Le timing des sanctions britanniques contre les implantations dictées par la politique intérieure – source
Un responsable israélien affirme que Londres a annoncé les sanctions alors que des discussions étaient encore en cours ; le Foreign Office nie ces accusations
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Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, avait annoncé en août son intention d’imposer des sanctions contre les implantations de Cisjordanie, alors même qu’un entretien téléphonique était prévu le lendemain avec son homologue israélien, Gideon Saar, pour poursuivre leurs discussions sur la question, a confié un responsable israélien au Times of Israel, corroborant ainsi les informations du Telegraph, selon lesquelles Israël estimait que cette décision était « prédéterminée ».
Confirmant les informations recueillies par le quotidien britannique auprès de sources diplomatiques israéliennes, le responsable a affirmé que Miliband avait décidé de faire avancer les sanctions alors que des discussions privées avec Saar étaient encore en cours.
Selon lui, cette décision répondait avant tout à des considérations de politique intérieure, et visait à renforcer la position du Parti travailliste, au pouvoir, sur la question israélo-palestinienne avant son congrès annuel, prévu en octobre, et une élection législative partielle très suivie, que le Green party anti-Israël, situé à l’extrême gauche, espère remporter.
Le responsable a confirmé que, le 11 août, Saar avait assuré à Miliband qu’Israël n’entamerait pas les travaux de construction du projet E1 avant les élections israéliennes prévues fin octobre. Les deux ministres étaient alors convenus de se reparler le 20 août.
Or, dès le 19 août, Miliband a annoncé publiquement son intention d’aller de l’avant avec les sanctions, invoquant la publication par Israël des appels d’offres relatifs au projet E1.
Réagissant à l’annonce officielle de ce train de sanctions la semaine dernière, Saar a souligné que la publication des appels d’offres ne constituait « pas une décision nouvelle », puisque le projet E1 avait été officiellement approuvé en 2025 et que la procédure était engagée depuis plusieurs mois.
Un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a démenti les informations du Telegraph, déclarant au quotidien que les affirmations israéliennes étaient « complètement fausses » et que les sanctions répondaient à « une urgence morale » face à l’expansion des implantations israéliennes et à la recrudescence des violences commises par les habitants des implantations en Cisjordanie.
La décision du Royaume-Uni a reçu un large soutien de la part des pays occidentaux, qui ont également condamné la politique israélienne en Cisjordanie. La France et le Canada se sont notamment engagés à restreindre les importations en provenance des implantations, tandis que le Danemark, la Finlande, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède ont annoncé qu’ils soutiendraient des mesures similaires ou envisageraient d’en adopter.
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