Des législateurs américains de tous bords critiquent la politique israélienne envers l’AP
6 élus de la Chambre des représentants exhortent l’administration Trump à faire pression sur Israël pour qu’il débloque les recettes fiscales palestiniennes, qui, selon eux, "risquent d’accélérer l’effondrement budgétaire de la Cisjordanie"
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

WASHINGTON — Mercredi, trois législateurs républicains se sont joints à trois de leurs collègues démocrates à la Chambre des représentants des États-Unis pour formuler une rare critique de la politique israélienne.
Les six élus ont adressé une lettre au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, et au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, les exhortant à convaincre Israël de cesser de retenir des milliards de dollars de recettes fiscales, une situation qui a conduit l’Autorité palestinienne (AP) au bord de l’effondrement.
« La rétention continue de milliards de recettes douanières risque d’accélérer l’effondrement budgétaire de la Cisjordanie, une issue qui servirait les intérêts des groupes extrémistes soutenus par l’Iran et non ceux d’Israël ou des États-Unis », ont écrit les députés Brad Schneider, Craig Goldman, Ann Wagner, Debbie Wasserman Schultz, Jimmy Panetta et Gus Bilirakis.
Les Accords d’Oslo des années 1990 confiaient à Israël la tâche de percevoir les recettes douanières palestiniennes pour le compte de l’AP et de les transférer chaque mois à Ramallah. Mais depuis 2019, Jérusalem retient des montants qu’elle estime équivalents à la somme que l’AP verse aux familles des prisonniers de sécurité et des personnes tuées ou blessées lors du conflit avec Israël, y compris en cas d’attentats terroristes meurtriers.
En décembre 2022, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accepté, dans le cadre de l’accord de coalition, que le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, prenne la tête du ministère des Finances, confiant ainsi les rênes à un député ultra-nationaliste qui prône depuis longtemps la suppression du pouvoir de l’AP sur les transferts des recettes douanières.
Smotrich a commencé à augmenter les retenues sur les recettes douanières, qui constituent la majeure partie du budget de l’AP, et a cessé de procéder à ces transferts en mai 2025.
Cette politique, conjuguée à d’autres mesures économiques proposées par Smotrich, a privé l’AP de la capacité de rémunérer des dizaines de milliers de fonctionnaires, tout en aggravant la situation financière de la Cisjordanie, qui n’a jamais été aussi critique depuis des décennies.
« Nous vous exhortons donc à collaborer avec Israël et l’AP afin de mettre en place des mécanismes concrets et respectueux des exigences de sécurité, permettant de garantir que les recettes issues des droits de douane continuent d’être versées aux institutions palestiniennes légitimes, tout en veillant à ce qu’aucune ne soit détournée pour financer le terrorisme », ont écrit les législateurs.
Si de tels appels à une intervention américaine contre la politique israélienne en Cisjordanie sont désormais courants chez les démocrates, ils sont beaucoup plus rares chez les républicains.
Cette lettre a été envoyée au lendemain d’une déclaration d’un responsable occidental au Times of Israel, selon laquelle le président américain Donald Trump s’était abstenu de dissuader le Royaume-Uni d’annoncer un ensemble de sanctions contre les implantations de Cisjordanie.
La décision de ne pas s’immiscer dans cette affaire semblait refléter un mécontentement croissant des États-Unis à l’égard de la politique générale d’Israël en Cisjordanie. Des responsables américains ont, en privé, fait pression sur Jérusalem pour qu’elle prenne davantage de mesures afin de réprimer les violences endémiques commises par les résidents d’implantation, et Trump s’est publiquement prononcé contre les projets, autrefois envisagés par le gouvernement Netanyahu, visant à annexer de vastes parties de la Cisjordanie.
L’approche actuelle des États-Unis est encore très éloignée de celle de l’administration de l’ancien président Joe Biden, qui avait pris la tête de la communauté internationale pour sanctionner les résidents d’implantation extrémistes. Mais elle marque également une rupture par rapport à la reprise de ses fonctions par Trump au début de l’année dernière, lorsqu’il avait annulé ces sanctions et n’avait pas exclu de soutenir l’annexion de la Cisjordanie par Israël.
Dans un effort manifeste pour s’assurer le soutien des deux partis, la lettre publiée mercredi précisait également que les signataires « reconnaissent les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité depuis le 7-Octobre, et nous ne demandons pas à Israël d’assouplir sa vigilance face au financement du terrorisme ».
Elle présentait aussi l’appel à la reprise des transferts des recettes palestiniennes issues des droits de douane comme visant à « empêcher le Hamas et d’autres acteurs malveillants soutenus par l’Iran d’exploiter l’instabilité économique en Cisjordanie ».
« Toutes les parties, y compris l’Autorité palestinienne, doivent jouer leur rôle. La poursuite des réformes et des mesures de lutte contre la corruption par l’AP est nécessaire pour favoriser une gestion budgétaire responsable de la part du gouvernement israélien », ont déclaré les parlementaires.
« Malgré ses lacunes et ses défauts importants, l’AP reste actuellement la seule alternative viable au Hamas en matière de gouvernance et doit donc jouer un rôle essentiel dans la promotion de la stabilité et de la sécurité régionales », ont-ils ajouté, exprimant ainsi une position qui s’oppose à celle de l’actuel gouvernement israélien.
« Face au risque d’une intensification des hostilités impliquant l’Iran qui se poursuit à travers le Moyen-Orient, nous devons empêcher toute nouvelle instabilité dans la région », ont ajouté les parlementaires, demandant une réunion d’information classifiée avec Rubio et Bessent afin d’être informés des progrès éventuels réalisés par l’administration sur cette question.
la Communauté du Times of Israël !







