Un groupe d’extrémistes iraniens aurait lancé, au début du mois de juillet, des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz à l’insu des dirigeants iraniens et même du chef du Corps des gardiens de la révolution islamique, mettant ainsi fin aux efforts de paix entre l’Iran et les États-Unis, a rapporté le New York Times.
L’article, qui a cité des propos tenus par des responsables iraniens, a expliqué en détail comment le président iranien Masoud Pezeshkian avait été surpris par l’attaque. Il avait alors appelé, très en colère, le chef du CGRI, le général Ahmad Vahidi, qui lui avait répondu qu’il n’avait ni autorisé ni eu connaissance au préalable de ces frappes.
L’article a précisé que le Conseil suprême de sécurité nationale n’avait pas non plus été au courant de ces frappes, qui avaient provoqué une riposte américaine et qui avaient finalement fait échouer un protocole d’accord entre Téhéran et Washington qui visait à mettre un terme à la guerre.
L’article a expliqué que la capacité d’influence de ce groupe marginal d’extrême droite s’expliquait par la vacance au sommet de la hiérarchie politique, alors que le Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, n’est plus apparu en public depuis son accession au pouvoir, après l’assassinat de son père, Ali Khamenei, lors des premières attaques de la guerre.
Selon les sources, cet incident a donné lieu à certains des désaccords les plus explosifs parmi les dirigeants iraniens, ces dernières années – plusieurs d’entre eux ayant menacé de démissionner.
Selon le NYT, le chef de la faction extrémiste concerné est Hossein Taeb, un religieux qui a été récemment nommé à la tête de la milice Basij et qui est un ancien chef des services de renseignement du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Il avait dirigé la branche du renseignement du CGRI pendant près d’une décennie et demie, jusqu’au mois de juin 2022, date à laquelle il avait été soudainement remplacé.
Les raisons de son éviction n’avaient jamais été clairement établies, même si son départ avait coïncidé avec une fuite d’informations concernant un complot présumé qui avait visé des Israéliens en Turquie.
Longtemps considéré comme proche de Mojtaba Khamenei, la nomination de Taeb a été perçue comme un signe de la volonté des autorités de réprimer toute répétition des manifestations de masse qui avaient éclaté au mois de janvier, cette année.