Le DIPI interroge un policier ayant abattu un Arabe à l’issue d’une course-poursuite
L’avocat invoque la légitime défense, alors que la victime aurait été désarmée ; de plus, un ex-policier est condamné à une forte amende pour avoir détourné l’argent d’un travailleur étranger
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Le Département des enquêtes internes de la police (DIPI) a interrogé un agent de la police des frontières qui a abattu un Arabe après une course-poursuite en voiture, jeudi, à Umm al-Fahm.
À l’issue de l’interrogatoire, l’agent a été remis en liberté sous assignation à résidence pour cinq jours et il s’est vu interdire l’accès aux commissariats pendant deux semaines. Il doit également rester à l’écart de cette ville arabe du nord pendant 30 jours.
Jeudi matin, la police a déclaré que des agents avaient pris en chasse un « véhicule suspect » sur la Route 65, après que le conducteur a refusé d’obtempérer à leurs ordres de s’arrêter.
La poursuite s’est achevée à Umm al-Fahm. Selon la police, une fois les voitures immobilisées, alors qu’un agent s’approchait à pied, le conducteur s’est jeté sur lui, et l’agent a ouvert le feu.
Le conducteur, identifié comme étant Alaa Mahameed, âgé de 38 ans, a été déclaré mort peu après. La municipalité d’Umm al-Fahm a condamné cet incident mortel et a demandé la mise en place d’une commission indépendante chargée de mener l’enquête.
Selon l’enquête menée par le DIPI, un organisme du ministère de la Justice chargé d’enquêter sur la police – une information qui a été rapportée par Haaretz – Mahameed n’était pas armé au moment où il a été tué.
♦️ תיעוד הירי על הצעיר, עלאא מחמיד, מאום אל-פחם, על ידי אנשי משמר הגבול. המשטרה טענה כי הירי התרחש לאחר שנרדף בכביש 65 ותקף את אחד משוטריה במהלך ניסיון מעצר.
משפחת המנוח: "הריגה ללא משפט"…
לעומת זאת, משפחה ועדי ראייה מקומיים אישרו כי הירי היה ללא כל הצדקה. pic.twitter.com/hsBbhtvnJn
— Asslan Khalil (@KhalilAsslan) September 17, 2026
L’incident a été filmé par une caméra de surveillance. Des sources décrites comme proches de l’agent ont déclaré à Haaretz que l’incident avait également été enregistré par sa caméra corporelle.
Yousef Jabareen, chef de la Liste arabe unie, a déclaré lors d’une visite de condoléances à la famille que les images de la caméra de surveillance « contredisent la version de la police » et que des témoins ont affirmé à la famille « qu’Alaa ne représentait pas une menace pour les policiers et qu’il aurait pu être immobilisé sans qu’on lui tire dessus ».
Jabareen a attribué ce meurtre à l’incitation à la haine anti-arabe du gouvernement et il a déclaré que le policier devait être « suspendu immédiatement. Il a réclamé une « enquête indépendante, transparente et sérieuse ».
L’avocat du policier, Me Moti Azulay, a déclaré au journal Haaretz que « l’incident tout entier n’avait duré que quelques secondes » et que le policier « avait perçu une menace réelle et immédiate pour sa vie ».
Le policier, qui « regrette la tournure tragique qu’a prise l’incident », a agi en légitime défense et n’avait « aucune autre option réaliste », a ajouté Me Azulay.
Un ancien policier condamné à payer pour le vol d’argent liquide appartenant à des travailleurs étrangers
Jeudi également, le tribunal de première instance de Tel Aviv a condamné un ancien policier à verser 354 000 shekels de dommages-intérêts, ainsi que des intérêts et des frais de justice, après l’avoir reconnu coupable d’avoir volé de l’argent liquide appartenant à des travailleurs étrangers.
L’ancien policier, Nazia Saab, était agent de quartier à Tel Aviv en 2018 lorsqu’il a appris que Hobi Prashad Bhusal, un travailleur étranger de la région, gérait une banque informelle pour sa communauté, principalement pour des personnes originaires d’Inde et du Népal, selon la presse israélienne. Certains travailleurs étrangers ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire israélien en raison de leur statut juridique.
Saab a alors procédé à une perquisition au domicile de Bhusal, où il a découvert 319 000 shekels et 18 000 dollars en espèces, dont il a prélevé une partie. L’agent était en uniforme et a, à un moment donné, il a dégainé son arme, selon la presse israélienne – mais il ne disposait d’aucun mandat.
Saab avait déjà été reconnu coupable d’abus de pouvoir dans le cadre de cette affaire, à l’issue d’un procès pénal, et condamné à des travaux d’intérêt général.
Depuis, Bhusal a été expulsé d’Israël et il a perdu ses moyens de subsistance au cours de la procédure judiciaire, selon ses avocats. Ceux-ci ont déclaré que la décision rendue jeudi constituait « une première étape cruciale vers la justice », mais que la lutte était loin d’être terminée, affirmant que la responsabilité en incombait également à l’État lui-même et non pas seulement à Saab en tant qu’individu.
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