026. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)

Le président américain Donald Trump a expliqué, dans la journée de samedi, que l’Iran était probablement responsable d’une attaque aérienne qui a pris pour cible l’Arabie saoudite et qui a paralysé son oléoduc Est-Ouest – l’une des principales voies d’exportation de brut permettant au royaume de contourner le détroit d’Ormuz.

« Je pense que c’est eux, c’est probablement eux », a dit Trump aux journalistes rassemblés à Dublin alors qu’il lui était demandé si l’Iran était à l’origine de l’attaque lancée contre cet oléoduc vital.

Le président américain a également expliqué qu’il s’était entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qu’il a qualifié de « bon ami ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a attribué la responsabilité de l’attaque à plusieurs drones en provenance d’Irak qui, selon lui, « ont fait des blessés et causé des dégâts ». Dans un communiqué qui a été relayé par l’agence de presse officielle saoudienne (SPA), le royaume a fait savoir qu’il ne riposterait pas afin de donner au gouvernement irakien « l’occasion de prendre les mesures nécessaires ». Mais il a également souligné que l’Arabie saoudite « se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté, sa sécurité, ses installations » et ses habitants.

Le gouvernement irakien a condamné cette attaque, le cabinet du Premier ministre annonçant la destitution d’un commandant militaire après que des enquêtes ont confirmé que l’agression était bien provenue du territoire irakien. Deux sources irakiennes ont par la suite confié à Reuters que l’Irak avait ordonné la fermeture du poste-frontière de Shalamcheh avec l’Iran à titre de mesure de précaution, ajoutant qu’une opération de grande envergure était en cours pour traquer les auteurs de l’attaque.

Trump a ajouté que les terroristes houthis du Yémen, alliés de l’Iran, qui se sont emparés d’un corridor maritime vital qui relie l’Europe et l’Asie, ont demandé à Washington de ne pas intervenir.

A l’issue d’une offensive qui a duré une semaine, les Houthis ont pris vendredi le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge après s’être emparés de trois îles stratégiques lors d’une attaque-éclair, consolidant ainsi leur emprise sur le détroit de Bab al-Mandeb, une artère vitale pour les exportations pétrolières de l’Arabie saoudite – et ce alors même que le détroit d’Ormuz reste fermé en raison de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Des combattants houthis escortent un convoi transportant des prisonniers libérés à Mocha à travers le district de Bani Matar, en route vers Sanaa, au Yémen, le 12 septembre 2026, après la prise de contrôle par les Houthis de cette ville portuaire du sud de la mer Rouge. (Crédit: AP Photo/STR)

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, compte sur cette zone depuis que le blocus iranien du détroit d’Ormuz a coupé ses expéditions via le Golfe.

« Les Houthis nous ont appelés et ils ne veulent pas se battre contre nous », a déclaré Trump aux journalistes. « Ils ne veulent pas que nous les poursuivions ».

Il a ajouté que « tout allait s’arranger à merveille » dans la région.

Selon le média américain Axios, ben Salmane a appelé Trump à deux reprises jeudi pour demander des frappes américaines contre les Houthis – une requête qui a été refusée par le président américain.

Les Houthis ont également pris pour cible des installations pétrolières saoudiennes, cette semaine, à l’occasion d’attaques aux drones et aux missiles massives.

« Ils préféreraient de loin que nous ne nous en mêlions pas », a expliqué Trump en évoquant les Houthis. « Ils laissent passer la majorité des navires. Il n’y a qu’un seul pays avec lequel ils ne s’entendent pas très bien, et nous allons régler ce problème ».

Les forces gouvernementales yéménites, qui sont soutenues par Ryad, ont annoncé, dans la journée de samedi, qu’elles avaient frappé des combattants houthis dans la ville stratégique de Mocha, sur la mer Rouge.

Des civils yéménites font la fête à l’arrière d’une camionnette dans le district de Bani Matar, au Yémen, le 12 septembre 2026, alors qu’ils suivent un convoi transportant des prisonniers houthis libérés à Mocha et en route vers Sanaa, après la prise de contrôle par les Houthis de cette ville portuaire du sud de la mer Rouge. (Crédit: AP Photo/STR)

« Les forces armées ont détruit des véhicules et des armes et elles ont tué des membres de la milice terroriste houthie qui est soutenue par le régime iranien » aux abords du port de la ville de Mocha, a signalé l’agence de presse gouvernementale Saba.

Le porte-parole des forces gouvernementales yéménites, Majed Abdullah al-Nazili, a expliqué qu’elles avaient également attaqué les « véhicules et les membres » des Houthis sur la route reliant Mocha à Dhubab, à 11 kilomètres de la ville, selon Saba.

Nazili a annoncé, vendredi, que ses forces avaient commencé à bombarder différentes zones de Mocha, et il a appelé les citoyens à ne pas emprunter les routes reliant Taiz à Mocha et Mocha à Dhubab.

Les Houthis ont pris le contrôle de Mocha jeudi – avec une agression qui a amené de nombreuses personnes à fuir en direction d’Aden, où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Vendredi, les médias houthis ont indiqué que deux frappes saoudiennes avaient visé et endommagé l’aéroport de Mocha, tandis qu’un responsable local a noté que le port maritime de la ville avait été touché par six missiles d’origine inconnue.

L’offensive houthie qui a commencé la semaine dernière a fait plus de 500 morts, selon des sources appartenant aux deux camps. Elle a également provoqué le déplacement d’environ 46 000 personnes, a annoncé vendredi l’agence des Nations unies pour les migrations.

Elle s’est inscrite dans le cadre de la reprise des hostilités dans la guerre civile yéménite, qui avait débuté avec la prise de la capitale Sanaa par le groupe terroriste en 2014.

Dans un communiqué qui a été émis dans la journée de vendredi, les forces armées houthies se sont vantées de leurs avancées le long de la côte. Elles ont promis une « escalade contre toute escalade » dans leur conflit avec l’Arabie saoudite, tout en déclarant que « la navigation maritime est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens ».

Des combattants fidèles aux autorités houthies défilent lors d’un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, à Sanaa, le 10 septembre 2026. (Crédit: Mohammed HUWAIS/AFP)

Les marchés restent toutefois nerveux, et les experts considèrent les Houthis comme extrêmement imprévisibles. Cette semaine, les cours du brut ont de nouveau grimpé au-dessus des 100 dollars le baril – ce qui confère à Téhéran un poids supplémentaire dans d’éventuelles négociations.

Les Houthis s’en prennent aux navires saoudiens en mer Rouge depuis qu’ils ont déclaré un blocus au mois de juillet, et ils s’en prennent de la même façon aux infrastructures pétrolières installées à l’intérieur de l’Arabie saoudite. Les rebelles ont déclaré agir en réponse au blocus imposé depuis des années par le royaume sur les régions du Yémen contrôlées par les Houthis.

Le trafic maritime dans le détroit de Bab al-Mandeb avait chuté d’environ 60 % depuis que les Houthis avaient commencé à attaquer certains navires dans cette zone, à la fin de l’année 2023, et à exprimer leur solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Le trafic avait augmenté cette année, l’Arabie saoudite cherchant des alternatives au détroit d’Ormuz, mais les nouvelles menaces des Houthis ont « freiné » ces activités, selon Lloyd’s List Intelligence.

Ce qui a contraint l’Arabie saoudite à trouver une nouvelle alternative, en acheminant son pétrole vers le nord, depuis la mer Rouge jusqu’à la Méditerranée, soit via le canal de Suez, soit par un oléoduc traversant l’Égypte, un itinéraire bien plus long pour ses clients en Asie. Les Houthis ont également menacé cet itinéraire, en frappant un navire saoudien au nord de la mer Rouge, à la fin du mois d’août.

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