Israël ajoute un appel d’offres portant sur 2 167 logements dans la zone E1 – Ir Amim
L’appel d’offres ouvrira deux jours avant les élections ; des résidents d’implantations incendient des oliviers ; une nouvelle barrière bloque l’accès routier à un village palestinien
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Israël a ajouté un appel d’offres portant sur 2 167 logements à son projet d’extension de l’implantation E1, a déclaré une organisation israélienne de gauche de défense des droits de l’homme, faisant référence à un projet controversé près de Jérusalem qui, selon ses détracteurs comme ses partisans, compromet les perspectives d’un futur État palestinien d’un seul tenant.
Ce nouvel appel d’offres s’ajoute à un précédent portant sur 1 234 logements, annoncé fin août, ce qui porte le nombre total de logements à 3 401, a indiqué mercredi soir l’organisation de défense des droits Ir Amim dans un communiqué.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a donné son feu vert à la construction d’environ 3 400 logements dans le cadre du projet d’extension de l’implantation E1 en août 2025, affirmant que cela « dissipe quasiment toute illusion d’une solution à deux États », morcelant le territoire qui serait destiné à un État palestinien.
L’extension de la zone E1 vise à relier les zones de Jérusalem et de Maale Adumim, tout en semblant anéantir la perspective d’une continuité territoriale palestinienne entre les centres de population de Bethléem, Jérusalem-Est et Ramallah, longtemps considérés comme le fondement d’un État palestinien.
Le projet a été gelé pendant de longues années face à la farouche opposition de la communauté internationale, y compris des précédentes administrations américaines.
L’ouverture des soumissions pour ce nouvel appel d’offres est prévue le 25 octobre, deux jours avant les élections à la Knesset de 2026.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d’une conférence de presse annonçant son intention d’approuver la construction de plus de 3 000 logements dans le cadre du projet d’implantation E1 entre Jérusalem et Maale Adumim, le 14 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ir Amim a déclaré que la date de l’appel d’offres témoignait de la détermination du gouvernement à aller de l’avant avec le projet E1 et à « créer une réalité de plus en plus irréversible sur le terrain avant les élections ».
Le cabinet du Premier ministre n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a condamné jeudi ce nouvel appel d’offres, réaffirmant qu’il constituait une violation du droit international.
De nombreux États occidentaux et groupes militants se sont opposés au projet d’implantation E1, craignant qu’il ne compromette les perspectives d’un futur accord de paix avec les Palestiniens. Le Royaume-Uni, soutenu par plusieurs pays, a annoncé au début du mois des sanctions visant les implantations israéliennes en Cisjordanie, en grande partie en réponse au projet E1 et à la montée des violences commises par les résidents d’implantations.
Le gouvernement israélien actuel, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a réitéré son opposition à la solution à deux États et à la création d’un État palestinien.
La pression en faveur de l’extension du projet E1 intervient dans un contexte de vague sans précédent de violences non endiguées commises par des résidents d’implantations à l’encontre des Palestiniens, que les détracteurs accusent le gouvernement et l’armée d’ignorer, voire d’encourager.
Des habitants des implantations extrémistes se sont également livrés à une campagne de violence et de harcèlement contre les Palestiniens des communautés rurales, entraînant une dépopulation et une dépossession de dizaines d’entre eux.
Au cours des quatre dernières années, le gouvernement a construit et approuvé la construction d’un nombre sans précédent d’implantations et de logements dans les implantations en Cisjordanie. En outre, environ 200 avant-postes illégaux, dont des avant-postes agricoles, ont été construits sur ce territoire.
Jeudi, les médias palestiniens ont diffusé des images montrant plusieurs résidents d’implantations, pour la plupart masqués, lançant des pierres en direction du village de Burqa, dans la région de Ramallah.
شاهد | جانب من هجوم المستوطنين على أراضي المواطنين وإضرامهم النار فيها في بلدة برقا، شرق رام الله pic.twitter.com/7QSyGKR5Wu
— شبكة فلسطين للحوار (@paldf) September 17, 2026
Un résident d’implantation a été filmé en train de mettre le feu à une zone proche du village où sont cultivés des oliviers.
Un autre a également été vu en train de tirer au pistolet en direction du village. Aucun blessé n’a toutefois été signalé.
Ailleurs en Cisjordanie, des Palestiniens ont rapporté que, depuis deux jours, Ras al-Ahmar, une communauté palestinienne de la vallée du Jourdain abritant une quarantaine de familles, était inaccessible aux véhicules de tous côtés en raison des travaux de construction d’une barrière de sécurité qui, selon Tsahal, vise à empêcher la contrebande à la frontière jordanienne et à déjouer les attentats terroristes dans la région.
La barrière de sécurité est constituée d’une piste en terre réservée aux véhicules militaires, de tranchées et de remblais.
Thaer Basharat, un habitant de la communauté, a déclaré au Times of Israel qu’en raison des tranchées creusées autour de la zone, il n’était plus possible d’y entrer ou d’en sortir en véhicule. Il a expliqué avoir été contraint mercredi de franchir les tranchées à pied pour pouvoir quitter les lieux, alors qu’il souffre d’un handicap qui rend la marche difficile.
Selon un autre habitant, qui a souhaité rester anonyme, l’armée empêche également les habitants d’emprunter une route qui n’est pas bloquée par les tranchées, après l’avoir déclarée voie militaire réservée aux véhicules de Tsahal, alors qu’elle est habituellement empruntée par la population locale.
La construction de la barrière de sécurité, dont la longueur prévue est de 20 kilomètres, a débuté en juillet. Dans le cadre de ce projet, Tsahal a émis un arrêté d’expropriation des terrains sur lesquels la barrière est en cours de construction. Plus de 85 % des terrains expropriés en vertu de cet arrêté appartiennent à des particuliers palestiniens.
Tsahal n’a pas répondu à la demande de commentaires du Times of Israel.
Par ailleurs, jeudi, la police israélienne a déclaré qu’un Palestinien recherché, affilié au groupe terroriste Tanzim, pour l’essentiel inactif, avait été arrêté dans la nuit par les forces spéciales israéliennes dans la région de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.
La police a précisé que des agents de son unité d’élite Gideon, également connue sous le nom d’Unité 33, avaient mené un raid dans le camp de réfugiés de Balata, à la périphérie de Naplouse, et localisé l’homme recherché dans un magasin.
Les forces de l’ordre ont indiqué que cet homme, âgé de 35 ans et résidant à Kafr Qallil, était un membre actif du Tanzim et qu’il avait « accès à des armes ». Il a été identifié par les médias palestiniens comme étant Rami Shalbai.
« Dès leur entrée dans le bâtiment et l’identification de l’homme recherché, le terroriste a tenté de s’enfuir tout en opposant une résistance aux forces de l’ordre », a déclaré la police, ajoutant que les commandos lui avaient tiré dans la jambe et l’avaient placé en détention.
Il a ensuite été remis au Shin Bet pour interrogatoire, a précisé la police.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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