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Un militant de Palestine Action condamné, libéré pour assister à un mariage, en fuite depuis un an

Sean Middlebrough avait obtenu 3 jours de sortie en octobre 2025 pour le mariage de son frère alors qu’il attendait son procès pour son rôle dans la préparation de l’attaque contre l’usine Elbit

Des partisans de militants du groupe « Palestine Action », accusés d’avoir fait irruption sur le site de la société de défense israélienne Elbit Systems à Bristol en août 2024, brandissant des pancartes et agitant des drapeaux palestiniens devant la Cour d’assises de Woolwich, dans le sud-est de Londres, le 17 novembre 2025, devant laquelle les militants doivent comparaître. (Crédit : Ben Stansall/AFP)
Des partisans de militants du groupe « Palestine Action », accusés d’avoir fait irruption sur le site de la société de défense israélienne Elbit Systems à Bristol en août 2024, brandissant des pancartes et agitant des drapeaux palestiniens devant la Cour d’assises de Woolwich, dans le sud-est de Londres, le 17 novembre 2025, devant laquelle les militants doivent comparaître. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Un membre du groupe interdit « Palestine Action » au Royaume-Uni s’est soustrait à sa liberté sous caution il y a près d’un an, alors qu’il attendait son procès pour son rôle présumé dans la planification d’une violente attaque contre une usine exploitée par l’entreprise de défense israélienne Elbit. Il a depuis disparu, ont rapporté lundi les médias britanniques.

Sean Middlebrough, 34 ans, originaire de Liverpool, s’était vu accorder une permission de trois jours pour assister au mariage de son frère en octobre, mais n’a jamais réintégré la prison.

La police pense que Middlebrough a quitté le pays et un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre. Les détails de cette affaire ont pu être rendus publics lundi, après que le juge a levé l’embargo sur leur publication.

Depuis sa disparition, Middlebrough a envoyé des messages à ses partisans, ensuite publiés en ligne, dans lesquels il jurait qu’il ne se laisserait pas « tenir pour prisonnier de guerre israélien dans une prison britannique », a rapporté la BBC.

Il faisait partie des huit suspects accusés d’avoir participé à la planification d’une attaque, en 2024, contre une usine exploitée par l’entreprise de défense israélienne Elbit, qui a causé plus d’un million de dollars de dégâts.

Bien qu’aucun des huit ne fasse partie du groupe qui a pénétré dans l’usine la nuit de l’attaque, ils ont été accusés d’avoir dressé des listes de matériel, d’avoir effectué des missions de reconnaissance et d’avoir acheté des outils et des armes utilisés lors de l’attaque. Ils nient les accusations portées contre eux.

Middlebrough a notamment été accusé d’avoir fourni 890 livres sterling pour acheter du matériel destiné au raid, notamment des lampes torches, des sacs à dos, des marteaux, un coupe-boulons et d’autres articles. Les procureurs ont indiqué qu’il s’était rendu à Bristol avec d’autres personnes avant l’attaque et qu’il était resté dans la région pendant deux jours, puis était parti quelques heures après l’attaque.

Au cours de l’attaque, Samuel Corner, militant de Palestine Action, aurait utilisé une masse, qui, selon la BBC, ferait partie du matériel financé par Middlebrough, pour frapper une policière présente sur les lieux de l’effraction. Il lui aurait brisé la colonne vertébrale et causé de graves blessures. Plus tôt cette année, Corner a été condamné à plus de sept ans de prison.

Middlebrough et les sept autres avaient été placés en détention provisoire l’an dernier avant le début de leur procès.

Le 20 octobre, il a été autorisé à sortir sous caution temporaire pour assister à un mariage, a rapporté la BBC. Il devait se présenter à la prison de Wandsworth, à Londres, le 24 octobre, mais il ne s’y est jamais rendu.

Selon les médias, la police pense que des sympathisants l’ont aidé à quitter le Royaume-Uni.

Le procès des huit accusés s’est déroulé en juin, sans que le jury ne soit informé des raisons de l’absence de Middlebrough à l’audience.

Ce dernier a finalement été reconnu coupable de dégradation de biens en août, tandis que le jury n’est pas parvenu à un verdict concernant les autres chefs d’accusation retenus à l’encontre des huit accusés. Un nouveau procès est prévu pour 2028.

Les informations relatives à sa condamnation n’ont pas pu être publiées en raison d’un embargo, car Middlebrough était également accusé, avec un autre homme, d’avoir planifié une manifestation de Palestine Action lors du mariage de l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson en juillet 2022.

La BBC, faisant vraisemblablement référence à cette affaire sans toutefois nommer Middlebrough, a déclaré lundi que le jury n’était pas parvenu à rendre un verdict et qu’aucune date n’avait encore été fixée pour un nouveau procès.

Lors d’un nouveau procès en août, quatre militants ont été condamnés à des peines de prison pour leur participation à l’attaque contre Elbit ; le juge a prononcé des peines plus lourdes après avoir établi un « lien avec le terrorisme ». En février, un autre jury les avait acquittés du chef de cambriolage aggravé, mais n’avait pas pu rendre de verdict concernant les dommages matériels et d’autres accusations.

Vêtus de combinaisons rouges, les quatre militants ont endommagé des ordinateurs, des drones et d’autres équipements, puis se sont affrontés aux agents de sécurité et à la police qui tentaient de les en empêcher lors de leur incursion en août 2024. Le groupe a déclaré avoir pour objectif de « démanteler les drones et les armes » qui, selon lui, seraient utilisés pour tuer des personnes, en particulier dans la bande de Gaza.

Selon la BBC, Elbit Systems a déclaré qu’aucun des produits fabriqués dans son usine de Bristol n’était destiné à Israël.

L’assaut contre l’usine de Bristol a été l’un des événements ayant conduit le gouvernement britannique, l’an dernier, à classer Palestine Action comme organisation terroriste. Cette interdiction, en vertu de la loi de 2000 sur le terrorisme (Terrorism Act), entrée en vigueur le 5 juillet 2025, fait de l’adhésion au groupe d’action directe ou du soutien à celui-ci une infraction pénale passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quatorze ans de prison.

Depuis lors, quelque 3 000 personnes ont été arrêtées lors de rassemblements et de manifestations.

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