La Norvège envisage jusqu’à 3 ans de prison pour le commerce avec les implantations
L’ambassade d’Israël dénonce une mesure qui serait le "dernier exemple" de l’activisme "anti-Israël obsessionnel" du ministre norvégien des Affaires étrangères
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La Norvège envisage de présenter cet automne un projet de loi interdisant les échanges commerciaux avec les implantations israéliennes et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison en cas d’infraction. Cette annonce, faite lundi par le ministre des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, à la chaîne publique NRK, a suscité une vive réaction de l’ambassade d’Israël à Oslo.
« Les arguments [en faveur du projet de loi] n’ont fait que se renforcer, car la situation en Cisjordanie s’est encore aggravée. De plus, de nombreux autres pays prennent désormais les mêmes mesures que celles que le gouvernement a déjà proposées dans ce projet de loi », a déclaré Eide à la NRK lors d’une interview en norvégien.
Cette loi d’interdiction des échanges commerciaux, qui s’appliquerait aux particuliers et aux entreprises commerçant avec les implantations, selon la NRK, fait suite à l’annonce, la semaine dernière, d’un vaste train de sanctions par le Royaume-Uni à l’encontre des implantations de Cisjordanie. La Norvège, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède ont publié peu après une déclaration commune exprimant leur intention de prendre ou de soutenir des mesures similaires.
« Israël s’est bien trop habitué à pouvoir intimider les pays occidentaux en les accusant d’antisémitisme s’ils critiquaient Israël pour ses abus et ses violations du droit international. Aujourd’hui, le [bouclier protecteur] dont Israël a bénéficié à bien des égards a disparu », a ajouté Eide.
Jérusalem-Est, dont le statut diffère de celui de la Cisjordanie, est également visée par ce projet de loi, selon la NRK.
Alors que la plupart des pays ont reconnu Jérusalem-Est comme territoire palestinien et capitale d’un futur État palestinien, Israël a officiellement annexé cette zone en 1980, treize ans après l’avoir reprise lors de la Guerre des Six Jours de 1967. Bon nombre des dizaines d’implantations juives de Jérusalem-Est constituent, dans la pratique, des quartiers pleinement intégrés à Jérusalem. Le Royaume-Uni n’a pas encore décidé si les zones juives de Jérusalem-Est seraient visées par ses sanctions, a déclaré un responsable britannique aux journalistes la semaine dernière.
Eide a fait remarquer à la NRK que les échanges commerciaux entre la Norvège et les implantations israéliennes ne sont pas très importants, précisant que « les marchandises en question comprennent, par exemple, du vin et certains produits agricoles ».
Selon le site Trading economics, les échanges entre les Palestiniens et les Norvégiens s’élèvent à plus d’1,3 million de dollars.
L’ambassade d’Israël en Norvège a dénoncé cette mesure potentielle, qualifiant la « proposition de criminaliser le commerce » de « dernier exemple en date de l’activisme anti-Israël obsessionnel du ministre des Affaires étrangères norvégien sur la scène internationale ».
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