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Merz mis à l’épreuve dans deux élections régionales allemandes ; l’AfD et l’extrême gauche à Berlin sous les projecteurs

L'AfD a peu de chances de remporter l'une ou l'autre des élections de dimanche, mais devrait gagner du terrain dans ce nouveau défi lancé au chancelier ; Eralp, la candidate d'extrême gauche, est en tête dans la course à la mairie de Berlin

Un homme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote lors des élections régionales de Berlin, à Berlin, en Allemagne, le 20 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)
Un homme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote lors des élections régionales de Berlin, à Berlin, en Allemagne, le 20 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

BERLIN — Dimanche, en Allemagne, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à l’occasion de deux élections régionales au cours desquelles le parti d’extrême droite, l’AfD, devrait enregistrer de nouveaux gains, qui pourraient déterminer si le chancelier Friedrich Merz pourra se maintenir au pouvoir et poursuivre ses réformes au sein de la plus grande économie européenne.

Ces élections régionales se déroulent en Mecklembourg-Poméranie occidentale, une région essentiellement rurale située dans l’est du pays, autrefois communiste et moins prospère, ainsi que dans la capitale, Berlin.

La montée en puissance de l’AfD, qui dénonce la culture mémorielle de la Shoah en Allemagne et dont certains responsables politiques auraient utilisé des gestes et des slogans nazis, a alarmé la communauté juive d’Allemagne. Les dirigeants de cette communauté ont également exprimé leur inquiétude au sujet d’Elif Eralp, la candidate d’extrême gauche à la mairie de Berlin.

Ces scrutins interviennent deux semaines après que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a manqué de peu la majorité dans le petit Land oriental de Saxe-Anhalt, dans lequel elle a désormais sa meilleure chance à ce jour de former le premier gouvernement régional d’extrême droite du pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les élections régionales ne suscitent généralement pas beaucoup d’intérêt en dehors de l’Allemagne. Mais le succès de l’AfD en Saxe-Anhalt, que le parti considère comme un premier pas vers la victoire aux élections fédérales qui auront lieu en 2029, a provoqué une onde de choc à travers l’Europe.

En un peu plus d’une décennie, ce parti, qui prône des mesures sévères pour expulser les étrangers sans titre de séjour en Allemagne, rétablir les liens énergétiques avec la Russie et sortir de la zone euro, est passé du statut de mouvement eurosceptique marginal à celui de parti le plus populaire du pays.

Selon les sondages, l’AfD a peu de chances de renouveler sa victoire en Saxe-Anhalt dans l’un ou l’autre des scrutins de dimanche. Ces deux scrutins devraient toutefois souligner les progrès considérables que ce parti d’extrême-droite a réalisés ces dernières années et soulever de nouvelles questions quant à la stratégie dite du « pare-feu », en vertu de laquelle les autres grands partis refusent toute coalition avec lui.

Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD, s’exprime devant une pancarte portant l’inscription « Ça commence ici » lors d’un rassemblement électoral de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), à Magdebourg, dans l’est de l’Allemagne, le 6 septembre 2026. (Crédit : Matthias Schrader/AP)

L’autorité de Merz a été gravement mise à mal par la cuisante défaite qui a été infligée à son parti par l’AfD lors des élections du 6 septembre. Un résultat qui a choqué de nombreux Allemands convaincus que leur pays avait développé une immunité face au nationalisme et aux revendications de supériorité raciale après avoir affronté les horreurs de son histoire nazie par le biais de l’éducation et de lois interdisant les persécutions.

L’AfD devrait également enregistrer des gains importants dimanche. Elle n’a toutefois aucune chance réaliste d’accéder au pouvoir à Berlin, et doit faire face à une opposition bien plus farouche de la part du gouverneur de centre-gauche de Mecklembourg-Poméranie occidentale que celle qu’elle avait rencontrée face au parti de Merz en Saxe-Anhalt.

Pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de centre-droit de Merz, les perspectives sont encore plus sombres. Le parti pourrait perdre la mairie de Berlin au profit d’Eralp. Dans le pire des cas, il pourrait, pour la première fois, ne remporter aucun siège dans une assemblée régionale en enregistrant moins de 5 % des voix en Mecklembourg-Poméranie occidentale, région dans laquelle il était déjà affaibli.

À Berlin, un sondage a montré que le Parti de gauche (extrême gauche) devançait la CDU, menaçant ainsi la mainmise des conservateurs sur la mairie dans une campagne fortement axée sur l’accessibilité au logement. Pourtant, même dans un Berlin libéral, l’AfD a réalisé de solides progrès, se hissant à la troisième place.

Le chancelier allemand Friedrich Merz s’exprimant lors de sa visite à la base de la Bundeswehr, à Munster, en Allemagne, le 30 avril 2026. (Crédit : Markus Schreiber/AP)

Merz, 70 ans, a pris la tête du gouvernement allemand il y a 16 mois avec la promesse de redresser une économie qui n’a pratiquement pas connu de croissance depuis des années. Il n’a toutefois pas réussi à insuffler un peu d’optimisme à une population morose, et il est lui-même devenu profondément impopulaire.

Les bons résultats de l’AfD aux élections en Saxe-Anhalt ont encore affaibli la position du chancelier au niveau national. Depuis deux semaines, des voix se sont même élevées au sein de son propre parti, réclamant son remplacement à la chancellerie.

Les figures de proue de la CDU se sont – du moins pour l’instant – ralliées à lui, conscientes que le remplacement du chancelier, qui s’avérerait de toute façon complexe pour des raisons constitutionnelles, confronterait tout successeur aux mêmes problèmes économiques profonds.

Mais la lassitude à l’égard de son gouvernement a pesé sur les campagnes électorales en Mecklembourg-Poméranie occidentale comme à Berlin, où les électeurs se sont concentrés sur des enjeux tels que la flambée des coûts de l’énergie et du logement.

Anticipant apparemment une période post-électorale difficile, Merz a renoncé à se rendre à New York la semaine prochaine pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies. Et malgré les vents contraires, il a répété à plusieurs reprises être déterminé à rester en poste et à mener à bien son mandat de chancelier.

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