Un Juif irano-américain libéré de la prison d’Evin, tristement célèbre, mais interdit de quitter l’Iran
Les proches de Kamran Hekmati, incarcéré pour un voyage en Israël effectué 13 ans avant son arrestation, craignent qu'il ne reçoive pas les soins médicaux nécessaires : « Le régime iranien s'en moque éperdument »
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Un bijoutier juif irano-américain originaire de New York a été libéré de la prison iranienne dans laquelle il était incarcéré, mais il lui est toujours interdit de quitter le pays, ont fait savoir vendredi sa famille et des responsables américains.
Kamran Hekmati a été libéré le 5 septembre de la tristement célèbre prison d’Evin, à Téhéran, après avoir purgé environ la moitié d’une peine de deux ans, a indiqué sa famille sur un site web dédié à la cause de sa libération.
La famille a déclaré être « extrêmement inquiète pour sa santé et son bien-être ». Hekmati doit en effet subir des examens médicaux réguliers pour s’assurer que son cancer de la vessie ne récidive pas.
« Le régime iranien s’en moque éperdument », a écrit la famille au sujet de la situation médicale de Hekmati. « Comme dans de nombreux autres cas de détention abusive en Iran, Kamran semble être victime de la pratique traditionnelle du régime iranien qui consiste à détenir des Américains afin d’obtenir des concessions politiques de la part des États-Unis. »
Les représentants de la famille et du gouvernement américain n’ont pas précisé où Hekmati se trouvait actuellement en Iran.
Mais Shohreh Nowfar, la cousine de Hekmati, qui vit en Californie, a assuré que la famille avait bon espoir et se réjouissait à l’idée que son passeport lui soit bientôt restitué, afin qu’il puisse quitter le pays.
Cet Irano-Américain qui possédait une bijouterie dans le Diamond District de Manhattan vivait depuis plusieurs années avec sa famille à Great Neck Estates, en banlieue de Long Island.
« Nous continuons d’espérer que c’est là un signe de la part des autorités iraniennes témoignant de leur volonté de laisser Kamran rentrer chez lui », a ajouté Kieran Ramsey, directeur des enquêtes chez Global Reach, une association à but non lucratif américaine qui s’occupe du dossier de Hekmati.
Inculpé pour un voyage en Israël
Le passeport de Hekmati lui a été confisqué en mai 2025 alors qu’il tentait de quitter Téhéran par avion. Il a été arrêté par les autorités iraniennes en juillet de la même année.
Le tribunal révolutionnaire islamique iranien l’a d’abord condamné à quatre ans de prison en août 2025, avant de réduire sa peine à deux ans le mois suivant. Sa famille a alors lancé un appel en faveur de sa libération pour raisons humanitaires, invoquant son cancer.
La tristement célèbre prison d’Evin a lourdement souffert lors de la guerre de 12 jours qui a opposé Israël à l’Iran en juin 2025, suite à laquelle les autorités iraniennes ont arrêté ou convoqué pour interrogatoire au moins 35 membres des communautés juives de Téhéran et de Shiraz, soupçonnés d’avoir entretenu des contacts avec Israël.
Il est difficile de dire si Hekmati figurait parmi les personnes arrêtées. Les autorités avaient toutefois découvert qu’il détenait un passeport iranien, même s’il avait émigré aux États-Unis alors qu’il n’était encore qu’un enfant, et qu’il s’était rendu en Israël. L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité.
Selon la famille d’Hekmati, celui-ci a été inculpé en vertu d’une loi iranienne qui interdisait aux citoyens iraniens de se rendre en Israël au cours des dix dernières années. Ses proches affirment que le dernier voyage d’Hekmati en Israël remontait à treize ans, avant donc l’adoption de cette loi, et qu’il était parti assister à la bar-mitzvah de son fils.
« Kamran Hekmati n’a rien fait de mal », a déclaré le représentant américain Thomas Suozzi, un démocrate de Long Island, lequel a plaidé en faveur d’une désignation officielle, par le Département d’État américain, d’Hekmati comme « abusivement détenu » plus tôt cette année. « Nous ne pourrons pas nous reposer tant qu’il n’aura pas retrouvé sa famille. »
D’autres Américains détenus en Iran
Le Département d’État américain a également appelé l’Iran à lever l’interdiction de sortie du territoire imposée à Hekmati afin qu’il puisse rentrer aux États-Unis. Il a par ailleurs exigé la « libération immédiate » du journaliste irano-américain Reza Valizadeh ainsi que d’autres Américains qui, selon lui, sont injustement détenus dans le pays.
Valizadeh, ancien journaliste de Radio Farda, le service en langue persane de Radio Free Europe/Radio Liberty financé par les États-Unis, a fui l’Iran en 2009 après avoir couvert des manifestations en faveur de la démocratie. Il a obtenu la nationalité américaine en 2022. Arrêté après son retour en Iran, en 2024, alors qu’il rendait visite à ses parents âgés, il a ensuite été condamné à dix ans de prison pour collaboration avec le gouvernement américain. Washington l’a désigné comme étant détenu à tort.
Cette classification, dont Hekmati a également fait l’objet en mars, place le dossier du détenu sous la supervision du bureau du Département d’État chargé des affaires d’otages et du négociateur en chef du gouvernement américain pour les otages. Hekmati et Valizadeh sont les deux Américains actuellement reconnus publiquement comme étant détenus à tort en Iran. Huit autres Américains non identifiés font l’objet d’une interdiction de sortie du territoire, selon Ramsey.
Un passé d’échanges de prisonniers
L’Iran a déjà libéré des Américains détenus dans le cadre d’échanges négociés avec Washington. En septembre 2023, Téhéran a relâché cinq Américains, notamment Siamak Namazi, Morad Tahbaz et Emad Sharghi, dans le cadre d’un accord qui a également vu le transfert de près de 6 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés vers des comptes soumis à des restrictions au Qatar, ainsi que la libération de cinq Iraniens détenus aux États-Unis.
En 2016, l’Iran a libéré quatre personnes ayant la double nationalité – parmi lesquelles Jason Rezaian, journaliste au Washington Post, et Amir Hekmati, ancien marine américain (qui n’a aucun lien de parenté avec Kamran Hekmati) – dans le cadre d’un autre échange de prisonniers.
Les gouvernements occidentaux ont accusé à plusieurs reprises Téhéran de retenir des ressortissants étrangers et des binationaux sur la base d’accusations fallacieuses afin d’obtenir des contreparties politiques ou financières, une accusation que l’Iran réfute.
la Communauté du Times of Israël !







