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Selon Washington, Ankara ne remplit finalement pas les conditions requises pour l’acquisition des F-35

Une lettre du département d'État indique que le contentieux autour des S-400 russes de la Turquie reste entier ; les sanctions américaines continuent donc d'empêcher la vente

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Illustration : Un F-35 Lightning II de l’armée de l’air américaine, affecté à la 48ᵉ escadre de chasse, s’approchant d’un KC-135 Stratotanker lors d’une mission de ravitaillement au-dessus de la Suède, le 10 juin 2026. (Crédit : Armée de l’air américaine)
Illustration : Un F-35 Lightning II de l’armée de l’air américaine, affecté à la 48ᵉ escadre de chasse, s’approchant d’un KC-135 Stratotanker lors d’une mission de ravitaillement au-dessus de la Suède, le 10 juin 2026. (Crédit : Armée de l’air américaine)

L’administration Trump a affirmé que la Turquie ne remplissait pas actuellement les conditions requises pour acheter des avions de chasse F-35 aux États-Unis.

Le département d’État américain a fait part de cette information dans une lettre adressée la semaine dernière au député républicain Wesley Bell. Ce dernier avait contacté la Maison Blanche pour s’enquérir de la question après que le président américain Donald Trump eut indiqué, lors d’une rencontre avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, qu’il était disposé à soutenir la vente de F-35, longtemps restée au point mort.

La Turquie avait initialement rejoint un programme multinational visant à acquérir des avions de chasse F-35 auprès des États-Unis, mais en avait été exclue en 2020, après l’achat de systèmes de défense aérienne russes S-400.

L’acquisition de ces systèmes a entraîné des sanctions américaines à l’encontre de la Turquie, en vertu de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act). Alors que Donald Trump avait annoncé, lors de sa rencontre avec Erdoğan le 7 juillet, qu’il lèverait ces sanctions, la lettre du département d’État indique que cela n’a pas encore été fait.

« Notre politique concernant l’achat de F-35 par la Turquie reste inchangée et pleinement conforme à l’article 231 de la loi CAATSA et à l’article 1245 de la loi d’autorisation de la défense pour l’exercice 2020 (NDAA FY 2020) », indique la lettre adressée à Bell.

« Cela implique notamment que la Turquie règle la question du S-400 en cessant de posséder ce système ou les équipements associés, en fournissant des garanties contre toute acquisition future et en satisfaisant aux autres exigences légales en matière de certification », poursuit la lettre.

Le président américain Donald Trump (à gauche) rencontrant son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, à son arrivée au sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 7 juillet 2026. (Crédit : Osmancan Gürdoğan, photo de pool via AP)

« La Turquie n’a pas encore rempli ces conditions », ajoute-t-elle, tout en laissant la porte ouverte à la possibilité qu’Ankara y parvienne ultérieurement.

Pour répondre aux préoccupations américaines, la Turquie est en pourparlers avec Washington au sujet de la cession du système S-400.

Toutefois, la lettre indique qu’un tel transfert n’a pas encore eu lieu.

Cette lettre semble constituer un nouvel exemple du décalage entre les déclarations publiques de Trump et les politiques menées par les agences de son propre gouvernement.

La semaine dernière, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a signé un accord visant à mettre en place un programme nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, avant que Trump ne déclare le lendemain que cet accord déjà signé était en réalité subordonné à l’adhésion de Ryad aux Accords d’Abraham et à la normalisation de ses relations avec Israël.

Dans sa lettre adressée à Bell, le département d’État a ensuite exprimé ses inquiétudes quant aux relations de la Turquie avec le Hamas, tout en reconnaissant que ces liens s’étaient avérés essentiels pour convaincre le groupe terroriste palestinien d’accepter l’accord de cessez-le-feu à Gaza, négocié par l’administration Trump l’an dernier.

Le département d’État a également félicité la Turquie pour son adhésion au Conseil de Paix de Trump, chargé de superviser la gestion de l’après-guerre à Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël s’opposait à la vente des F-35 et a indiqué avoir exhorté le président Trump à ne pas donner suite à cette décision. Les dirigeants turcs ont comparé le comportement d’Israël à Gaza à celui des nazis pendant la Shoah. Jérusalem a également averti que la vente de ces avions de chasse furtifs à Ankara compromettrait l’avantage militaire qualitatif dont jouit Israël dans la région et que la législation américaine s’engage à préserver.

Le F-35, doté d’une technologie furtive lui permettant d’échapper à la détection ennemie, est considéré comme l’avion de chasse le plus avancé au monde.

Israël utilise cet appareil depuis plus de dix ans, dispose de plusieurs escadrons et demeure le seul pays du Moyen-Orient à en disposer.

L’armée de l’air israélienne exploite actuellement 48 de ces appareils et en a commandé 52 autres.

Israël tient absolument à préserver son avantage militaire qualitatif dans la région en disposant des avions les plus avancés et s’est déjà efforcé d’empêcher la vente du F-35 à d’autres pays voisins, notamment la Turquie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

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