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Tsahal a frappé des sites du Hezbollah après une attaque du groupe terroriste

Une explosion en bordure de route a légèrement blessé plusieurs soldats ; la FINUL met en garde contre un vide imminent alors que les Casques bleus s'apprêtent à se retirer

Les forces israéliennes avancent en direction de Deir Mimas et atteignent un carrefour proche d'une position récemment établie par l'armée libanaise, le 18 septembre 2026. (Crédit : AFP)
Les forces israéliennes avancent en direction de Deir Mimas et atteignent un carrefour proche d'une position récemment établie par l'armée libanaise, le 18 septembre 2026. (Crédit : AFP)

Le sud du Liban a connu un regain de tensions au cours du week-end. Deux soldats de l’armée israélienne ont été blessés par une bombe posée par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah en bordure de route ; les forces israéliennes et libanaises se sont affrontées à proximité de la zone tampon établie par l’armée ; et les casques bleus de l’ONU ont quant à eux mis en garde contre les défis à venir lorsque leur force se retirera, à la fin de l’année.

Deux soldats de l’armée israélienne ont été légèrement blessés dans le sud du Liban samedi matin par un engin explosif qui avait été posé par le Hezbollah – un incident qui a déclenché des frappes israéliennes contre des sites du groupe terroriste, a indiqué l’armée.

Selon l’armée israélienne, c’est un véhicule du génie qui a été touché par une bombe placée en bord de route par le Hezbollah, dans la zone tampon établie par l’armée au Sud-Liban.

Deux soldats ont été blessés dans l’explosion. Ils ont été transportés à l’hôpital et se trouvent dans un état satisfaisant, a précisé l’armée. Leurs familles ont été informées.

Cet incident s’est produit dans un contexte de tensions accrues dans le sud du Liban. Les forces israéliennes occupent en effet une partie du territoire depuis la reprise des hostilités contre le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, en mars dernier, tandis que les interrogations se multiplient quant aux futurs dispositifs de sécurité à mettre en place dans la région.

Cette explosion s’est également produite au lendemain de l’avancée des soldats israéliens vers une position des Forces armées libanaises dans le village de Deir Mimas, au sud du pays, qui a donné lieu à un bref face-à-face entre les deux camps.

En vertu de l’accord-cadre qui a été conclu entre Israël et le Liban, les Forces armées libanaises doivent progressivement prendre le contrôle du sud du Liban, à mesure du désarmement du Hezbollah et du retrait des forces israéliennes. Cette transition s’avère toutefois lente, Israël étant déterminé à rester dans la région tant que le Hezbollah constituera une menace.

Vendredi, à Deir Mimas, deux chars israéliens ont progressé le long d’une route en direction du village, avant de s’arrêter devant une barricade de terre, au-delà de laquelle étaient stationnés des véhicules des Forces armées libanaises, a rapporté un photographe de l’AFP qui était présent sur les lieux.

Des soldats de l’armée libanaise montent la garde à un poste de contrôle situé près de la frontière avec Israël, dans le village de Mansouri, au sud du Liban, le 4 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Mohammed Zaatari)

L’armée libanaise a déclaré que les forces israéliennes s’étaient approchées d’un poste d’observation qui avait été mis en place le 10 septembre en coordination avec les observateurs du cessez-le-feu, et qu’elles avaient lancé des grenades assourdissantes « à proximité de celui-ci ».

En réponse, l’armée libanaise « a renforcé le poste, ce qui a entraîné un état d’alerte accrue entre les deux camps », a-t-elle précisé.

L’Agence nationale d’information (NNA), l’agence de presse officielle libanaise, a rapporté que les soldats israéliens avaient lancé six grenades assourdissantes. Selon l’AFP, les soldats libanais se sont repliés d’environ 100 mètres, mais ont continué à faire face aux chars israéliens.

Les Forces armées libanaises ont indiqué que les soldats israéliens avaient ensuite quitté la zone, permettant ainsi à leurs hommes de regagner leur « position principale » dans le village.

L’armée libanaise a établi des positions à Deir Mimas et ailleurs, le long de la ligne de démarcation avec la zone contrôlée par Israël. Elle est toutefois restée en dehors des hostilités entre Israël et le Hezbollah.

Le chef de la force de maintien de la paix souligne l’importance d’une transition en douceur

Samedi également, le chef de la force de maintien de la paix des Nations unies au Liban (FINUL) a déclaré qu’il était essentiel de veiller à ce que d’autres agences de l’ONU, ainsi que les forces libanaises, puissent assumer les responsabilités de la FINUL avant que celle-ci n’entame son retrait, prévu à la fin de l’année.

Le chef de mission et commandant de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), le général de division italien Diodato Abagnara, assiste à la cérémonie de passation de commandement des forces au quartier général de la FINUL, dans la ville de Naqura, au sud du Liban, le 24 juin 2025 (Crédit : MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

Le général de division italien Diodato Abagnara s’est entretenu avec Reuters depuis un poste tenu par la force de maintien de la paix des Nations unies, la FINUL, qui surveille les hostilités dans le sud du Liban depuis près de 50 ans.

Depuis le début de la guerre en mars, la FINUL assure également la sécurité des convois d’aide humanitaire destinés aux habitants d’un petit groupe de villes du sud du Liban, à majorité chrétienne, qui sont désormais encerclées par les forces israéliennes. Les habitants d’une grande partie du reste du Sud-Liban ont été déplacés par les frappes israéliennes et les ordres d’évacuation.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a ordonné à la FINUL d’entamer son retrait à la fin de l’année 2026. Une décision qui soulève des inquiétudes quant à la possibilité de poursuivre les livraisons d’aide et au mode de transfert des positions de la force aux soldats libanais.

« D’autres entités des Nations unies sont présentes ici, dans le sud du pays ; il est donc très important pour nous d’assurer une transition en douceur entre les différentes entités, ou en vue d’une future nouvelle mission », a expliqué Abagnara à Reuters.

La FINUL, a-t-il précisé, collabore déjà avec l’équipe des Nations unies dans le pays pour garantir une aide humanitaire dans les zones occupées par Israël ainsi que pour partager des informations avec l’armée libanaise concernant « les zones sensibles [et] la manière de gérer cette situation ».

Des Casques bleus finlandais patrouillent à un poste de contrôle libanais dans le village de Mansouri, au sud du Liban, le 4 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Mohammed Zaatari)

Abagnara a reconnu qu’il pourrait être « très difficile » de transférer certains postes de la FINUL aux Forces armées libanaises. En effet, plus de la moitié d’entre elles se trouvent dans des zones actuellement contrôlées par l’armée israélienne.

Des diplomates ont par ailleurs exprimé leur inquiétude quant au fait que le départ de la FINUL entraînerait la perte des « yeux et des oreilles » de l’ONU dans le sud du Liban.

Israël soutient depuis longtemps que la force d’observation a échoué dans sa mission, n’ayant guère empêché le Hezbollah de renforcer ses effectifs près de la frontière israélienne au cours des dernières décennies.

Abagnara s’est exprimé depuis une position surplombant la ville de Mansouri, dans laquelle l’armée israélienne procède à des démolitions depuis qu’elle a ordonné aux habitants d’évacuer les lieux en juin, alors même qu’un cessez-le-feu était en vigueur. Des journalistes de Reuters présents sur place ont vu des pelleteuses abattre des arbres et détruire des immeubles de plusieurs étages.

Selon Abagnara, ces démolitions constituent « une nouvelle violation » des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le Liban. L’armée israélienne a indiqué procéder à la destruction des infrastructures du Hezbollah dans tout le sud du Liban. Israël affirme que le groupe terroriste opère régulièrement depuis l’intérieur de villages proches de la frontière.

Alors que le plan soutenu par les États-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah par les Forces armées libanaises et la prise de contrôle du sud du Liban par ces dernières, est au point mort, des efforts diplomatiques sont en cours pour combler le vide que pourrait laisser le retrait de la FINUL.

Un soldat de l’armée libanaise montant la garde à un poste de contrôle après être entré dans le village de Zawtar, dans le sud du Liban, le 21 juillet 2026. (Crédit : Fadel Itani/AFP)

Le Liban a demandé une prolongation du mandat de la force. D’autres pays ont, quant à eux, évoqué la possibilité d’une nouvelle mission multinationale, dont la nature et le mandat restent toutefois à préciser.

Si, pour Abagnara, une prolongation serait « un grand honneur », sans nouvelle décision du Conseil de sécurité, la FINUL devrait toutefois cesser ses opérations à la fin de l’année.

« Cette échéance est proche », a-t-il souligné. « La présence des Nations unies dans le sud est absolument essentielle. Et selon moi, aujourd’hui plus que jamais. »

Le président français Emmanuel Macron, au centre, le roi Abdallah II de Jordanie, à gauche, et le président libanais Joseph Aoun posent avant une réunion à l’Hôtel des Invalides à Paris, le 17 septembre 2026. (Crédit : Thibault Camus/AP)

Le 2 mars, le Hezbollah a précipité le Liban dans la guerre en signe de soutien à son protecteur iranien, provoquant des frappes aériennes israéliennes massives, puis une invasion terrestre du sud du pays.

Le déploiement des Forces armées libanaises a été au cœur des discussions qui ont eu lieu jeudi entre le président libanais Joseph Aoun, son homologue français Emmanuel Macron et le roi Abdallah II de Jordanie, lesquels se sont réunis pour mobiliser la communauté internationale en faveur de ces forces, qui s’efforcent de rétablir leur contrôle sur le sud du Liban.

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