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Eisenkot accuse Bennett et Liberman de compromettre les chances de l’opposition

Yisrael Beytenu a riposté après que le chef de Yashar a reproché aux deux dirigeants de refuser de s’engager à soutenir le numéro un du plus grand parti au poste de Premier ministre

De gauche à droite : Gadi Eisenkot, député de l’Union nationale, à la Knesset le 24 mars 2025 ; Avigdor Liberman, président d’Yisrael Beytenu, à la Knesset le 19 mai 2025 ; l’ancien Premier ministre Naftali Bennett se rend au Mur des Lamentations dans la vieille ville de Jérusalem à l’occasion de la Journée de Jérusalem, le 26 mai 2025. (Crédit: : Yonatan Sindel/Flash90)
De gauche à droite : Gadi Eisenkot, député de l’Union nationale, à la Knesset le 24 mars 2025 ; Avigdor Liberman, président d’Yisrael Beytenu, à la Knesset le 19 mai 2025 ; l’ancien Premier ministre Naftali Bennett se rend au Mur des Lamentations dans la vieille ville de Jérusalem à l’occasion de la Journée de Jérusalem, le 26 mai 2025. (Crédit: : Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a vivement critiqué ses homologues de l’opposition, Naftali Bennett et Avigdor Liberman, les accusant de se livrer à de la « vieille politique politicienne » et de nuire aux chances du bloc anti-Netanyahu de remporter les élections qui auront lieu le 27 octobre.

S’exprimant au micro de la station de radio Reshet Bet de Kan, Eisenkot a affirmé que Bennett et Liberman commettaient une erreur en refusant de s’engager sur des principes qui permettraient de choisir la personnalité la plus à même de prendre la tête d’un futur gouvernement formé par les quatre principaux partis sionistes d’opposition.

« Ils compromettent nos chances de victoire », a estimé Eisenkot.

Yashar est actuellement en tête au sein du bloc de l’opposition. La formation politique se classe régulièrement en tête des sondages en tant que plus grand parti et devance largement Beyahad, la faction dirigée par Bennett, et Yisrael Beytenu, celle de Liberman. Eisenkot a fait valoir que le chef du plus grand parti du bloc devrait être son candidat au poste de Premier ministre, tandis que Bennett et Liberman ne se sont pas engagés à lui apporter son soutien.

« Ceux qui, forts de seulement huit sièges, comptent devenir Premier ministre n’ont pas compris ce qui s’est passé dans l’État d’Israël », a dit Eisenkot, des propos qui ont semblé s’adresser directement aux deux hommes. Bennett était devenu Premier ministre en 2021 même si sa faction n’avait remporté que six sièges lors des élections qui avaient eu lieu cette année-là.

Liberman recueille actuellement entre 7 et 9 sièges dans les sondages.

« Cette vieille politique politicienne qui consiste à recourir aux manigances pour établir qui sera Premier ministre — c’est quelque chose d’inacceptable aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, assistant à la présentation de la liste des candidats de son parti en vue des prochaines élections législatives à Rosh HaAyin, le 7 septembre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Yisrael Beytenu a riposté en affirmant : « Avigdor Liberman n’a pas d’ego et il a de l’expérience ». La formation politique a répété que sa priorité était de maximiser le nombre de sièges susceptibles d’être remportés par le bloc dans son ensemble.

Le parti a fait savoir qu’il s’engageait à former un gouvernement sans le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sans les partis arabes et sans les partis ultra-orthodoxes. Il a mis Gadi Eisenkot au défi de préciser qui seraient ses propres partenaires de coalition potentiels.

« Gadi Eisenkot ferait bien d’indiquer clairement au public qui seront ses partenaires au lendemain des élections », a-t-il indiqué.

Eisenkot a fait des avances au parti haredi Shas et son numéro deux, Yoram Cohen. Il a rappelé, au début de la semaine, qu’il pourrait bien s’allier à un Likud débarrassé de Netanyahu, ainsi qu’à Hatzionout HaDatit, la faction d’extrême-droite de Bezalel Smotrich.

Le chef de HaDemocratim, Yair Golan, a exhorté les autres chefs de l’opposition à mettre un terme aux querelles internes.

« Vous savez que nous recommanderons tous le même candidat au poste de Premier ministre », a-t-il écrit sur X, ajoutant avec ironie : « Je me suis déjà mis en retrait ; c’est maintenant à votre tour ».

Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates et ancien chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne, s’exprimant lors d’un meeting de campagne électorale à Netanya, en Israël, le 27 août 2026. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Eisenkot s’en est également pris, dans la journée de jeudi, au chef du parti « Amkha Yisrael », Ofer Winter, qui a annoncé qu’il pourrait rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu, mais qui a également fait campagne en faveur de la nécessité de placer un nouveau gouvernement à la tête du pays. Il s’est aussi opposé aux exemptions généralisées de service militaire qui sont accordées aux ultra-orthodoxes.

Dans plusieurs interviews, Eisenkot a dit qu’après le 7-Octobre, Winter – qui s’est présenté comme plus va-t-en-guerre que lui-même – avait mis en garde les dirigeants politiques et militaires contre le risque de pertes massives du côté israélien si Tsahal devait lancer une offensive terrestre à Gaza, alors qu’Eisenkot avait exercé des pressions en faveur d’une intervention de l’armée israélienne.

Le chef de Yashar a déclaré à Kan qu’après avoir rejoint le cabinet de guerre, dans le sillage du pogrom commis par le Hamas, il lui avait été confié que Winter et le général à la retraite Yitzhak Brik avaient mis en garde Netanyahu contre une opération terrestre à Gaza qui, selon les deux hommes, était susceptible de coûter la vie à des milliers d’Israéliens.

Eisenkot a déclaré à Ynet qu’un haut responsable militaire l’avait également informé à l’époque que Winter allait voir les commandants de brigade de l’armée israélienne et qu’il « les effrayait » en leur présentant des prévisions qui faisaient état de centaines, voire de milliers de victimes possibles. Il a ajouté qu’en revanche, lui-même avait affirmé à Netanyahu à l’époque : « J’ai confiance dans les soldats de Tsahal. Rien ne peut résister à une équipe de combat de l’armée israélienne. Si nous ne menons pas d’opération [à Gaza] et si nous ne faisons pas la conquête de la bande, nous n’aurons aucun avenir dans cette région. »

Ofer Winter, chef du parti Amkha Yisrael, s’exprime lors d’un événement du parti à Rishon Lezion, le 15 septembre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de Yashar, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, a également rejeté des allégations qui ont laissé entendre qu’il avait bloqué l’avancement de Winter au sein de l’armée, soulignant qu’il l’avait promu au grade de général de brigade. Eisenkot a expliqué qu’après que Winter est devenu le secrétaire militaire de l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman et que ce dernier a démissionné, il avait inscrit le nom de Winter sur la liste des candidats au poste de secrétaire militaire du Premier ministre, notant que Netanyahu avait refusé en lui demandant de « garder Winter à Tel Aviv ».

Eisenkot a indiqué que, selon lui, il y avait « de très nombreuses contradictions » dans les positionnements adoptés par Winter.

« A quel camp appartient-il ? A celui des réfractaires au service militaire ? Il se range du côté de ceux qui fuient leurs responsabilités et qui ne veulent pas d’une commission d’enquête, tout en entretenant des contacts étroits avec Liberman », a dit Eisenkot, ajoutant qu’il trouvait « difficile de comprendre la voie choisie » par le nouveau-venu sur la scène politique israélienne.

Le lancement du nouveau parti Amkha Yisrael (« Ton peuple, Israël ») », dirigé par Ofer Winter (au centre), à Jérusalem, le 25 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le parti « Amkha Yisrael » a riposté dans un communiqué, affirmant que « l’état-major que Gadi Eisenkot avait mis en place en tant que chef d’état-major de l’armée israélienne a été celui qui a pris la tête de l’armée, le 7-Octobre, avec une conception désastreuse de l’ennemi et une approche fondamentalement erronée de ce que devait être la protection des soldats de Tsahal ».

Le communiqué a fait valoir que que Winter « s’est battu de toutes ses forces pour que des raids ne soient pas menés, les uns après les autres, conseillant plutôt de repousser la population de Gaza vers le sud et d’imposer un siège intelligent – permettant ainsi aux militaires israéliens de déployer toute leur puissance, de protéger nos soldats et de remporter une victoire totale ».

« Après plus de 1 000 jours de guerre, il a été établi de manière claire et absolue que Winter avait raison et que Gadi avait tort », a-t-il poursuivi.

Ces critiques qui ont été lancées dans la journée de jeudi ont suivi un sondage commandité par la Treizième chaîne, qui a indiqué que Netanyahu et ses alliés formeraient le bloc le plus important si les élections avaient lieu aujourd’hui – en rupture avec les enquêtes d’opinion qui ont systématiquement montré que le bloc anti-Netanyahu devançait la coalition actuelle.

Aucun sondage n’a encore montré une majorité claire se dégager pour l’un ou l’autre camp, en partant du principe que les partis arabes ne rejoindront aucun gouvernement.

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