Australie, GB, Allemagne, Autriche : des milliers de manifestants anti-Israël ce week-end

'Depuis 78 ans, Israël occupe illégalement les territoires palestiniens. Nous exigeons que le gouvernement australien prenne des sanctions à son encontre', dit une manifestante à Sydney

Des policiers de Nouvelle-Galles du Sud observent des manifestants pro-palestiniens brandissant des drapeaux et des pancartes lors d'un rassemblement à Sydney, le 12 octobre 2025. (Crédit : Photo de DAVID GRAY / AFP)

Trente mille personnes ont participé à une manifestation anti-Israël dans le centre de Sydney, en Australie, ont rapporté les organisateurs. Certaines ont exprimé leur scepticisme quant au maintien du cessez-le-feu à Gaza.

Cette manifestation est l’une des 27 organisées à travers toute l’Australie, selon le groupe Palestine Action. Des manifestants pro-palestiniens continuent en effet de se rassembler pour protester contre Israël, malgré l’accord signé vendredi.

Par ailleurs, une manifestation anti-Israël a également lieu à Jakarta, la capitale de l’Indonésie.

Des danseurs en costumes de lions piétinent un drapeau israélien lors d’un rassemblement organisé en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, à Jakarta, en Indonésie, le dimanche 12 octobre 2025. (Crédit : AP/Tatan Syuflana)

« Même si le cessez-le-feu se maintient, Israël poursuit son occupation militaire à Gaza et en Cisjordanie », a écrit Amal Naser, organisatrice du rassemblement de Sydney, dans un communiqué. « Cette occupation, ainsi que la discrimination systémique pratiquée à l’encontre des Palestiniens qui vivent en Israël, forment un système d’apartheid. »

Sur des images images diffusées par l’Australian Broadcasting Corp, des manifestants, dont beaucoup brandissent des drapeaux palestiniens et portent des keffiehs, défilent dans les rues fermées de la ville. Certains tiennent des photos du Premier ministre Benjamin Netanyahu affublé d’une fausse moustache à la Hitler, avec la légende « Tueur d’enfants ».

La police a dit n’avoir procédé à aucune arrestation.

« Israël a toujours systématiquement rompu les cessez-le-feu qu’il a conclus », a fait remarquer Abbi Jordan, une manifestante. « Depuis 78 ans, il occupe illégalement les territoires palestiniens. Nous exigeons que le gouvernement australien prenne des sanctions à l’encontre d’Israël. »

Le Conseil exécutif des Juifs australiens, qui regroupe plus de 200 organisations juives, a condamné les organisateurs de la manifestation.

« Ils souhaitent l’échec de l’accord, un échec qui signifierait la poursuite de la guerre », a déploré Peter Wertheim, co-directeur général, dans un communiqué.

Des sympathisants pro-palestiniens et anti-Israël brandissent des pancartes et des drapeaux dans le centre de Londres, le 11 octobre 2025, lors de la 32e « Marche nationale pour la Palestine » organisée par la Palestinian Solidarity Campaign (PSC), depuis octobre 2023. (Crédit : HENRY NICHOLLS / AFP)

Des milliers de manifestants se sont aussi rassemblés samedi à Berlin et environ 500 à Vienne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient manifesté samedi dans le centre de Londres pour « exiger une paix juste » et « continuer à parler de Gaza ».

Le cortège aux couleurs palestiniennes, entre drapeaux et keffiehs, a marché vers le Parlement. Familles avec enfants, jeunes, vieux, activistes ou quidams, les manifestants étaient pour la plupart des habitués des marches propalestiniennes.

« Nous partageons le soulagement des Palestiniens », a souligné d’emblée le dirigeant de PSC, Ben Jamal. « Ils vont peut être pouvoir envisager un avenir où ils peuvent vivre une vie normale », a-t-il dit à l’AFP.

« Mais ils ont aussi besoin d’un futur où leur droit à l’autodétermination est reconnu », a-t-il insisté, plus que méfiant sur le plan de Donald Trump, qui ne garantit pas « une paix durable car il ne prend pas en compte les racines du conflit », selon lui.

Ce scepticisme était largement partagé chez les manifestants. « Je n’ai pas confiance en Israël », a lancé Katrina Scales, une étudiante en psychologie de 23 ans.

« Nous ne détournons pas nos yeux de Gaza, même avec le cessez-le-feu, et la pression doit être maintenue », a ajouté cette jeune femme souriante aux immenses faux cils, venue avec son fils de deux ans.

« Arrêtez d’affamer Gaza! », « Levez le siège! » proclamaient des pancartes. D’autres, plus politiques, affirmaient que « Ce n’est pas un crime d’agir contre un génocide », en référence à la décision de Londres de classer terroriste une organisation propalestinienne, Palestine action. D’autres encore accusaient le Premier ministre britannique Keir Starmer d’avoir du « sang sur les mains ».

Le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d’une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump (absent) à l’issue de leur rencontre à Chequers, à Aylesbury, dans le centre de l’Angleterre, le 18 septembre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Le slogan polémique « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre », considéré comme un appel à la destruction de l’Etat d’Israël, a été scandé à de nombreuses reprises.

Sur le chemin, le cortège a croisé un rassemblement -stationnaire- de contre-manifestants, agitant des drapeaux israéliens et lançant des insultes. « Un petit nombre d’arrestations » a été effectué après une altercation, a indiqué la police de Londres sur X.

« J’aimerais que ce soit une des dernières manifestations, mais je crois qu’il est trop tôt pour dire que tout va bien », soufflait Fabio Capogreco, un patron de bar de 42 ans venu avec ses deux enfants.

Quelques personnes s’étaient rassemblées sous une grande banderole « descendants de survivants de l’Holocauste contre le génocide à Gaza ».

« Nous sommes des juifs britanniques et nous disons : cela doit cesser. L’occupation doit cesser. Et les Palestiniens doivent avoir droit à l’auto-détermination », a déclaré Miranda Finch, une femme de 74 ans.

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