F-35 aux Saoudiens : le renseignement américain réitère sa mise en garde sur le risque chinois – média
Le New York Times fait état d’une nouvelle note préconisant d’interdire au personnel chinois l’accès aux bases saoudiennes abritant des avions de chasse de pointe
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Des analystes des services de renseignement américains ont averti que si Washington autorisait l’Arabie saoudite à acheter des avions de chasse F-35, des technologies sensibles pourraient se retrouver entre les mains de la Chine, a rapporté mercredi le New York Times.
Un rapport du Pentagone, publié il y a quelques mois, soulignait que l’Arabie saoudite utilise des technologies chinoises dans ses infrastructures de télécommunications et soulevait la question de l’accès de la Chine aux bases militaires saoudiennes, selon le quotidien, qui cite un responsable américain.
Ce rapport a circulé au Congrès et parmi les responsables de l’administration du président américain Donald Trump, précise l’article. Il faisait suite à un rapport plus général publié à l’automne 2025.
Selon le New York Times, le dernier rapport en date insiste pour que l’accès à tout site abritant la technologie du F-35 soit réservé aux seuls officiers et sous-traitants américains et saoudiens, malgré la coopération générale de Ryad avec Pékin en matière de sécurité. Les responsables s’inquiètent particulièrement de la technologie radar et de surveillance des avions de chasse, précise l’article.
Le Département d’État américain, le Pentagone et l’ambassade d’Arabie saoudite aux États-Unis ont refusé de commenter, tandis que la Maison Blanche et l’ambassade de Chine n’ont pas répondu aux questions du New York Times, a indiqué le journal.
L’an dernier, avant la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Trump avait déclaré que les États-Unis vendraient jusqu’à 48 de ces avions de chasse, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, à Ryad, dans le cadre d’un accord plus large qui prévoyait également que cet émirat du Golfe soit désigné comme allié majeur non membre de l’OTAN et signe un accord nucléaire civil distinct avec Washington.
Le F-35, doté d’une technologie furtive lui permettant d’échapper à la détection ennemie, est considéré comme l’avion de chasse le plus avancé au monde.
À l’heure actuelle, Israël est le seul pays du Moyen-Orient à disposer de F-35 : il exploite 48 de ces appareils et en a commandé 52 autres. La vente prévue aux Saoudiens a ravivé les craintes au sein de l’establishment de la défense israélien quant à la fragilité de son avantage militaire qualitatif, que les États-Unis se sont engagés à préserver.
En 2020, Israël avait approuvé la vente d’un avion de chasse par les États-Unis aux Émirats arabes unis, une décision largement considérée comme liée à la normalisation des relations entre les Émirats et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham. La vente a toutefois échoué un an plus tard, les Émiratis s’étant opposés à ce qu’ils qualifiaient de conditions américaines excessives liées à l’accord.
Beaucoup pensaient que les États-Unis utiliseraient leur accord de vente d’avions de combat et d’autres équipements de défense de pointe à Ryad de la même manière afin de négocier un accord permettant à Jérusalem et à l’Arabie saoudite d’établir des relations diplomatiques. Cependant, l’annonce de Trump est intervenue alors que la normalisation était encore largement en suspens.
Le président américain a subordonné la conclusion d’un accord distinct relatif à un programme nucléaire civil à la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël.
Par le passé, Washington a gelé des ventes de F-35 en raison du resserrement des liens d’un partenaire avec des puissances rivales, comme en 2019, lorsqu’il a exclu la Turquie du programme F-35 à la suite de son acquisition du système de défense aérienne russe S-400.
Malgré les pressions incessantes d’Ankara pour réintégrer le programme et les indications de Trump selon lesquelles il serait enclin à lui vendre ces avions de chasse, les États-Unis ont jusqu’à présent maintenu leur refus, affirmant que la Turquie ne remplit pas les conditions légales requises pour le programme tant qu’elle possède le système russe. Israël, pour sa part, est également resté fermement opposé à ce que la Turquie reçoive ces avions de chasse.
Stav Levaton a contribué à cet article.
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