Tsahal avance dans son projet de diffusion d’une compilation de 47 minutes d’images du massacre qui avait été perpétré par les hommes armés du Hamas, le 7 octobre 2023, dans le but de contrer les répercussions de « NAZA », un documentaire israélien alléguant que l’armée a tué des civils dans la bande à l’aide de frappes guidées par l’intelligence artificielle, a fait savoir la chaîne d’information N12.
Selon ce reportage, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les responsables de la défense soutiennent ce projet et ils réfléchissent actuellement à la manière de rendre publiques ces images.
Le ministère des Affaires étrangères envisage plusieurs méthodes – telles que la diffusion des images dans ses ambassades ou leur publication sur les réseaux sociaux – selon le reportage.
Il examine également si ce serait une bonne chose de les diffuser dans leur intégralité ou en trois parties qui seraient d’une durée d’environ 15 minutes chacune, a précisé le reportage.
Jusqu’à présent, ce film n’avait été projeté que lors de séances à huis clos.
Les images avaient été recueillies à partir d’enregistrements téléphoniques, de caméras de sécurité, de caméras corporelles portées par des terroristes du Hamas, de caméras embarquées dans les véhicules des victimes, des comptes de réseaux sociaux du Hamas et des victimes, ainsi que de vidéos qui avaient été prises avec des téléphones portables par des terroristes, des victimes et les premiers secours. Plus de 1 200 personnes, des civils en majorité, avaient été massacrées par les terroristes, et 251 personnes avaient été enlevées.
Le film de 80 minutes qui a été réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor — dont le titre est un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux » — prétend examiner les frappes israéliennes menées à l’aide de l’IA dans la bande de Gaza – un procédé qui, selon lui, aurait entraîné la mort de civils, en s’appuyant notamment sur les témoignages de 24 soldats présumés des services de renseignement israéliens. Le film a remporté le prix spécial du jury la semaine dernière au Festival du film de Venise, où il a été présenté en avant-première.
Les témoignages présentés dans le film font état d’un « massacre à l’échelle industrielle » à Gaza, a noté l’un des officiers lors d’une série d’entretiens qui ont eu lieu sous couvert d’anonymat, décrivant un système assisté par IA qui identifiait des cibles à l’aide de données recueillies à partir de milliers de téléphones portables piratés.
Israël rejette les prémisses du film et affirme avoir tout mis en œuvre pour éviter les pertes civiles, ajoutant que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains dans des zones densément peuplées — une accusation que le Hamas nie.
Vendredi dernier — vingt-quatre heures après la première du film au festival et un vingt-quatre heures avant qu’il ne remporte le prix — l’armée israélienne a publié un communiqué indiquant qu’elle « rejette catégoriquement » les allégations formulées dans le documentaire. Elle a critiqué le recours à des témoignages anonymes.
Tsahal a aussi fait savoir que les décisions relatives à la sélection et à l’approbation des frappes étaient prises « uniquement par du personnel humain… et non par le biais de l’intelligence artificielle ».