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Trump: L’accord sur le nucléaire civil avec Ryad est subordonné à la normalisation des relations avec Israël

Le cabinet du Premier ministre a attribué à la guerre contre l’Iran le mérite d’avoir créé un climat propice à cet accord ; une source saoudienne rétorque : "Les tweets ne remettent pas en cause les accords signés"

Le président américain Donald Trump se dirige vers la limousine présidentielle, surnommée "The Beast", après son arrivée à bord d’Air Force One à la base aérienne de réserve de Dobbins, le 22 juillet 2026, à Marietta, en Géorgie. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)
Le président américain Donald Trump se dirige vers la limousine présidentielle, surnommée "The Beast", après son arrivée à bord d’Air Force One à la base aérienne de réserve de Dobbins, le 22 juillet 2026, à Marietta, en Géorgie. (Crédit: AP/Julia Demaree Nikhinson)

Le président américain Donald Trump a fait savoir, dans la journée de jeudi, que l’accord qui a été conclu avec l’Arabie saoudite concernant un programme nucléaire civil exigerait de Ryad la normalisation de ses relations avec Israël – ce qui a entraîné les éloges du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans un message qui a été publié sur Truth Social, Trump a insisté sur le fait qu’il n’y aurait « aucun enrichissement de matières » – ce qui signifie que l’accord n’accordera pas à l’Arabie saoudite le droit d’enrichir de l’uranium sur son territoire.

L’accord « ne concerne que les utilisations non militaires, comme celles dont disposent déjà l’Iran et les Émirats arabes unis (et d’autres pays) ; il sera approuvé mais il est entièrement subordonné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham, ces accords très respectés qui ont été couronnés de succès », a écrit Trump.

Alors que l’administration de l’ancien président américain Joe Biden avait subordonné la coopération nucléaire avec l’Arabie saoudite à la reconnaissance d’Israël par le royaume, certaines informations avaient laissé entendre que Trump n’appliquerait pas cette condition.

Le message de Trump a fait suite aux inquiétudes qui ont été exprimées par des sympathisants pro-israéliens — et, selon certaines sources, par Jérusalem — face à la décision qui a été prise par son administration de conclure cet accord nucléaire civil sans le subordonner à l’adhésion de Ryad aux Accords d’Abraham.

Le ministère américain de l’Énergie n’a pas non plus fait mention des Accords d’Abraham lors de l’annonce de la conclusion de cet accord nucléaire, dans la journée de mercredi – ce qui indique que cette clause ne figurait pas dans les documents qui ont été initialement signés par Washington et Ryad.

La chaîne d’information N12 a toutefois rapporté, jeudi dans la soirée, que des efforts concertés avaient été livrés au sein de l’État juif, au cours des dernières vingt-quatre heures, pour garantir que Trump subordonnerait bien l’accord à la normalisation des relations avec Israël.

Netanyahu aurait abordé la question lors de sa récente conversation téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui, selon N12, avait assuré, semble-t-il, au Premier ministre que l’accord ne serait conclu qu’en cas de normalisation.

Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie (à gauche), et le prince Abdulaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie, se serrant la main après avoir échangé des documents lors d’une cérémonie de signature, au Palais royal de Ryad, en Arabie saoudite, le 13 mai 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Par ailleurs, l’insistance de Trump sur le fait que Ryad ne se lancerait pas dans des activités d’enrichissement nucléaire a paru destinée à contrer un article du Wall Street Journal qui affirmait que l’accord était susceptible d’amener des entreprises américaines à construire une usine à cette fin en Arabie saoudite.

L’ambassade d’Arabie saoudite à Washington n’a pas répondu à une demande de commentaire concernant la publication de Trump. Le positionnement de longue date de l’Arabie saoudite a toujours été qu’elle ne signerait pas les Accords d’Abraham sans un accord finalisé sur une feuille de route qui ouvrirait la porte à la création d’un État palestinien – une condition qui est inacceptable pour le gouvernement israélien actuel.

Toutefois, la journaliste américaine Laura Rozen a cité une source saoudienne qui, sous couvert d’anonymat, a indiqué que la demande de Trump arrivait trop tard.

« L’accord a été signé. Il n’y a donc rien à renégocier », a dit la source. « Les tweets ne remettent pas en cause les accords signés ».

La Maison Blanche a néanmoins insisté sur le fait que les Saoudiens savaient que l’accord était subordonné à la reconnaissance d’Israël – même si cela n’a pas été mentionné lors de l’annonce de l’accord.

« C’est le président qui conclut l’accord en dernier ressort, comme vous le savez », a dit la porte-parole Karoline Leavitt aux journalistes. Elle a ajouté que les Accords d’Abraham sont « une cause qui lui tient particulièrement à cœur, dont il a déjà parlé par le passé et qu’il continuera à défendre ».

Leavitt a indiqué que Washington « continuera à mener ces discussions avec nos homologues saoudiens » afin de finaliser un accord incluant la reconnaissance d’Israël, même si elle a précisé que Donald Trump n’avait pas parlé au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane depuis son annonce précédente sur Truth Social.

Bien qu’il n’y ait eu aucune réaction de l’Arabie saoudite au message de Donald Trump, le bureau de Benjamin Netanyahu a estimé que la normalisation des relations avec Ryad constituerait un « bond en avant historique » pour la paix.

« L’action militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre le régime génocidaire de Téhéran [sic] et l’écrasement par Israël de l’axe terroriste iranien ont ouvert la voie à un élargissement du cercle de la paix », a déclaré le bureau du Premier ministre.

« Comme l’a dit le président Trump, l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham constituerait un bond en avant historique pour la paix au Moyen-Orient ».

« La paix par la force », a conclu le bureau du Premier ministre.

Les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient signé les Accords d’Abraham au cours du premier mandat de Trump en 2020, brisant un tabou de longue date pour devenir les premiers États arabes à reconnaître Israël depuis un quart de siècle. Le Maroc et le Soudan avaient emboîté le pas.

L’administration Trump a expliqué, dans la journée de mercredi, que l’accord nucléaire civil respectait les accords de non-prolifération prévus par la loi américaine sur l’énergie atomique, qui comptent parmi les plus stricts au monde.

Toutefois, une source proche de l’accord a indiqué qu’il n’incluait pas le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui permettrait un renforcement de la surveillance, des inspections et des vérifications.

Un panneau d’affichage représentant le président américain Donald Trump serrant la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, accompagné du slogan « L’histoire n’attendra pas », sur la façade d’un hôtel à Jérusalem, le 12 mai 2025. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

L’Arabie saoudite – qui est le premier exportateur mondial de pétrole – a indiqué que cet accord soutenait les efforts de diversification des sources d’énergie et qu’il respectait les « normes internationales les plus strictes » en matière de sûreté, de sécurité et de non-prolifération nucléaires.

Cet accord permettrait à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium et de retraiter des déchets nucléaires, deux activités susceptibles de mener à la fabrication d’une arme nucléaire. Les Émirats arabes unis avaient accepté de renoncer à ces deux activités lorsqu’ils avaient signé un accord similaire avec les États-Unis en 2009.

Inquiétudes concernant une course aux armements dans le Golfe

Cet accord, qui devrait s’étendre sur 30 ans, prévoit la participation d’entreprises américaines au développement du programme. Des législateurs américains des deux partis ainsi que des responsables israéliens ont exprimé leur profonde inquiétude face à un tel projet, craignant que l’Arabie saoudite ne finisse par l’utiliser pour développer des armes nucléaires. Il sera soumis au Congrès pour examen, même s’il semble peu probable que le corps législatif, contrôlé par les républicains, en bloque la mise en œuvre.

Les décideurs politiques craignent également depuis longtemps que si l’Iran venait à produire une arme nucléaire, cela ne déclenche une course aux armements dans tout le Golfe.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a écarté les inquiétudes liées à la prolifération, insistant sur le fait que cet accord servait les intérêts économiques et stratégiques de Washington.

« Ces accords respectent les normes les plus strictes en matière de sûreté nucléaire et de non-prolifération, tout en s’appuyant sur les meilleures technologies et les meilleurs scientifiques du monde dans le domaine nucléaire, conçus ici même aux États-Unis », a-t-il déclaré.

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