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Israël célèbre son premier Rosh Hashanah depuis trois ans sans otages à Gaza

Les dirigeants prônent l'unité alors que le pays s'apprête à fêter le Nouvel An juif, à la veille d'élections tendues et dans un contexte de conflits latents sur plusieurs fronts

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un homme juif souffle dans un shofar dans la ville de Safed, au nord d’Israël, la veille du début de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, le 10 septembre 2026. (Crédit: David Cohen/Flash90)
Un homme juif souffle dans un shofar dans la ville de Safed, au nord d’Israël, la veille du début de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, le 10 septembre 2026. (Crédit: David Cohen/Flash90)

Les Juifs israéliens se préparaient à célébrer Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, au coucher du soleil vendredi – le premier depuis trois ans sans otages à Gaza ni combats majeurs dans la bande ou ailleurs, même si les conflits sur plusieurs fronts continuent de couver et que l’armée est en état d’alerte au cas où la guerre avec l’Iran s’intensifierait.

« La veille du dernier Rosh Hashanah, nous avions demandé que l’année à venir soit meilleure. Mais avant toute autre demande, il y en avait une, simple et claire, qui primait sur toutes les autres : que tous nos otages rentrent chez eux », a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans une vidéo qui a été publiée sur son compte personnel sur le réseau social X.

Cela avait été peu après le Nouvel An juif de 2025 que l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis avait permis le rapatriement des 20 derniers otages encore en vie que le groupe terroriste Hamas avait enlevés lors de son pogrom commis en Israël, le 7 octobre 2023, et qu’il avait retenus en captivité au sein de l’enclave côtière.

Sur fond de musique entraînante, Netanyahu a passé en revue les succès militaires connus par Israël au cours des douze derniers mois, disant : « Connaissez-vous une autre nation qui se bat sur sept fronts et qui l’emporte sur tous ? » – même si cette affirmation va certainement faire l’objet d’un examen minutieux, Israël n’ayant pas remporté la « victoire totale » qui avait été promise sur ses principaux fronts à Gaza, au Liban et en Iran.

Ces vantardises de Netanyahu sont également intervenues alors qu’Israël s’apprête à tenir des élections le mois prochain – le rôle tenu par le Premier ministre dans les échecs du 7 octobre constituant un enjeu majeur.

Jeudi, des informations ont laissé entendre qu’Israël se préparait à faire face à l’éventualité d’un tir de missiles balistiques iraniens, les attaques persistantes de la république islamique contre la Jordanie et la réussite du blocus économique américain contre l’Iran étant tous les deux considérés comme des signes d’une escalade potentielle.

Toutefois, aucun avertissement concret ni aucun complot spécifique n’ont été mis au jour à l’approche de la fête.

Dans sa vidéo, Netanyahu a insisté sur un message d’unité nationale et il a expliqué que cette fête était « l’occasion de se rappeler ce qui nous unit », dans le contexte d’une campagne électorale qui divise actuellement le pays.

Des Juifs priant pour le pardon (Selichot) au mur Occidental, dans la vieille ville de Jérusalem, à la veille de la fête juive de Rosh Hashanah, le 11 septembre 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)

Il a fait remarquer qu’à l’approche du scrutin du mois prochain, « il y aura de nombreuses disputes, il y aura des désaccords, mais au moins, quand nous serons autour de la table, nous ferons bien de nous souvenir d’une chose simple que j’avais dite à nos ennemis au début de la guerre : ne nous sous-estimez pas. Car au moment de vérité, cette nation sait s’unir ».

Des otages libérés ont partagé des photos des préparatifs de la fête avec leurs familles.

Matan Angrest, libéré l’année dernière, est revenu en Israël après un voyage en Amérique du Sud pour célébrer la nouvelle année ; il a posé pour le site d’information Ynet à table, en compagnie de ses parents, avant la fête.

« L’année dernière, j’essayais de garder l’espoir qu’un jour je serais remis en liberté et que je pourrais passer la fête avec ma famille », a-t-il confié au site d’information.

« Ce n’est que maintenant que je réalise vraiment, en entendant les préparatifs pour la fête autour de ma famille, en racontant nos blagues, que ce soir, ça arrivera réellement. Dieu merci, je suis ici un an plus tard, à célébrer Rosh Hashanah avec tous mes proches, pour la première fois. Libre, heureux. Vraiment, c’est notre victoire – et c’est la mienne, personnellement », s’est-il exclamé.

Si les combats majeurs ont pris fin avec le rapatriement des otages et avec la conclusion d’un cessez-le-feu, les affrontements se poursuivent à un niveau modéré à Gaza, ainsi qu’au Liban, où les hostilités ont repris le 2 mars lorsque le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tiré des roquettes sur Israël en soutien à la république islamique.

Dans une vidéo qui a été postée sur les réseaux sociaux, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a souhaité une bonne année aux soldats et aux civils, soulignant que « chaque force renforce l’autre ».

« Je rends hommage aux soldats qui se trouvent en ce moment même à Gaza, au Liban, en Syrie, ainsi qu’en Judée et en Samarie », a-t-il déclaré, utilisant les noms bibliques de la Cisjordanie. « Ceux qui célèbrent cette fête en accomplissant la grande mitzvah qui consiste à protéger la sécurité de la nation d’Israël et de sa terre ».

« Parallèlement à cette joie, nous nous souvenons de ceux qui sont tombés au combat et ne sont pas revenus », a-t-il ajouté.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes achètent des shofars dans un magasin du quartier de Mea Shearim à Jérusalem, à l’approche de la fête juive de Rosh Hashanah, le 10 septembre 2026. (Crédit: Chaim Goldberg/Flash90)

Israël a également fermé le poste-frontière de Kerem Shalom avec la bande de Gaza pour la fête. Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) a annoncé que malgré cette fermeture, l’aide humanitaire serait tout de même collectée du côté gazaoui du point de passage lors du Nouvel An juif.

Après la fête, le poste-frontière « continuera à fonctionner à un rythme stable pour répondre aux besoins identifiés par la communauté internationale, avec des centaines de camions d’aide entrant quotidiennement à Gaza », a indiqué le COGAT.

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