Un député arabe soutient le remplacement du président de la Knesset après les élections
Selon Ahmad Tibi, la Liste arabe unie soutiendra le remplacement d'Ohana pour permettre à l'opposition de contrôler l'ordre du jour parlementaire, et « fera bien plus » que proposer un rival de Netanyahu comme Premier ministre
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Un haut responsable de la Liste arabe unie a déclaré samedi que cette alliance politique était prête à collaborer avec le bloc sioniste opposé au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le but de remplacer le président de la Knesset dès la prestation de serment du prochain parlement, à l’issue des élections du mois prochain, et ce même si aucun accord n’était trouvé sur la formation d’une nouvelle coalition pour remplacer le Premier ministre.
Le député Ahmad Tibi, président du parti Taal et numéro deux de la Liste arabe unie – issue d’une fusion avec les partis Hadash et Balad -, a également indiqué lors d’une interview accordée à la chaîne N12 que l’alliance était disposée à aller plus loin que le simple soutien à un rival de Netanyahu au poste de Premier ministre, sans donner toutefois plus de détails. Cette déclaration intervient alors que l’on évoque la possibilité d’un gouvernement minoritaire bénéficiant du soutien extérieur des partis arabes.
« Plusieurs scénarios sont envisageables, de nombreuses mesures pourraient être prises immédiatement après les élections qui seraient susceptibles de faire évoluer la situation », a affirmé Tibi, interrogé sur ce qui se passerait si le scénario le plus probable selon les sondages – à savoir une impasse sans majorité ni pour le bloc de Netanyahu ni pour le bloc sioniste qui s’oppose à lui – venait à se concrétiser après le scrutin du 27 octobre.
Les principaux partis d’opposition ont annoncé qu’ils ne souhaitaient pas siéger aux côtés de partis arabes au sein d’une future coalition. La Liste arabe unie, ou ses partis membres, n’ont quant à eux jamais fait partie d’une coalition au pouvoir – contrairement au parti rival Raam. Mais la Liste arabe unie entend toujours empêcher Netanyahu de former la prochaine coalition.
« Savez-vous ce que signifie l’élection d’un président de la Knesset immédiatement après les élections ? », a poursuivi Tibi. « C’est la fin de partie. Cela revient à prendre le contrôle total de la Knesset. »
L’actuel président de la Knesset est Amir Ohana, membre du Likud, le parti de Netanyahu. Changer de président avant la formation d’un gouvernement permettrait aux partis d’opposition de contrôler l’ordre du jour parlementaire.
« Pensez-vous réellement que nous voterons pour Amir Ohana, qui a transformé la Knesset en un cirque kahaniste ? Nous soutiendrons plutôt son rival à la présidence de la Knesset », a déclaré Tibi.
Lorsqu’on lui a demandé s’il recommanderait au président, après les élections, un candidat de l’opposition au poste de Premier ministre, Tibi a répondu : « Nous ferons, je pense, bien plus que cela. » – sans toutefois préciser ce qu’il entendait exactement par là.
Dans le système parlementaire israélien, pour devenir Premier ministre, il faut disposer d’une coalition d’au moins 61 députés sur les 120 que compte la Knesset. Après les élections, chaque parti rencontre le président et lui indique le nom de la personne que chacun de ses membres recommande au poste de Premier ministre. Sur cette base, le président charge alors un député de former une coalition majoritaire. Historiquement, les partis arabes israéliens évitent généralement de recommander au président des politiciens sionistes au poste de Premier ministre.
Tibi a néanmoins rappelé que la Liste arabe unie avait, en 2019 et 2020, recommandé Benny Gantz, qui était alors candidat de l’opposition, au poste de Premier ministre. Mais Gantz avait finalement choisi de rejoindre un gouvernement d’union nationale avec Netanyahu plutôt que de former un gouvernement sur la base de cette recommandation.
Gadi Eisenkot, qui s’est imposé comme le principal rival de Netanyahu pour le poste de Premier ministre, aurait envisagé la possibilité de former un gouvernement minoritaire comptant moins de 61 députés, mais soutenu par les partis arabes. Une option que tous les membres de l’opposition sioniste pourraient ne pas soutenir, ce qui rendrait une telle coalition affaiblie et fragile.
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