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Tsahal détruit un complexe « stratégique » du Hezbollah dans le Sud-Liban

L'armée israélienne dit avoir utilisé 1 100 tonnes d'explosifs pour raser 2 km de tunnels sous une colline, ce qui a provoqué un séisme de magnitude 4,1

Des images donnent à voir la démolition par Tsahal des tunnels du Hezbollah situés sous la crête d’Ali Taher, dans le sud-Liban, le 10 septembre 2026. (Armée israélienne/Réseaux sociaux ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Jeudi, c’est avec 1 100 tonnes d’explosifs que l’armée israélienne a dit avoir démoli une installation souterraine « stratégique » appartenant au groupe terroriste Hezbollah – une installation qui était située sous une crête montagneuse dans le sud-Liban.

La crête d’Ali Taher se trouve dans la zone tampon établie par Israël dans le sud-Liban, près de Nabatieh. Selon Tsahal, le réseau de tunnels situé sous Ali Taher était le « centre névralgique » de la division régionale Badr du groupe terroriste — une unité chargée du sud-Liban située au nord du fleuve Litani.

La semaine dernière, l’armée avait déclaré en avoir terminé avec le réseau de tunnels, ayant neutralisé certains combattants du Hezbollah et mis d’autres en fuite.

Selon une information donnée par Reuters la semaine dernière, l’Iran aurait averti les États-Unis qu’il répliquerait à toute offensive israélienne contre l’installation du Hezbollah située sous la colline, à un moment où Tsahal s’était déjà emparé et avait neutralisé les lieux.

Un membre des autorités militaires a déclaré après la destruction des tunnels : « Tsahal est prête à un grand nombre de scénarios, y compris des scénarios sur plusieurs fronts ».

Une explosion massive a été entendue dans toute la région lorsque Tsahal a fait sauter les deux tunnels situés sous la colline à l’aide de 1 100 tonnes d’explosifs. Des images donnent à voir une énorme boule de feu qui s’élève au-dessus de la montagne.

Les systèmes de surveillance sismique ont détecté l’explosion sous la forme d’un tremblement de terre de magnitude 4,1, a indiqué l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS).

Pour décrire les installations détruites, Tsahal a parlé d’« infrastructures stratégiques construites en l’espace d’une vingtaine d’années », selon elle décidée et financée par l’Iran.

On estime à 50 le nombre de membres du Hezbollah qui devaient se trouver sous Ali Taher lorsqu’un cessez-le-feu était entré en vigueur en juin dernier. Tsahal a affirmé, contrairement à la dernière information qui avait été diffusée par Reuters, qu’aucun membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran ne se trouvait à l’intérieur de ces tunnels.

Israël avait donné aux combattants du Hezbollah qui se trouvaient à l’intérieur des tunnels la possibilité de se rendre, a rappelé un membre des autorités militaires. Les membres du groupe terroriste avaient refusé, choisissant de combattre ou de prendre la fuite, lorsque c’était possible.

L’armée a revendiqué la mort de nombreux membres du Hezbollah lors de l’offensive qui a visé, pour les militaires, à prendre le contrôle de ces souterrains – ils ont notamment tué des fuyards et des combattants venus en renfort.

Dans une vidéo publiée par Tsahal, on voit deux membres du Hezbollah pris pour cibles après avoir ouvert le feu depuis l’une des bouches des tunnels. À l’intérieur des tunnels, Tsahal a expliqué avoir découvert une dizaine de corps.

Néanmoins, Tsahal a estimé que certains membres du Hezbollah avaient réussi à s’enfuir.

À l’intérieur des deux tunnels — qui s’étendent sur plus de deux kilomètres —, les soldats ont découvert des dizaines de roquettes, missiles et drones de fabrication iranienne, ainsi que des armes à feu, des missiles antichars et des centaines de mines et autres explosifs, a précisé l’armée.

Le tunnel comprenait également des « centres de commandement, des armureries, des pièces avec des générateurs, des dortoirs, des douches et une cuisine », ce qui, selon Tsahal, a permis aux combattants du Hezbollah « d’y vivre et d’y combattre pendant de longues périodes ».

Dans une autre déclaration conjointe, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de La Défense, Israel Katz, ont indiqué que ces infrastructures souterraines ont été détruites conformément à leurs directives, et que Tsahal avait désormais « parachevé l’organisation de la zone de sécurité dans le sud-Liban ».

« Les infrastructures terroristes et le quartier général situés sous la crête étaient destinés à servir de base pour la conquête de la Galilée, ainsi que pour la surveillance et les tirs en direction de Metula et de Kiryat Shmona », ont déclaré Netanyahu et Katz.

Netanyahu et Katz ont ajouté qu’à la suite de l’explosion, Tsahal « se préparait à la défense de la zone, de manière à empêcher l’ennemi d’y revenir ».

L’armée a fait savoir qu’elle allait « revoir » son déploiement dans la région, suite à la destruction des tunnels, mais qu’elle conserverait le contrôle de la crête grâce à la surveillance et à sa puissance de feu.

C’est en mars dernier que le Hezbollah avait entraîné le Liban dans le conflit au Moyen-Orient en tirant des roquettes sur Israël en signe de soutien à son parrain iranien, lequel avait fait l’objet d’une campagne aérienne israélo-américaine.

Israël a riposté aux attaques du Hezbollah par une intense campagne aérienne et une invasion terrestre.

Les combats se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu déclaré au Liban en avril dernier, mais à un rythme plus réduit. L’armée israélienne continue d’opérer à l’intérieur d’une « zone de sécurité » auto-déclarée, laquelle s’étend sur une dizaine de kilomètres de profondeur sur le territoire libanais, le long de la frontière.

Vue de la crête d’Ali Taher depuis le château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

En juin dernier, Israël et le Liban ont signé un accord-cadre engageant le Liban à rétablir sa souveraineté sur son territoire par le biais du « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques », ce qui permettrait en retour un retrait progressif des forces israéliennes.

L’État libanais, Israël et les États-Unis, ont signé cet accord, que le Hezbollah et ses alliés ont décliné.

Israël a retiré ses forces de trois zones pilotes dans lesquelles l’armée libanaise est revenue, tout en faisant savoir qu’il ne procèderait à aucun autre retrait tant que le Hezbollah n’aurait pas désarmé.

Depuis avril dernier, Israël et le Liban négocient pour tenter de faire avancer l’accord-cadre ; un responsable israélien a déclaré jeudi au Times of Israel que la prochaine session de pourparlers se tiendrait la semaine prochaine à Rome.

Les discussions se dérouleront pendant deux jours, sans que l’on sache encore si elles débuteront mardi ou mercredi, a précisé ce responsable.

Par ailleurs, un responsable du Département d’État américain a déclaré dans une communication adressée aux journalistes que Washington suivait de près les « appels venant du Sud-Liban, où la population exigeait que le gouvernement affirme sa souveraineté et empêche le Hezbollah de tirer et stocker des armes au sein de leurs communautés ».

« Nous saluons ces communautés et nous soutenons la réceptivité du gouvernement libanais à leurs demandes », a poursuivi le responsable.

« Nous exhortons le gouvernement libanais à élaborer un plan de désarmement sur l’ensemble du territoire libanais, comme le prévoit le Cadre Trilatéral. »

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