L’Australie quitte les négociations sur les sanctions visant la Cisjordanie – médias
Les responsables britanniques ont confié, par ailleurs, qu'ils n'avaient pas pensé qu'Israël pousserait plus loin ses projets dans la zone E1 avant les élections
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L’Australie, qui avait pris part aux discussions portant sur ce projet, a finalement décidé de ne pas se joindre à l’initiative multinationale visant à imposer des sanctions commerciales contre les implantations de Cisjordanie. Une décision qui a étonné et déçu les diplomates européens, a rapporté l’Australian Broadcasting Corporation.
La semaine dernière, le Royaume-Uni avait annoncé son intention d’imposer des sanctions visant les implantations. Les dirigeants britanniques, français et canadiens avaient suivi cette initiative. Dans une déclaration distincte, les gouvernements du Royaume-Uni, de la France, du Canada, du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de l’Irlande, de la Norvège, de la Pologne, du Portugal, de l’Espagne et de la Suède s’étaient engagés à prendre de telles mesures ou tout du moins à les envisager.
L’Australie, qui avait pris part aux discussions menées par l’UE, a finalement décidé, à un stade assez avancé des pourparlers, de s’abstenir, ont rapporté plusieurs sources diplomatiques de différents pays à l’ABC.
Un porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a expliqué à l’ABC que Canberra « craint que des interdictions généralisées d’importation ne posent des défis pratiques, notamment concernant la protection des entreprises, des travailleurs et des moyens de subsistance palestiniens contre tout préjudice involontaire ».
« Le gouvernement britannique a pris acte de ces enjeux dans le cadre de l’élaboration de sa législation au cours de l’année à venir », a ajouté le porte-parole.
« Dans l’intervalle, l’Australie poursuit la mise en œuvre de mesures ciblées supplémentaires, en coordination avec ses partenaires internationaux, afin de dissuader les implantations illégales et les violences commises par leurs résidents », a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, il a été révélé qu’à l’issue d’un entretien téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar en date du 11 août, les responsables britanniques avaient estimé qu’Israël ne donnerait pas suite à ses projets de construction dans la zone E1 de la Cisjordanie avant les élections du 27 octobre, a rapporté le New York Times.
Saar et son homologue britannique Ed Miliband avaient eu une conversation téléphonique houleuse au sujet de ces projets très controversés, plusieurs semaines avant que Miliband n’annonce l’imposition, par Londres, de sanctions à l’encontre des implantations de Cisjordanie, ont déclaré au Times trois responsables au fait de cet échange.
Le ministre des Affaires étrangères a réfuté que cet entretien ait été tendu, comme l’a affirmé le Times.
Une semaine après cet échange, le gouvernement avait lancé un appel d’offres pour la construction de sept complexes résidentiels comprenant 1 234 logements dans la zone E1, à l’est de Jérusalem, une zone que les partisans du mouvement pro-implantations israéliens entendent utiliser pour diviser le territoire de la Cisjordanie.
Alors que le ministère des Affaires étrangères lui-même avait déclaré que cette mesure ne changerait rien sur le terrain dans le secteur, les responsables britanniques y avaient vu un revirement par rapport à ce que Saar avait dit à Miliband, ont indiqué des responsables au Times.
Le bureau de Miliband a refusé de commenter cette information.
Miliband a annoncé la semaine dernière que la Grande-Bretagne interdirait toute relation avec les implantations de Cisjordanie, et qu’elle imposerait des sanctions de grande envergure ainsi qu’une série d’autres mesures punitives, suite à ce qu’il a qualifié de « nettoyage ethnique des Palestiniens dans certaines zones de Cisjordanie – perpétré par des colons terroristes ». Le Canada, la France et d’autres pays ont également fait part de leur intention d’adopter des mesures similaires.
Ce nouveau « régime de sanctions global » devrait entrer en vigueur d’ici six à neuf mois, assorti de ce que Miliband a qualifié d’« exemptions religieuses appropriées ».
Le gouvernement israélien a pour sa part réagi avec colère à cette initiative britannique. Il a annoncé une série de mesures de rétorsion, notamment la fermeture du consulat britannique à Jérusalem, qui offre des services aux Palestiniens. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a également ordonné, entre autres sanctions, l’expulsion des représentants britanniques du centre international de soutien à Gaza, ainsi que l’arrêt des activités britanniques de formation des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.
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