Décès du plus vieux survivant de la Shoah en Israël à l’âge de 107 ans
Né en Pologne, Yehuda Widawski a perdu ses parents et tous ses frères et sœurs sauf un pendant la Shoah ; à partir de 1978, il a consacré sa vie à la restauration des tombes juives détruites en Pologne
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Yehuda Widawski, le plus vieux survivant de la Shoah vivant en Israël, qui a consacré sa vie à la restauration des cimetières juifs détruits pendant l’occupation nazie, est décédé dimanche à l’âge de 107 ans.
Widawski est né en 1919 à Turek, en Pologne, deuxième d’une fratrie de quatre enfants. Sa famille a déménagé à plusieurs reprises à travers le pays avant de s’installer à Łódź en 1933. En 1936, il dirigeait une entreprise textile qui confectionnait des chemises et des sous-vêtements pour l’armée polonaise.
Après l’invasion de la Pologne par les nazis en septembre 1939, la famille Widawski réussit à acheter un appartement situé dans l’enceinte du ghetto de Łódź. Les quinze membres de la famille y vécurent ensemble jusqu’à la liquidation du ghetto, le 29 août 1944.
Pendant cette période, la famille continua à faire le commerce du textile tout en tenant une soupe populaire dans leur logement du ghetto.
Après leur déportation à Auschwitz, les parents de Widawski, Abraham et Leah, ainsi que son frère aîné, Gabriel, furent immédiatement assassinés. Son frère cadet, Haïm Moshe, mourut à Buchenwald, tandis que sa sœur Yocheved fut assassinée au camp de concentration de Stutthof.
« Lorsque notre famille a été envoyée à Auschwitz, un oncle se trouvait avec nous dans le wagon à bestiaux. Nous avons vu le crématorium et la fumée. Il a dit : ‘Yehuda, tu vois ça ? Ça doit être une boulangerie.’ L’esprit ! Nous ne pensions qu’au pain », a raconté Widawski à Yad Vashem dans son témoignage.
« Je revis cela, non seulement chaque jour, mais chaque heure ; je les vois tous, sous mes yeux », a-t-il déclaré à propos de ses proches assassinés.
Widawski et son plus jeune frère, Jehoszua, furent envoyés travailler au camp de travail de Friedland, où ils fabriquaient des ailes d’avion, et survécurent à la guerre.
Après avoir été libérés par l’Armée rouge, les deux frères retournèrent à Łódź, où ils découvrirent qu’ils étaient, avec leur oncle, les seuls membres de leur famille à avoir survécu.
Widawski créa une nouvelle usine textile, épousa Lea Dobrysz et participa à la contrebande d’armes destinées à l’Irgoun, une milice pré-étatique de la Palestine sous mandat britannique.
En 1950, il s’installa en Israël et dirigea plusieurs entreprises.
En 1978, il décida de retourner en Pologne, où il fut choqué par l’état des cimetières alors qu’il cherchait la tombe de sa grand-mère. Il décida alors de se lancer dans la localisation, l’identification et la restauration de milliers de tombes, dont celles d’éminents rabbins.
Dans une interview accordée au site d’information Ynet en 2019, Widawski a déclaré : « Ma revanche contre les nazis, c’est qu’ils ont perdu et que nous avons l’État d’Israël. Nous sommes libres et forts, et personne ne peut plus nous détruire. »
Dans un message publié dimanche sur le réseau social X en hommage à Widawski, le président Isaac Herzog a évoqué le « privilège » de l’avoir accueilli il y a trois ans.
הצטערתי לשמוע על פטירתו של יהודה אהרן וידבסקי ז״ל, ניצול אושוויץ והמחנות הנאציים, בגיל 107.
כשהיה בן 104, זכיתי לארח את יהודה בבית הנשיא יחד עם משפחתו המפוארת. התרגשתי לשמוע ממנו על סיפור חייו ועל הבחירה שלו לחזור לפולין שנים אחרי שעלה לישראל כדי לחפש את קבר סבתו. החיפוש הזה הפך… pic.twitter.com/ZIAEGhmbbr
— יצחק הרצוג Isaac Herzog (@Isaac_Herzog) September 13, 2026
« J’ai été ému par l’histoire de sa vie et par sa décision de retourner en Pologne, des années après avoir émigré en Israël, pour rechercher la tombe de sa grand-mère. Cette quête est devenue la mission de toute une vie : pendant des décennies, Yehuda s’est efforcé de localiser et de restaurer des cimetières et des tombes juives en Pologne, et a contribué à l’identification de plus de 3 000 tombes », a écrit Herzog.
« Yehuda a dit un jour que sa revanche contre les nazis, c’était qu’ils avaient perdu – et que nous avons l’État d’Israël. En effet, sa vie était un magnifique témoignage de la victoire de la vie, de la mémoire et de la renaissance. »
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