Tsahal rejette les témoignages d’un documentaire israélien évoquant des meurtres commis à l’aide de l’IA à Gaza
L'armée réfute les allégations formulées dans « NAZA » ; la sélection et la validation des frappes sur Gaza sont réalisées « exclusivement par du personnel humain… et non par l'IA », dit-elle
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L’armée israélienne a déclaré vendredi qu’elle « rejetait catégoriquement » les allégations formulées dans un nouveau documentaire réalisé par des cinéastes israéliens au sujet de meurtres de masse de civils perpétrés à l’aide de l’intelligence artificielle par Israël à Gaza – un documentaire qui avait été accueilli par une ovation de 25 minutes lors de sa première à Venise, la veille.
Le film « NAZA » s’appuie sur des entretiens menés auprès de 24 lanceurs d’alerte issus de l’armée ou des services de renseignement israéliens, qui se sont exprimés après avoir obtenu la garantie que leur identité serait préservée. Les personnes interrogées évoquent leur impression d’avoir travaillé dans une « usine » à tuer ou d’avoir participé à un jeu vidéo meurtrier.
Ce documentaire de 80 minutes a été réalisé par les cinéastes israéliens oscarisés Yuval Abraham et Rachel Szor. Yuval Abraham a déclaré à l’AFP que leur objectif était « d’entendre, avec le plus de détails possible, à quoi ressemblaient les mécanismes de mise à mort à Gaza, comment ils fonctionnaient ».
Le titre « NAZA » est inspiré d’un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux ».
Vendredi, l’armée israélienne a condamné l’utilisation de témoignages anonymes dans le film. Elle a fait valoir que l’identité des lanceurs d’alerte « était impossible à vérifier », notamment quant à savoir s’ils avaient réellement servi dans l’armée, et à quel titre.
« Les extraits cités contiennent des affirmations concernant la stratégie nationale et militaire qui dépassent clairement les connaissances de soldats de rang subalterne », a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Les hommes et les femmes présentés dans le documentaire « NAZA » s’expriment de nuit sur les toits de Tel Aviv avec des voix et des visages modifiés numériquement. Ils décrivent en détail un système alimenté par l’IA, connu sous le nom de « Lavender », qui aurait été utilisé pour identifier les cibles.
« Lavender » utiliserait, selon certaines sources, des données issues de la surveillance de masse exercée sur Gaza, où l’ensemble du réseau de télécommunications est contrôlé par Israël, pour identifier des cibles, notamment à partir de leurs appels téléphoniques, de leurs déplacements et de leurs interactions.
Les personnes interrogées décrivent la destruction systématique de logements civils, le mépris des lois de la guerre et du droit humanitaire, ainsi qu’un « climat général » de « haine » envers les Palestiniens.
« Cela ressemble à un jeu vidéo. Tout se fait à distance », explique l’une des personnes interrogées, spécialisée dans l’identification des cibles.
Un autre parle d’une expérience « follement amusante ».
L’armée israélienne, pour sa part, a catégoriquement rejeté cette description de l’utilisation des systèmes. Selon elle, les décisions concernant la sélection et la validation des frappes sont prises « exclusivement par du personnel humain… et non par l’intelligence artificielle ».
L’armée israélienne a déclaré qu’elle ciblait « les organisations terroristes, au premier rang desquelles le groupe palestinien du Hamas, dans le respect du droit international et du droit des conflits armés ». Elle a ajouté déployer « des efforts sans précédent pour minimiser les dommages causés aux civils ».
Elle a démenti les reportages passés d’Abraham sur le sujet, les jugeant dépourvus de « compréhension militaire fondamentale ».
Bennett : un mensonge propagé par des cinéastes israéliens à travers le monde
Vendredi également, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a dénoncé ce documentaire, une « accusation de meurtre rituel » à l’encontre d’Israël.
« Ce qui rend cela particulièrement douloureux et révoltant, c’est que ce mensonge émane de cinéastes israéliens, et qu’il est désormais diffusé dans le monde entier », a déclaré Bennett sur le réseau social X au lendemain de la première.
« Si Israël avait voulu faire du mal à la population de Gaza, nous n’aurions pas envoyé nos fils et nos filles se battre de maison en maison, à travers les ruelles et les tunnels, au prix terrible de la mort et des blessures de nos propres soldats », a-t-il fait valoir. « La guerre à Gaza est terrible. La mort de chaque enfant est une tragédie. Mais une guerre terrible n’est pas un génocide. »
Yesterday, a film accusing Israel of genocide premiered.
It’s a horrific blood libel against our sons and daughters. What makes it especially painful and infuriating is that this lie comes from Israeli filmmakers and is now being spread around the world.
Let’s get the facts…
— Naftali Bennett נפתלי בנט (@naftalibennett) September 11, 2026
Israël a déclenché la guerre à Gaza après que le groupe terroriste palestinien du Hamas a envahi le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 autres personnes en otage à Gaza.
Plus de 73 000 Palestiniens ont été tués au cours de cette guerre, selon les chiffres du Hamas – un bilan qui ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés.
Israël a déclaré chercher à éviter de tuer des civils lors de ses opérations à Gaza. Il a accusé le Hamas d’avoir dissimulé ses membres et ses infrastructures armées au sein de la population civile, notamment dans des hôpitaux, des écoles, des camps de réfugiés et des mosquées.
Jeudi, Abraham et Szor ont reçu une standing ovation record lors du 83e Festival du film de Venise, dépassant celle de 23 minutes qu’avait reçu, l’année dernière, le docu-fiction « The Voice of Hind Rajab », lauréat du prix du meilleur film de Venise, qui retrace le meurtre d’une fillette de 6 ans, de sa famille et des secouristes venus tenter de les aider à Gaza, en janvier 2024.
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