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Détroit d’Ormuz : L’accord Iran-Oman n’entraînera pas de réouverture immédiate – source

Selon un responsable iranien, Téhéran veut toujours conclure un accord lui permettant de percevoir un péage auprès des navires, ce que Mascate rejette ; Bahreïn exclut de participer à la réunion de lundi entre États du Golfe et Iran

Un bateau à moteur passe dans la brume devant des navires marchands ancrés dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le 7 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Un bateau à moteur passe dans la brume devant des navires marchands ancrés dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le 7 septembre 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Un accord passé entre l’Iran et Oman ne permettra pas la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz – mais il jette toutefois les bases d’une éventuelle remise en circulation des navires, a déclaré samedi une source iranienne à l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

Selon cette source, cet accord marquerait une avancée vers l’exercice par l’Iran de sa souveraineté sur le détroit, dont la réouverture dépendrait entièrement du respect par les États-Unis des conditions posées par Téhéran.

Ces propos ont été tenus à la veille d’une réunion entre l’Iran et les États du Golfe prévue lundi. Une rencontre qui, selon un haut responsable iranien, devrait permettre d’aborder notamment la question du détroit d’Ormuz, mais qui ne débouchera vraisemblablement pas sur la signature d’un accord concernant cette voie navigable actuellement bloquée.

Ce responsable iranien, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a précisé que la réunion de lundi avait été organisée à l’initiative d’Oman, et qu’elle donnerait lieu à des discussions sur d’autres questions régionales – outre celle d’Ormuz.

Selon ce responsable iranien, Téhéran souhaite toujours conclure un accord qui lui permettrait de percevoir des redevances auprès des navires qui transitent par le détroit, une mesure à laquelle Oman s’oppose.

L’Iran négocie depuis des mois avec Oman, qui contrôle la rive opposée du détroit, dans le but de conclure un accord portant sur la réglementation du trafic maritime dans ce couloir navigable. Oman affirme depuis longtemps que ses négociations bénéficient du soutien d’autres États arabes du Golfe.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (à droite), rencontre son homologue omanais, Sayyid Badr Albusaidi, à Téhéran, le 25 août 2026. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères/AP)

Téhéran a fait part vendredi de son intention de prendre part lundi à une réunion organisée à Oman avec les pays du Golfe. Oman n’a pas fait d’annonce officielle concernant cette réunion, et les autres États de la région sont jusqu’à présent restés silencieux. Bahreïn a déclaré samedi qu’il ne participerait à aucune réunion avec l’Iran, invoquant les attaques menées contre des infrastructures dans l’ensemble du Golfe, ajoutant que la sécurité et la stabilité dans la région « ne pourront être préservées que par une stratégie d’apaisement ». Il a également appelé à ce que le détroit d’Ormuz reste ouvert, sans « discrimination, redevances ni autorisations ».

Le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a indiqué qu’il restait attaché au dialogue, mais qu’il « ne prendrait part à aucune réunion collective incluant l’Iran avant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays ».

Bahreïn a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2016, aux côtés de l’Arabie saoudite, dans le cadre d’une précédente crise entre ces rivaux régionaux. Ryad a rétabli ces relations en 2023, mais Manama ne l’a pas encore fait.

Par ailleurs, le service britannique UKMTO a signalé dans la matinée de dimanche qu’un navire avait été touché par un projectile inconnu alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz. Le sort réservé à l’équipage, l’évaluation des dégâts et l’impact environnemental de la frappe restent indéterminés, at-il précisé.

Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole transitait par ce détroit avant que les États-Unis et Israël n’attaquent l’Iran en février, déclenchant ainsi la guerre.

Les cours mondiaux du pétrole ont bondi ces derniers jours après que les États-Unis et l’Iran ont tous deux ouvert le feu sur des pétroliers dans le détroit, et que les Houthis, alliés de l’Iran au Yémen, ont progressé jusqu’à un autre passage stratégique pour le pétrole au Moyen-Orient, le détroit de Bab el-Mandeb, situé de l’autre côté de la péninsule arabique.

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