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Smotrich critiqué pour une vidéo IA montrant Amit et Baharav-Miara traînés hors d’une manifestation

La vidéo publiée dans le cadre de la campagne de HaTzionout HaDatit prône une refonte judiciaire encore plus radicale ; Isaac Herzog dénonce ces "vidéos générées par IA qui constituent une offense"

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Mardi, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a été vivement critiqué après avoir partagé, au nom de son parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, une vidéo générée par l’intelligence artificielle (IA) montrant des agents de sécurité expulsant de force deux juges de la Cour suprême et la procureure générale d’une manifestation.

Au début de cette vidéo de 34 secondes, on voit le président de la Cour suprême, Isaac Amit, se faire traîner sur le trottoir lors d’une manifestation agitée alors qu’il brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : « Non à Smotrich ! ».

Ensuite, on voit la juge Daphne Barak-Erez, puis la procureure générale Gali Baharav-Miara se faire saisir de la même manière, chacune par trois hommes vêtus de gilets jaunes. À la fin, on voit Amit, démoralisé, s’éloigner de la manifestation.

Cette vidéo a été publiée sous forme de spot politique, à l’approche des élections du mois prochain, pour promouvoir le nouveau programme de refonte judiciaire du parti. Ce plan, récemment dévoilé, va encore plus loin que le paquet de mesures extrêmement controversé proposé par le gouvernement sortant, contre lequel des centaines de milliers d’Israéliens ont manifesté lors de rassemblements hebdomadaires pendant la majeure partie de l’année 2023.

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, qui arrive en tête dans les sondages à l’approche des élections du 27 octobre, a qualifié la vidéo de « violente et méprisable ».

« Ils n’ont rien appris du 7-Octobre », a-t-il déclaré, accusant le ministre ultra-nationaliste et son parti d’être « prêts à entraîner la société israélienne dans l’abîme – une nouvelle fois », faisant référence aux manifestations de masse sans précédent et au clivage sociétal provoqués par le programme de refonte judiciaire du gouvernement sortant.

Dans son message, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne a déclaré que Smotrich « prétend représenter les fils et les filles du sionisme religieux, mais qu’en réalité, il ternit la réputation de tout un secteur [de la société israélienne] ».

« Et tout cela pendant les Dix Jours de repentance », a-t-il ajouté, faisant référence à la période entre les fêtes de Rosh HaShana et de Yom Kippour, traditionnellement consacrée à l’introspection et à la réparation de ses fautes.

Le chef du parti BeYahad, Naftali Bennett, a également invoqué des sources religieuses pour condamner la vidéo de Smotrich. Il a publié une capture d’écran et cité le Livre de l’Exode (2:13) : « Et il dit au méchant : Pourquoi frappes-tu ton prochain ? »

Le chef du parti de gauche HaDemocratim, Yaïr Golan, a qualifié la vidéo « d’incitation dangereuse », ajoutant que quiconque réaliserait une telle publicité « sait exactement ce qu’il fait ».

Yaïr Golan, chef du parti HaDemocratim, saluant un partisan lors d’un meeting électoral à Netanya, en Israël, le 27 août 2026. (Crédit : Gili Yaari/Flash90.)

De son côté, Amit Becher, président de l’Association du barreau israélien (IBA), a qualifié la vidéo « d’incitation à la violence » qui « révèle les intentions de Smotrich, [du député Simcha] Rothman et, en réalité, de la coalition [actuelle dirigée par Netanyahu], qui œuvre à la destruction d’un Israël juif et démocratique ».

Le président Isaac Herzog, s’exprimant lors d’une cérémonie de prestation de serment pour 79 nouveaux juges à la résidence présidentielle, a semblé faire allusion à cette vidéo.

« Je l’ai clairement répété à maintes reprises, et je le répète et tiens à le souligner : les élections ne sont pas une guerre civile. Elles ne se mènent pas non plus à coups de vidéos offensantes générées par l’IA », a déclaré Herzog.

« Il est possible de débattre sur le fond. Nous sommes destinés à vivre ici ensemble, et ce n’est qu’ensemble que nous avons un avenir commun », a ajouté le président.

Cérémonie de prestation de serment des juges nouvellement nommés à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 15 septembre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Un « haut responsable du gouvernement » a également déclaré à la chaîne publique Kan que la vidéo était « inappropriée ».

Parmi les changements proposés au système judiciaire israélien dans le programme électoral de HaTzionout HaDatit, dévoilé mardi, figure une clause qui permettrait à la Knesset de rétablir des lois invalidées par la Cour suprême.

Ces réformes viseraient également à « rétablir des limites au droit d’agir », ce qui signifierait probablement que les groupes de défense des droits civiques et de veille du gouvernement, dont beaucoup s’opposent aux politiques de HaTzionout HaDatit, verraient leurs possibilités de déposer des recours auprès de la Cour suprême restreintes en matière de calendrier et de procédure.

Smotrich et Simcha Rothman, député de son parti et l’un des principaux promoteurs de la refonte judiciaire annoncée en janvier 2023, ont déclaré qu’ils instaureraient également des auditions publiques pour les candidats à la Cour suprême, ainsi que l’élection du président et du vice-président de la Cour par l’ensemble des juges en exercice, et non par la commission de sélection des juges, comme c’est actuellement le cas.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, à l’avant-poste de Mitzpe Mikda, près de Hébron, le 31 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Un autre point à l’ordre du jour concerne la « réglementation des règles de procédure », notamment la manière dont la Cour suprême rend ses ordonnances. Les ministres du gouvernement actuel ont à plusieurs reprises dénoncé la Cour pour avoir gelé la mise en œuvre de la législation et des décisions gouvernementales pendant qu’elle examine le fond des affaires.

Parmi les autres points figurant au programme de cette nouvelle refonte figurent la séparation des fonctions du procureur général et la nomination politique des conseillers juridiques ministériels, ce qui permettrait d’assouplir les contraintes juridiques pesant sur les ministres.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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