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Une grande partie de la vaisselle jetable présentée comme biodégradable ne se décompose pas – étude Greenpeace Israël

Greenpeace Israël a enterré différents ustensiles pendant six mois et constaté un « greenwashing » généralisé ; l'ONG réclame un étiquetage obligatoire et une application stricte de la réglementation

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les membres de la délégation de Greenpeace figuraient parmi les représentants d'organisations de la société civile du monde entier qui ont appelé à la conclusion d'un traité mondial sur les plastiques durant la 4e session du Comité intergouvernemental de négociation (INC-4), qui s'est tenue à Ottawa, au Canada, du 23 au 29 avril 2024. (Crédit : Greenpeace)
Les membres de la délégation de Greenpeace figuraient parmi les représentants d'organisations de la société civile du monde entier qui ont appelé à la conclusion d'un traité mondial sur les plastiques durant la 4e session du Comité intergouvernemental de négociation (INC-4), qui s'est tenue à Ottawa, au Canada, du 23 au 29 avril 2024. (Crédit : Greenpeace)

Une nouvelle étude menée par Greenpeace Israël révèle que les Israéliens paient cher des couverts à usage unique étiquetés « biodégradables » ou « écologiques » – qui, en réalité, ne le sont pas.

Selon unE étude publiée au début du mois, près de 17 % de la population a déjà acheté des couverts étiquetés « biodégradables » et 37 % a l’intention de le faire. Plus de quatre personnes sur dix (41 %) déclarent conserver ces couverts à usage unique pour les fêtes à la maison. Même s’ils coûtent jusqu’à quatre fois plus cher que les couverts à usage unique classiques, ceux qui sont présentés comme biodégradables sont devenus la nouvelle norme pour recevoir dignement, note Greenpeace.

Dans le cadre d’un projet de science citoyenne inspiré par Greenpeace Thaïlande, l’ONG a acheté dix articles à usage unique, notamment des assiettes, des bols, des couverts, des pailles, du papier sulfurisé et des gobelets, fabriqués à partir de matériaux tels que la fécule de maïs, la canne à sucre et le bois. En collaboration avec des jardins communautaires de Jérusalem, Herzliya et Rehovot, ces articles ont été enfouis pendant six mois dans de la terre ordinaire et dans des tas de compost à maturation active.

La plupart des articles présentés comme biodégradables, tels que les gobelets en PLA à base de maïs ou les produits contenant des additifs d2w, ne se sont pas décomposés (et ne pouvaient d’ailleurs pas se décomposer), a déclaré Greenpeace.

Le PLA est un bioplastique d’origine végétale. Le d2w, quant à lui, est un additif chimique que l’on ajoute aux plastiques classiques pour accélérer leur dégradation.

Greenpeace a précisé que ces matériaux nécessitent des conditions contrôlées dans des installations de compostage industriel, avec une température supérieure à 60 °C et une humidité constante. Sans tri des déchets organiques ni installations industrielles en Israël, ces articles finissent dans des décharges classiques. Les matières organiques y émettent du méthane, lequel contribue au réchauffement climatique ; d’autres se décomposent en particules microplastiques toxiques.

Des articles tels qu’un gobelet en PLA de la marque italienne ILIP, une fourchette de la marque Pure vendue chez Rami Levy et une assiette de la marque Greengoods, censés être biodégradables en 90 jours, étaient encore intacts lorsqu’ils ont été déterrés, selon l’étude.

Le site web d’ILIP indique que ses produits sont « compostables industriellement ». Israël, toutefois, ne dispose pour l’heure pas des infrastructures nécessaires à leur traitement. La fourchette Pure contenait l’additif biodégradable d2w, qui a fait l’objet d’une interdiction de l’UE en raison d’une absence quasi totale de preuves de biodégradabilité en milieu ouvert, dans les décharges ou en mer.

Une assiette présentée comme biodégradable, déterrée après six mois passés dans le sol d’un jardin communautaire à Rehovot, le 7 juin 2026. (Crédit : Greenpeace Israël)

Greenpeace a cité une réponse de Greengoods, qui affirme qu’il n’existe pas en Israël d’assiettes, de bols, de tasses et de couverts 100 % biodégradables, et que les consommateurs doivent simplement les jeter dans les bacs verts destinés aux déchets ménagers.

En revanche, une fourchette en bois Eco, un bol en canne à sucre Eco Eco, un bol à sauce en bois Eco Eco et du papier sulfurisé biodégradable Sunday de Super-Pharm avaient disparu au bout de six mois. Greenpeace a cependant souligné que cette décomposition n’était pas nécessairement une bonne chose. Comme l’a démontré l’étude menée en Thaïlande, de nombreux produits se décomposent simplement en minuscules particules microplastiques toxiques qui empoisonnent les sols. Dans tous les cas, la fabrication de produits à usage unique continue de gaspiller des ressources naturelles considérables et va à l’encontre du principe de réduction à la source, a fait valoir l’ONG.

Une fourchette présentée comme biodégradable, déterrée après six mois passés dans le sol d’un jardin communautaire à Herzliya, le 1er juin 2026. (Crédit : Greenpeace Israël)

Greenpeace Israël a réclamé la mise en place d’une norme israélienne obligatoire pour l’étiquetage des produits présentés comme biodégradables ou issus de bioplastiques, assortie de mesures de contrôle effectives à destination des fabricants qui recourent à des mentions trompeuses dépourvues de tout fondement scientifique.

Quelques-uns des produits enterrés par Greenpeace Israël pour évaluer leur biodégradabilité. (Crédit : Greenpeace Israël)

Israël est l’un des leaders mondiaux en matière d’utilisation d’ustensiles jetables. Une taxe instaurée en 2022 avait entraîné une baisse de 39 % des achats. Lorsque Bezalel Smotrich a pris ses fonctions de ministre des Finances, sa première mesure a été de supprimer cette taxe, afin de satisfaire la communauté ultra-orthodoxe, de grands consommateurs de vaisselle en plastique.

En juillet 2025, l’organisation de défense de l’environnement marin Zalul et d’autres associations ont intenté un recours collectif pour greenwashing trompeur devant le tribunal de Lod contre les principaux importateurs et distributeurs de vaisselle à usage unique. En février, dans une première décision rendue dans le cadre de cette affaire encore en cours, le tribunal a ordonné à la société d’emballage et de commercialisation « Hanamal » de retirer toute mention suggérant que ses produits sont biodégradables et respectueux de l’environnement.

À l’échelle mondiale, ce sont près de 460 millions de tonnes de plastique qui sont produites chaque année, dont seulement 9 % sont recyclées. Greenpeace et d’autres organisations militent en faveur d’un traité mondial sur les plastiques qui viserait à garantir une conception durable, des produits chimiques plus sûrs, ainsi qu’une transition vers une économie circulaire basée sur la réutilisation ou le recyclage des déchets.

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