Syrie: sept morts dans une mutinerie dans une ville à majorité kurde
Après le meurtre de l'ancien combattant kurde Sami Sheikhmous Hiso (également connu sous le nom de Sepan), dont le corps criblé de balles a été retrouvé jeudi, des violences ont secoué Kobané
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Un média d’Etat syrien a rapporté samedi la mort de sept prisonniers dans un incendie provoqué lors d’une mutinerie à Kobané, ville du nord de la Syrie à majorité kurde théâtre de violences après le meurtre d’un ancien combattant issu de cette communauté.
Ce meurtre constitue le premier incident depuis l’annonce en août de la dissolution des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurdes) dans le cadre d’un accord pour l’intégration des institutions civiles et militaires des Kurdes au sein de l’Etat syrien.
« Sept prisonniers sont morts et des dizaines ont été blessés, brûlés ou asphyxiés, à la suite d’une mutinerie » dans la prison de Kobané, a rapporté la télévision d’Etat syrienne.
« Des détenus ont incendié » le bâtiment pénitentiaire et « le feu s’est propagé à plusieurs dortoirs », a-t-elle ajouté.
Après le meurtre de l’ancien combattant kurde Sami Sheikhmous Hiso (également connu sous le nom de Sepan), qui aurait été enlevé et dont le corps criblé de balles a été retrouvé jeudi, des violences ont secoué Kobané dans la nuit de vendredi à samedi, selon la télévision d’Etat.
Des « hors-la-loi » s’en sont pris à des voitures de police et ont mené une « attaque contre le bâtiment de la Direction de la sécurité intérieure », a-t-elle rapporté.
Demande d’enquête
Un déploiement de forces de sécurité dans le périmètre de la prison de Kobané a fait craindre un transfert de prisonniers, et plusieurs d’entre eux ont protesté en déclenchant un incendie, a indiqué samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie.
Le Parti de l’Union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie, a donné une version similaire des faits dans un communiqué.
Pris de « panique », les prisonniers ont mis le feu dans certains dortoirs, a indiqué l’OSDH, qui a fait état de neuf morts parmi les prisonniers.
Les Forces de sécurité intérieure syriennes ont dit samedi ouvrir une enquête sur ces violences, soulignant que l’administration de la prison de Kobané n’avait pas encore été transférée aux autorités gouvernementales.
Le PYD a de son côté imputé au gouvernement « la pleine responsabilité » des incidents, l’exhortant à ouvrir une enquête « complète et transparente » dans le meurtre de Sami Sheikhmous Hiso et l’incendie.
Lors d’un hommage vendredi matin à Hiso, un ancien haut responsable militaire kurde, Sipan Hamo, a déclaré que plusieurs personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette affaire.
« J’appelle notre peuple à faire preuve de retenue », a-t-il ajouté.
Arrivé au pouvoir après la chute de Bachar al-Assad fin 2024, le président Ahmad al-Chareh a conclu en janvier un accord avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat.
En août, le dirigeant kurde Mazloum Abdi avait annoncé l’achèvement de ce processus.
Kobané a une valeur symbolique pour les Kurdes: c’est là que leurs combattants avaient repoussé et vaincu les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
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