GB: 4 militants condamnés à la prison pour leur raid violent contre l’usine Elbit
Le juge a prononcé des peines de plusieurs années, soulignant les "liens avec le terrorisme" dans l'attaque de 2024 contre l'usine de défense israélienne, lors de laquelle un militant avait fracturé la colonne vertébrale d'une policière à coups de masse
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Vendredi, quatre militants pro-palestiniens britanniques ont été condamnés à des peines de plusieurs années de prison pour avoir mené, en 2024, un raid contre une usine exploitée par la société de défense israélienne Elbit – un raid qui avait causé plus d’un million de dollars de dégâts. C’est au motif du lien établi avec le « terrorisme » que le juge a prononcé des peines plus lourdes.
Charlotte Head, 30 ans, Samuel Corner, 23 ans, Leona Kamio, 30 ans, et Fatema Zainab Rajwani, 21 ans, étaient membres du groupe – désormais interdit – Palestine Action, qui avait organisé l’attaque visant les locaux d’Elbit Systems UK à Bristol, dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Les quatre militants avaient été reconnus coupables de dommages criminels par la Cour royale de Woolwich en mai.
Corner, qui, selon les procureurs, avait frappé une policière avec une masse et lui avait fracturé la colonne vertébrale, a été déclaré coupable de coups et blessures graves ; il a écopé de la peine de prison la plus longue.
Ce verdict a fait suite à un nouveau procès. En février, un autre jury avait acquitté les six accusés du chef de cambriolage aggravé, mais il n’était pas parvenu à se prononcer sur les différents autres chefs d’accusation, notamment concernant les dégradations de biens.
Lors du raid de 2024, les quatre militants, vêtus de combinaisons rouges, avaient endommagé des ordinateurs, des drones et d’autres équipements, avant d’en venir aux mains avec les agents de sécurité et avec les policiers qui tentaient de les arrêter.
Le groupe a expliqué son intention de « détruire les drones et les armes » qui, selon lui, allaient servir à tuer des êtres humains, notamment dans la bande de Gaza.
Les procureurs ont estimé que cet incident devait être considéré comme ayant un lien avec le terrorisme, et que les quatre militants devaient donc recevoir des peines plus sévères. Une position qui a déclenché la colère des organisations de défense des droits de l’Homme et de personnalités de premier plan.
Selon le juge Jeremy Johnson, le fait que « l’infraction ait un lien avec le terrorisme » a constitué un « facteur aggravant ». Il a néanmoins ajouté que la bonne conduite antérieure des prévenus devait être considérée comme une importante circonstance atténuante.
Il a condamné Corner à une peine totale de sept ans et huit mois pour les deux chefs d’accusation, après avoir jugé que l’homme avait fait usage d’une force « extrême et injustifiée », et que son autisme était insuffisant à expliquer pourquoi il avait asséné ces coups de masse.
Kamio et Head ont été condamnés à cinq ans de prison ; Rajwani a reçu une peine de quatre ans et huit mois pour dégradation volontaire. Tous devront encore purger une année de liberté conditionnelle après leur libération.
Deux autres militants également accusés d’avoir participé aux faits, Zoe Rogers et Jordan Devlin, ont été acquittés du chef de dégradation volontaire.
Elbit Systems est une entreprise spécialisée dans les technologies de défense. Elle emploie environ 20 000 personnes, pour un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars, comme l’indique son site web.
« Chaque accusé a accepté de prendre part à des actions d’envergure, et l’a fait dans le but commun de faire fermer Elbit et de mettre fin à ce qu’ils considéraient comme une complicité du Royaume-Uni dans les crimes de guerre israéliens », a déclaré Johnson. « Cette action visait à influencer le gouvernement britannique et à intimider une partie de l’opinion publique, dans le but de faire avancer une cause idéologique ou politique ».
La policière blessée, la sergente Kate Evans, a expliqué devant le tribunal qu’elle était encore en convalescence, et qu’elle avait reçu des e-mails haineux alléguant qu’elle soutenait « l’occupation sioniste de la Grande-Bretagne ».
« L’impact émotionnel de cet incident a été profond et durable », a-t-elle ajouté. « Je souffre de troubles du sommeil, je me réveille souvent en état de panique, ou après des cauchemars éprouvants. »
Vendredi, près de 500 manifestants se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir les quatre militants. La police a arrêté 107 personnes, qui étaient venues manifester leur soutien à Palestine Action.
Ce jugement rendu vendredi est intervenu alors que la Haute Cour doit se prononcer lundi sur le recours formé par le gouvernement contre la levée de l’interdiction frappant le groupe Palestine Action.
L’attaque perpétrée contre l’usine de Bristol en 2024 avait été l’un des événements qui avaient conduit le gouvernement, l’année dernière, à interdire Palestine Action, inscrite sur la liste des organisations terroristes.
Cette interdiction, prononcée en vertu de la loi de 2000 sur le terrorisme et entrée en vigueur le 5 juillet de l’année dernière, a fait de l’adhésion ou du soutien à ce groupe d’action directe un délit pénal passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Depuis lors, quelque 3 000 personnes ont été arrêtées lors de rassemblements et de manifestations.
En février, après que Palestine Action a contesté cette interdiction, la Haute Cour de Londres a estimé que cette décision était « disproportionnée », qu’elle avait un impact « considérable » sur les droits de l’homme et qu’elle devait être levée.
Le gouvernement a pour sa part fait appel de cette décision. Le verdict est attendu lundi.
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