Malgré la crise, Eli Cohen se veut rassurant au sujet de l’eau
Au 9e jour de fermeture partielle des usines, le ministre affirme qu'Israël dispose de presque deux fois plus d'eau potable que les besoins domestiques
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Lundi, au neuvième jour de la fermeture de deux stations de dessalement et du fonctionnement limité de trois autres, le ministre de l’Énergie Eli Cohen a présenté un bilan optimiste des mesures prises par les autorités pour garantir l’alimentation en eau potable.
Cohen a déclaré lors d’une conférence de presse que l’Israélien moyen « n’avait pas manqué d’eau et n’en manquerait pas », qu’Israël avait accès à près du double de l’eau potable nécessaire à l’ensemble des foyers du pays et que les infrastructures hydrauliques « avaient fait la preuve de leur résilience ».
Six stations de dessalement fournissent près de 80 % de l’eau potable consommée en Israël.
Le 29 août dernier, cinq d’entre elles ont été mises à l’arrêt afin de protéger leurs membranes sensibles des algues qui prolifèrent. Les robinets ont ainsi été temporairement coupés pour les agriculteurs du Sud, et il a été demandé aux autorités locales de tout le pays de ne plus arroser les parcs et jardins.
Les deux stations encore à l’arrêt sont aussi les plus méridionales, situées à Ashkelon et Ashdod. Trois autres, situées un peu plus au nord, à Soreq et Palmachim, fonctionnent partiellement. La sixième, à Hadera, continue de fonctionner à plein depuis le début de la crise, et les autorités ont intensifié le pompage dans les nappes phréatiques et le lac de Tibériade pour garantir l’approvisionnement en eau.
Les membranes des usines de dessalement correspondent aux barrières semi-perméables qui filtrent l’eau.
Lundi, Cohen a admis qu’il ignorait quand les algues disparaîtraient. S’agissant de l’efficacité des produits chimiques pulvérisés par voie aérienne sur les algues depuis jeudi, le directeur de l’Autorité de l’eau, Hezi Lifschitz, a déclaré lors de cette même conférence de presse que les experts étaient divisés sur la question.
Compte tenu de l’utilisation de ces produits chimiques, le ministère de la Santé a demandé une interdiction temporaire de la pêche dans le secteur, laquelle demeure en vigueur.
Cohen a fait savoir que Mekorot, la compagnie israélienne des eaux, procédait à de nouveaux forages destinés à fournir la même quantité d’eau que deux stations de dessalement. (Selon les chiffres de l’Autorité de ce début d’année, quatre des dix forages existants ne fonctionnent plus en raison de facteurs tels que la pollution).
Cohen a expliqué que les autorités examinaient la faisabilité de mesures additionnelles pour gérer la situation, à commencer par le traitement de l’eau de mer avant qu’elle ne pénètre dans les conduites des stations de dessalement, le prolongement de ces conduites, plus loin en mer, pour contourner les algues, et l’achat de stocks de membranes de rechange.
Il a précisé que la décision de maintenir trois stations en fonctionnement partiel avait été prise pour protéger les membranes.
Le remplacement des membranes des six stations se chiffre à plusieurs dizaines de millions de shekels, a-t-il ajouté mais sans pouvoir donner de chiffres concernant le prolongement des conduites.
« L’eau que boivent les Israéliens, quelles que soient les sources, est saine, propre et purifiée », a-t-il souligné, ajoutant que la seule véritable conséquence de la présence de ces algues était l’usure plus rapide des membranes des usines.
Il a répété que les algues provenaient du delta du Nil et qu’il ignorait si les eaux usées de Gaza contribuaient à la turbidité de l’eau.
Les systèmes de traitement des eaux usées de Gaza ont été détruits lors de la guerre, ce qui fait que les eaux usées s’écoulent librement dans la Méditerranée, où les courants peuvent facilement les porter vers le nord et menacer les opérations de dessalement d’Israël.
Cohen ne s’est pas prononcé sur ce qui devrait être fait pour remettre en état le système hydraulique de l’enclave, affirmant que cela relevait de la responsabilité du ministère de la Défense.
Il a néanmoins confirmé qu’Israël continuait d’honorer l’accord prévoyant de fournir à la Jordanie 50 millions de mètres cubes d’eau par an.
Lorsqu’il lui a été demandé si les Israéliens — qui consomment plus d’eau par habitant que leurs homologues de pays riches en eau comme la Norvège — devaient prendre des précautions particulières, il a seulement répondu qu’ils devaient faire preuve de « discernement » dans leur consommation d’eau, mais adopter pour le reste un comportement habituel.
L’Institut national de recherche océanographique et limnologique continue d’analyser des échantillons d’eau de mer et enverra un nouveau navire scientifique, mercredi, effectuer de nouveaux prélèvements.
la Communauté du Times of Israël !







