« NAZA » : un haut responsable de Tsahal promet de répondre aux « fausses accusations » par les faits
Le Syndicat des journalistes israéliens se dit "choqué" par les menaces de violence visant les réalisateurs du documentaire ; Miki Zohar demande au Shin Bet d'enquêter sur la manière dont des documents confidentiels leur sont parvenus
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Le chef du Commandement du Sud de l’armée israélienne a déclaré mardi, dans des propos visant le documentaire « NAZA » : « Face à de fausses allégations, nous présenterons les faits. »
« Tout au long de cette guerre, nous tenons à… faire la distinction entre l’ennemi et les personnes qui ne sont pas impliquées, à frapper l’ennemi, à le neutraliser, tout en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour minimiser les dommages causés à ceux qui ne sont pas impliqués », a déclaré le général de division Yaniv Asor lors d’un événement organisé à l’occasion de Rosh HaShana au Conseil régional d’Eshkol, à la frontière avec Gaza.
« Le Hamas, en revanche, utilise cyniquement les civils comme boucliers humains et comme couverture, tirant profit du fait qu’ils soient blessés, mais aussi du fait que nous nous abstenions de leur faire du mal, à eux et à ses membres », a-t-il déclaré lors de cet événement marquant le Nouvel an juif.
Le film de 80 minutes réalisé par les Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, dont le titre est un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux », affirme que les frappes israéliennes menées à l’aide de l’intelligence artificielle dans la bande de Gaza ont entraîné la mort de civils. Il comprendrait les témoignages de 24 soldats des services de renseignement israéliens ayant souhaité garder l’anonymat.
Asor a déclaré : « Face à de fausses allégations, nous présenterons les faits. Aux questions difficiles, nous répondrons honnêtement. Et lorsqu’une défaillance sera mise au jour parmi nous, nous l’examinerons, en tirerons les leçons et la corrigerons. »
Jusqu’à présent, l’armée n’a réagi qu’aux extraits du film diffusés en ligne et n’a pas encore visionné le documentaire dans son intégralité. Tsahal a déclaré « rejeter catégoriquement » les allégations formulées dans le documentaire et a critiqué le recours à des témoignages anonymes.
Le Syndicat des journalistes d’Israël a condamné les menaces de violence proférées à l’encontre d’Abraham et de Szor.
Le film n’ayant pas fait l’objet d’une large diffusion, peu d’Israéliens l’ont vu, mais il a remporté un prix au Festival du film de Venise en début de semaine. Par la suite, le ministre de la Culture, Miki Zohar, a demandé que leur nationalité leur soit retirée. Tsahal a évoqué la possibilité d’engager des poursuites judiciaires à leur encontre et ils ont fait l’objet d’un tollé général en Israël, avec notamment des accusations de trahison.
L’armée israélienne a réfuté les allégations formulées dans les supports promotionnels du film et a demandé à ce qu’il lui soit projeté dans son intégralité.
Dans son communiqué, le Syndicat des journalistes a déclaré que la liberté d’expression était essentielle au bon fonctionnement de la démocratie.
« Le Syndicat des journalistes se joint aux organisations culturelles pour exprimer son effarement face aux réactions violentes et aux menaces auxquelles sont confrontés les créateurs du film ‘NAZA’ », indique le communiqué.
« La liberté d’expression a notamment pour but de permettre la discussion d’opinions, de positions et de déclarations qui remettent en question le discours dominant et diverses institutions. »
Il poursuit : « Sans liberté d’expression, il n’y a pas de démocratie, et sans démocratie, l’État d’Israël ne survivra pas. »
Lors d’une interview lundi soir sur la Treizième chaîne, Abraham a défendu le documentaire en tant qu’œuvre journalistique et a affirmé que ses affirmations avaient été vérifiées. Il a également fait part de ses craintes quant à la possibilité de retourner en Israël.
Le communiqué du Syndicat des journalistes intervient au lendemain d’une fresque murale réalisée à Ashdod par un graffeur qui qualifiait Abraham et Szor de « traîtres ».
Après avoir déclaré qu’il chercherait à révoquer la nationalité des réalisateurs à l’origine du film controversé NAZA, Zohar a désormais demandé à David Zini, responsable de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, d’enquêter sur la manière dont divers documents sont parvenus à Abraham et Szor.
Dans une lettre adressée à Zini, Zohar demande au Shin Bet d’enquêter pour déterminer s’il y a eu utilisation illégale d’informations sensibles ou secrètes.
« Lorsque des sources anonymes sont utilisées pour diffuser des allégations graves et mensongères contre l’État d’Israël et Tsahal en temps de guerre, il est impératif d’établir qui se cache derrière elles », a écrit Zohar.
« J’ai demandé au chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet d’enquêter sur la provenance de ces documents, sur l’identité de leur fournisseur et sur l’éventuelle implication d’éléments ennemis. »
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