Des artistes abandonnent la tournée d’Ed Sheeran pour protester contre l’éviction de Macklemore
Les artistes irlandais Aaron Rowe et Beoga, le groupe danois Lukas Graham et Finneas, le frère de Billie Eilish, se retirent par solidarité avec le rappeur anti-Israël
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Mardi, plusieurs artistes participant à la tournée d’Ed Sheeran ont annoncé leur retrait de celle-ci pour protester contre la décision d’en exclure le rappeur Macklemore après ses propos pro-Palestiniens sur scène.
Le chanteur Finneas, frère de Billie Eilish, les artistes irlandais Aaron Rowe et Beoga, ainsi que le groupe danois Lukas Graham, ont chacun annoncé qu’ils annulaient leur participation au « Loop Tour » d’Ed Sheeran.
Et ce, malgré les explications de la star, quelques heures plus tôt, sur les réseaux sociaux, qui a assuré que la décision d’exclure le rappeur anti-Israël Macklemore de la tournée « est une décision qui vient du promoteur, ce n’est pas la mienne ».
Le rappeur américain, qui jouait en première partie du « Loop Tour », avait lancé le slogan « Libérez la Palestine » et assuré aux Palestiniens qu’ils n’étaient « pas oubliés » lors de deux concerts début septembre au MetLife Stadium, près de New York.
« Les artistes ne doivent pas être réduits au silence lorsqu’ils prennent la parole pour défendre les opprimés », a estimé Finneas sur Instagram, en se disant « solidaire de la Palestine et de son peuple ».
Le groupe irlandais Beoga, chargé d’accompagner Ed Sheeran sur scène pendant la tournée, a motivé son départ par ce qu’il appelle le « musellement de Macklemore par les lobbies sionistes ».
« Nous sommes des Irlandais qui comprenons le colonialisme », a ajouté le groupe, soutien de longue date de la cause palestinienne.
Le chanteur irlandais Rowe a également invoqué l’histoire trouble de son pays pour expliquer son retrait.
« En tant qu’Irlandais, nous ne connaissons que trop bien le génocide, la famine provoquée et l’occupation violente », a-t-il souligné, estimant que les histoires des deux territoires étaient similaires ou comparables.
Pressions des stades
De son côté, le groupe danois Lukas Graham a dénoncé les pressions exercées par plusieurs propriétaires de stades, qui ont menacé d’annuler les concerts d’Ed Sheeran si Macklemore continuait d’assurer la première partie.
« L’argent ne donne pas le droit de monopoliser le débat », a-t-il estimé.
« Ce n’est pas le solde bancaire de quiconque qui devrait décider de qui a le droit de s’exprimer ou de quelles souffrances nous sommes autorisés à reconnaître. »
Dans ses explications, Ed Sheeran a notamment assuré avoir échangé abondamment avec Robert Kraft, propriétaire du Gillette Stadium de Boston et des New England Patriots, sans parvenir à trouver de solution.
Cet homme d’affaires, qui aurait selon Macklemore convaincu les autres stades de faire pression, a expliqué dans un communiqué qu’il ne « fournirait pas de plateforme aux discours de haine ».
Il accuse le rappeur de véhiculer depuis longtemps une « rhétorique et un imaginaire antisémite ».
À l’instar des détracteurs d’Israël, Macklemore qualifie régulièrement l’offensive menée par Israël à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, de « génocide », bien que cette accusation largement répandue n’ait jamais été prouvée.
En 2024, il a publié « Hind’s Hall », un morceau en hommage à Hind Rajab, une fillette gazaouie de cinq ans dont la mort a suscité une vague d’indignation internationale.
Ses détracteurs lui reprochent d’alimenter des clichés antisémites. En 2014, il avait notamment endossé sur scène un costume avec un gros nez et une barbe, un acte pour lequel il s’était ensuite publiquement excusé.
Ils pointent également le clip de sa chanson Fucked Up, sorti en 2025, dans lequel on aperçoit un puzzle combinant, d’un côté, un billet de 100 dollars et, de l’autre, un drapeau israélien.
Mardi, Ed Sheeran a expliqué qu’il « respecte la force de conviction de Macklemore », tout en défendant sa décision de ne pas s’exprimer publiquement sur des sujets politiques, notamment sur la guerre à Gaza.
« Je ne suis pas complice. J’ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n’est pas parce que je choisis de ne pas m’exprimer publiquement que je n’en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné », a-t-il précisé.
Mais « ceux qui viennent à mes spectacles ne s’attendent pas à participer à un forum politique », a-t-il rappelé.
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