La Mostra de Venise récompense « Woman Unknown » et remet les femmes en haut de l’affiche
Par ailleurs, le prix de la mise en scène est revenu au réalisateur né en Russie Ilia Khrjanovski, dont le film "DAU" est une fresque décrivant 30 ans de totalitarisme en Union soviétique
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Le faible nombre de réalisatrices en compétition à la Mostra de Venise avait provoqué un tollé: le jury présidé par Maggie Gyllenhaal a décidé samedi de récompenser l’une d’entre elles, May el-Toukhy, pour « Woman Unknown » sur le destin d’une femme au Danemark dans l’immédiat après-guerre.
Le film raconte l’histoire de Marie, une domestique et nourrice sur le point d’épouser le riche veuf pour lequel elle travaille, lorsqu’un secret surgi du passé risque de tout compromettre : celui de son ancienne relation avec un soldat allemand.
Le film se déroule dans un Danemark tout juste libéré, où les femmes accusées d’avoir fraternisé avec les forces d’occupation allemandes étaient souvent victimes de la justice populaire.
« Le film Woman Unknown aborde le corps féminin comme un champ de bataille et un enjeu public. Dans le même temps, il raconte l’histoire de femmes invisibles, ignorées et privées de voix », a déclaré la Dano-Egyptienne May el-Toukhy lors de la remise du prix.
Mathilde Arcel, l’actrice danoise qui incarne Marie à l’écran, a elle aussi été récompensée pour sa performance. Elle a décroché la coupe Volpi de la meilleure actrice, soulignant l’attrait du jury pour ce film.
May el-Toukhy a d’ailleurs personnellement remercié Maggie Gyllenhaal pour avoir « fait entendre sa voix et mis en lumière le manque d’égalité des chances dont souffrent les réalisatrices dans notre industrie ».
L’actrice et réalisatrice américaine avait en effet dénoncé dès l’ouverture du festival un « problème systémique » dans le cinéma pour expliquer le faible nombre de femmes cinéastes sélectionnées en compétition à la Mostra.
De son côté, l’acteur John Malkovich , 72 ans et encore jamais distingué dans un grand festival international, a lui décroché le prix du meilleur acteur pour son interprétation d’un agent de la CIA cynique et caustique en mission au Chili juste avant le coup d’Etat de 1973.
« Wild Horse Nine », de Martin McDonagh, avait reçu un accueil très favorable des critiques qui le voyaient comme un potentiel favori, tout comme « Possible Love » du réalisateur coréen Lee Chang-dong.
Des Français à l’honneur
Cette production Netflix, sur la rencontre improbable entre deux couples issus de milieux sociaux très différents, a elle reçu le Lion d’argent, la récompense la plus prestigieuse juste après le Lion d’or.
Le prix de la mise en scène est revenu au réalisateur né en Russie Ilia Khrjanovski, dont le film « DAU » est une fresque monumentale décrivant 30 années de totalitarisme et de brutalité en Union soviétique.
« Je veux dédier ce prix à Kharkiv et aux Ukrainiens qui se battent dans une guerre terrible pour la liberté, la paix et la victoire. Je crois en eux », a déclaré le réalisateur qui a renoncé à sa nationalité russe en 2024.
Habitué du Lido, le réalisateur français Stéphane Brizé a lui reçu le prix du meilleur scénario pour « Un bon petit soldat », qui dresse un tableau sans concession du monde de l’entreprise, où les performances priment sur le bien-être des salariés.
« Merci à vous toutes et tous de m’avoir suivi dans cette histoire où la course au profit fabrique de la souffrance. Et lorsque l’économie fabrique de la souffrance, le fascisme surgit toujours comme un vautour », a prévenu le cinéaste, dont l’oeuvre ausculte le monde du travail et les rapports de force économiques.
Enfin, la jeune Malou Khebizi, 23 ans, a décroché le prix du meilleur espoir pour son rôle d’adolescente souffrant d’un trouble de la personnalité borderline dans « 15/18 » du Français Cédric Kahn.
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